Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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JEREMIE XI 18-20
JACQUES II 14-18
MARC VIII 27-35

PREDICATION

Le culte d’aujourd’hui aurait du être présidé par Madame Haller qui devait a cette occasion baptiser son petit-fils Thomas. Je regrette que cela n’ai pas pu être le cas car le très célèbre texte du jour nous invite, entre autres pistes de méditation, a réfléchir sur la place des enfants dans l’Église et dans la société mais peut-être également a prendre conscience de la part d’enfance qui sommeille en chacun d’entre nous. Le baptême de Thomas étant partie remise, je vous propose néanmoins de rentrer dans un texte bien plus polysémique qu’il ne peut le sembler de prime abord.

Commençons tout d’abord par contextualiser ce passage. Jésus et ses disciples parcourent la Galilée. Ils se rendent a Capharnaüm vers une maison qui est peut-être celle de Pierre et d’André. Dans ce passage, nous sommes donc renvoyés au début de l’Évangile, la ou tout a commence, comme si Marc voulait ramener son auditoire sur les lieux du ministère de Jésus. Capharnaüm, c’est le lieu des commencements et cette maison, c’est le lieu de l’intimité La volonté d’un dernier ressourcement avant l’ultime montée a Jérusalem. Mais l’ambiance est pesante. Jésus a annonce a ceux qui le suivent qu’il devra souffrir et mourir. Mais les disciples semblent ne pas l’avoir entendu comme en témoigne le fait qu’il se sont disputes pour un enjeu tristement banal « Qui est le plus grand ? »

La volonté d’être le plus grand, le meilleur. Cela relève d’une préoccupation bien ancienne et qui reste malheureusement d’actualité : gout de la performance et compétition malsaine qui en découle, tout cela inflige a soi, soit, mais également aux autres, avec en prime des sanctions si les résultats ne sont pas atteints. Manque de considération, mise a l’écart, chômage. Et le pire, c’est que cette recherche de la performance commence bien tôt, des l’école a vrai dire. Il m’a fallu des années pour me rendre compte a quel point cela pouvait être destructeur.

Qui est le plus grand ? Qui est le meilleur ? C’est la question que se posent les disciples au moment ou Jésus entrevoit sa Passion prochaine, au moment ou il tache de faire comprendre a ses disciples ce qui l’attend. Le décalage entre Jésus et ses disciples n’a jamais été aussi grand et désormais on prend conscience du véritable fosse qui les sépare Les disciples ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre ce que Jésus essaie de leur dire. Par conséquent, ils ne comprennent plus non plus le sens de leur mission, si tant est qu’il l’aient jamais compris.

Qui est le plus grand ? En posant cette question, les disciples se referment sur leur petit cercle. Ils ne se préoccupent nullement de ceux qui ne font pas partie de leur groupe. Et, plus surprenant encore : ils ne se préoccupent absolument pas de Jésus. Jésus est exclu de leur questionnement. Leur préoccupation de savoir qui est le plus grand ne concerne qu’eux-mêmes Elle ne concerne que les Douze. Est-ce une volonté de puissance qui les anime ? Est-ce le désir d’être approuve par Jésus ? D’être son préféré ? Est-ce le malaise diffus que suscite le pressentiment des sombres événements qui s’annoncent a Jérusalem ?

En tous cas, cette question, Jésus veut la mettre en lumière : c’est lui qui prend l’initiative de leur demander quel était leur sujet de discussion. Pour Jésus, il ne faut pas rester sur des non-dits. Il faut que la parole circule. Il faut que les choses soient dites. Il faut que toute la lumière soit faite. Mais pour toute réponse, Jésus n’obtient qu’un silence gêné : les disciples sentent bien que leur préoccupation n’a pas des motifs très purs. En présence de Jésus, ils n’osent plus parler.

Pourtant Jésus y met les formes : il attend d’être rentré à la maison pour poser aux disciples la question embarrassante concernant ce dont ils ont discute en chemin – alors même qu’il en connait parfaitement la réponse Il leur répond tout d’abord avec la casquette de l’enseignant. En s’asseyant avec eux, il tient le rôle de pédagogue S’asseoir, c’était la position de l’enseignant, du maitre qui a autorité pour enseigner. Le pédagogue s’assied avec ses élèves avant de commencer a dispenser son savoir. Il se met symboliquement au niveau de ses disciples et intègre leur cercle. En s’asseyant avec ses disciples, Jésus leur fait comprendre que ce qu’il va leur dire est capital. Le silence gêné qui suit vaut prise de conscience, le préalable indispensable pour que la Parole de Jésus trouve un terrain ou germer et porter du fruit. Et cette Parole n’y va pas par quatre chemins : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » A bon entendeur salut – ou, comme le répète souvent Jésus, que celui qui a des oreilles entende… Le message est très clair et simple a comprendre, mémé si sa mise en pratique est loin d’être évidente… Mais la suite du message l’est moins : prenant un enfant, il le plaça au milieu d’eux, et le prenant dans ses bras il leur dit : « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui- la m’accueille moi-même ; et qui m’accueille ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’envoie. »

Puis Jésus leur répond avec la casquette du prophète. Le prophète dans la Bible, ce n’est pas tant quelqu’un qui prévoit l’avenir que quelqu’un qui joint le geste a la parole. En ce sens, le fait de faire venir un enfant est un geste prophétique, un geste fort, parce qu’a l’époque l’enfant n’a pas le même statut qu’aujourd’hui. Aujourd’hui, on a tendance a faire des enfants de petits adultes avant l’heure. On les consulte, on sollicite leur avis. A l’époque, l’enfant était considéré comme un être de moindre importance car de moindre capacité En effet l’enfant par définition n’est pas encore un adulte. Jésus nous rappelle avec cette image que ce qui compte, ce n’est pas de faire mais d’être Nos capacités et nos compétences d’adulte sont certes utiles a l’Église mais elles ne déterminent pourtant pas la valeur que nous avons aux yeux de Dieu. C’est cela que nous rappelle l’utilisation de l’image de l’enfant.

S’asseoir et faire venir un enfant : deux gestes particulièrement forts. Mais qu’est-ce que Jésus a de si important à dire aux disciples pour utiliser de tels gestes ? Le sens du message est double.

Je vous invite tout d’abord a réfléchir sur ce qui fait la spécificité des enfants par delà les siècles Qu’est-ce qui fait la particularité d’un enfant ? Il y a une caractéristique commune aux enfants de tous les lieux et de toutes les époques Un enfant reçoit tout des autres, et principalement de ses parents. De sorte qu’un enfant est toujours dé-préoccupé de lui-même. Si Jésus met un enfant en avant, s’il fait d’un enfant un modèle, c’est pour faire comprendre aux disciples que l’important, ce ne sont pas leurs capacités, leurs compétences, tout ce qu’ils sont capables de faire.

Mais attention : Jésus ne dit pas aux disciples : « Ce n’est pas bien de chercher a savoir qui est le plus grand, qui est le meilleur. » Ils ne leur dit pas : « Ce n’est pas bien de vous posez cette question, restez dans votre coin comme les enfants. » Jésus ne déresponsabilise pas les disciples : il leur montre un chemin pour être vraiment efficaces. Ce chemin, c’est prendre conscience que nous recevons tout d’un Autre, que nous recevons tout de Dieu. C’est en recevant tout de Dieu que nous pourrons être le plus efficace pour notre Église. C’est en recevant tout de Dieu que notre service prend toute sa valeur. Cette attitude nous libère de nous-mêmes. Elle nous empêche d’avoir l’impression que tout repose sur nos épaules. Elle nous évite tout souci inutile. Nous sommes préoccupés de nous-mêmes Se faire du souci, même pour une cause juste, ce n’est pas un signe d’humilité, mais d’orgueil : qui sommes nous pour penser que tout dépend de nous ?

Oui, il y a une autre manière d’accomplir son service pour Dieu et pour l’Église, c’est de faire de la place à Dieu dans notre vie, d’être dans une attitude d’accueil. Il assez facile d’être reconnaissant pour ce que les autres nous donnent. Il est plus difficile d’avoir conscience que nos propres capacités sont aussi des dons, et que ces dons ne sont pas seulement un bienfait pour les autres, mais aussi qu’ils sont un bienfait pour nous-mêmes.

Je vous invite dans un second temps a nous pencher sur la situation des enfants dans la société du temps de Jésus. Ils y étaient considérés comme quantités négligeables, ce qui n’est plus vraiment le cas dans nos sociétés. Enfant, cher enfant n’était pas vraiment à l’ordre du jours dans les sociétés antiques dans lesquelles la mortalité infantile était effroyable puisque trois naissances sur quatre n’arrivaient pas à l’age adulte. Le fait donc de placer un enfant au centre du cercle et de lui accorder de l’attention est une illustration de la parole qui précède : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » S’il faut aussi se mettre au service de cet enfant, cela signifie qu’on descend tout en bas de l’échelle sociale, qu’on devient bien le dernier de tous. Mais les disciples ne comprennent pas : Jésus est oblige d’y revenir peu après – nous lisons au chapitre suivant, le chapitre 10, versets 13 a 16 : « Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche, mais les disciples les rabrouèrent. En voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir a moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est a ceux qui sont comme eux. En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. » Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains ».

Cette fois-ci aucune référence a une quelconque préséance sociale : l’accent est mis sur l’accueil et l’accès au Royaume de Dieu. Celui qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. Le message est donc suffisamment important pour que Jésus y revienne en constatant que les disciples ne l’ont pas compris. Ces deux passages se retrouvent chez Matthieu aux chapitres 18 et 19, et chez Luc au chapitre 9. Dans les trois évangiles synoptiques, Jésus revient deux fois sur la symbolique de l’enfance pour dire quelque chose de fondamental sur le Royaume. De quoi s’agit-il ?

Voila le message de Jésus : l’enfant est le symbole de tous les possibles. En fermant l’avenir a tout possible hors des normes sociales déniées par le passe et la tradition, on claque la porte du Royaume du Dieu. C’est passer à côté du message de Jésus. Le message est pour chacun de nous : dans l’enfant, je le répète, ce n’est pas que l’enfant qu’il faut voir, mais tous les possibles qui s’ouvrent a chacun de nous. Le Royaume n’est pas pour ceux qui comme les disciples se préoccupent de se jauger mutuellement sur la base de ce qu’ils ont fait par le passe ; Jésus n’a que faire de nos curriculum vitae. L’avenir que promet le Royaume se bâtit en laissant l’Esprit de Jésus nous inspirer « toutes choses nouvelles ». Et sans oublier la première partie du message : « être le serviteur de tous ». Il ne s’agit pas d’une course a l’innovation qui laisse en rade la majorité de l’humanité. Il s’agit de se libérer du passe lorsqu’il est devenu un carcan, pour s’ouvrir a un avenir pour tous. Une utopie ? Peut-être, comme d’ailleurs toutes les Paroles de Jésus, mais Théodore Monod ne disait-il pas : « l’utopie, ce n’est pas de l’irréalisable, mais de l’irréalisé » ?

INTERLUDE MUSICAL ASSIS

CANTIQUE « Que toute la Terre » 41-21 p. 589 1-3 DEBOUT

CONFESSION DE FOI

DEBOUT

Non, je ne crois pas en Dieu Qui n’aurait pas un cœur de père, Mais de bourreau ou de tyran Maniant les ficelles de la guerre Et de la mort des innocents.

Non, je ne crois pas en Dieu, Débonnaire papa-gateau Qui, de sa divine largesse, Tirerait de riches cadeaux Contre un geste ou une prière.

Non, je ne crois pas en Dieu, Gendarme moralisateur Qui emprisonnerait nos vies Et enchainerait nos bonheurs Derrière des barreaux d’interdits.

Non, je ne crois pas en Dieu, Qui pardonnerait la richesse Étalée devant la misère, En échange de quelques promesses, D’un peu d’aumône ou de pitié. Non, je ne crois pas en ce Dieu-la…

Mais quand tu me dis qu’il s’est fait petit enfant Et puis mendiant d’amour devant nos portes fermées, Quand tu me dis qu’il est mort sur une croix, Qu’il est mort pour moi, alors, oui, je crois ! Je crois en ce Dieu qui est Père Et par qui je suis le poème ou l‘enfant.

Je crois en ce Dieu qui est Fils Et par qui je suis parole et communion. Je crois en ce Dieu qui est Esprit Et par qui je suis prière et contemplation.

Oui, je crois en ce Dieu-la que je ne chercherais pas S’il n’était déjà la, comme un appel, au fond de moi. Amen.

Événements à venir
  1. Culte et KT

    décembre 5 @ 10 h 30 min - 12 h 00 min
  2. Conseil Presbytéral

    décembre 11 @ 9 h 30 min - 12 h 30 min
  3. Chorale

    décembre 11 @ 10 h 45 min - 12 h 00 min