Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Textes lus : 1 Pierre 1 v.13-25 & 1 Pierre 2 v.1-3.

C’est pourquoi, tenez votre intelligence en éveil, soyez sobres et mettez toute votre espérance dans la grâce qui vous sera apportée lorsque Jésus-Christ apparaîtra.
En enfants obéissants, ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance.
Au contraire, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite.
En effet, il est écrit : Vous serez saints car moi, je suis saint.
Et si c’est comme à un Père que vous faites appel à celui qui juge chacun conformément à sa manière d’agir sans faire de favoritisme, conduisez-vous avec une crainte respectueuse pendant le temps de votre séjour sur la terre.
Vous le savez en effet, ce n’est pas par des choses corruptibles comme l’argent ou l’or que vous avez été rachetés de la manière de vivre dépourvue de sens que vous avaient transmise vos ancêtres, mais par le sang précieux de Christ, qui s’est sacrifié comme un agneau sans défaut et sans tache.
Prédestiné avant la création du monde, il a été révélé dans les derniers temps à cause de vous.
Par lui, vous croyez en Dieu qui l’a ressuscité et lui a donné la gloire, de sorte que votre foi et votre espérance reposent sur Dieu.
Vous avez purifié votre âme en obéissant [par l’Esprit] à la vérité pour avoir un amour fraternel sincère ; aimez-vous donc ardemment les uns les autres d’un cœur pur.
En effet, vous êtes nés de nouveau, non pas d’une semence corruptible, mais d’une semence incorruptible, grâce à la parole vivante et permanente de Dieu, car toute créature est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur des champs. L’herbe sèche et la fleur tombe, mais la parole du Seigneur subsiste éternellement. Cette parole est justement celle qui vous a été annoncée par l’Évangile.

Débarrassez-vous donc de toute méchanceté et toute ruse, de l’hypocrisie, l’envie et toute médisance, et comme des enfants nouveau-nés désirez le lait pur de la parole. Ainsi, grâce à lui vous grandirez [pour le salut], si du moins vous avez goûté que le Seigneur est bon.

Prédication

            Il n’est pas fréquent de commenter les écrits de Pierre, apôtre de Jésus-Christ comme il se prénomme lui-même, sauf que rien n’assure qu’il en fut l’auteur : le fait que cette lettre fut adressée à des foyers religieux essentiellement fondés par Paul et qu’elle fut rédigée en usant de tournures de langage que Pierre n’employait pas en apporte les preuves. C’est pourquoi sa rédaction est attribuée soit à un de ses disciples, Silvain, cité au chapitre cinquième, soit à l’école qu’il fonda, école dite pétrinienne. Toujours est-il que les références tant au Premier Testament – Exode, Psaumes, Ésaïe -, qu’aux enseignements du Christ soulignent une originalité certaine qui transperce dans la force des messages véhiculés, notamment celui de la vigueur de l’amour fraternel. A se demander s’il ne s’agit pas plus d’un sermon que d’une réflexion épistolaire, ce que votre serviteur est porté à croire vu que, comme dans toute prédication, se dégage toujours un maître-mot, en l’occurrence ici l’hypocrisie. Clé de voûte de pensée, elle est aussi poison de vie.

 L’hypocrisie est clé de voûte de pensée

             Les commentaires d’Antoine Nouis sont particulièrement éclairants. Du passage qui vient d’être lu jaillissent des verbes déclinés à l’impératif : mobilisez vos facultés mentales.., mettez toute votre espérance dans la grâce…, devenez saints…, ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez auparavant…, conduisez-vous avec crainte… (v.13-17). Il y a là autant d’exhortations à rester ce que nous sommes ; on s’en convainc quand on les reprend une à une. Faisons-le. Mobilisez vos facultés mentales : il est impérieux de vivre dans la perspective de notre salut, hors de toute hypocrisie qu’attisent l’envie et la jalousie. Mettez toute votre espérance dans la grâce : c’est profondément vrai dans l’habitude qui doit être nôtre d’inviter le Seigneur à partager notre journée, et non pas uniquement quand on éprouve le besoin de s’en remettre à Lui. Devenez saints : Dieu, et Lui seul, est saint ; nous ne le devenons à notre tour que si, et seulement si, nous suivons Ses préceptes en permanence. Ne vous conformez pas aux désirs que vous aviez auparavant : c’est de tempérance que nous devons faire preuve, dans notre alimentation comme dans notre comportement, car l’idolâtrie, qu’elle soit matérielle ou spirituelle, tourmente sans jamais satisfaire. Conduisez-vous avec crainte : notre vie, que l’apôtre compare à un exil passager, doit être conduite dans le respect et l’adoration de Dieu.

            Au verset 18, il est affirmé que nous sommes rédimés, c’est-à-dire rachetés, de notre futilité. Ce n’est pas de la déportation dont nous nous trouvons libérés comme les Juifs dans le Premier Testament, mais de nous-mêmes parce que l’égoïsme est probablement l’un des pires esclavages. Aussi, afin de ne pas endosser ce travers, convient-il de nous rappeler que le Christ a expié nos péchés sur le Croix. Cette rédemption, concrétisée par Son sang versé, symbolise l’amour infini que Dieu nous concède : cité au verset 19, l’agneau, identifié au Christ, paraît telle une métaphore sacrificielle visant à nous faire comprendre que c’est Lui qui doit guider notre vie, non la futilité. Et, chose capitale, il est souligné que le salut offert par la crucifixion a été pensé par Dieu avant la création du monde et qu’il se manifestera à son terme (v.20), de sorte qu’on trouve ici la reproduction de l’allégorie de « l’alpha et l’oméga » consignée au dernier chapitre du livre de l’Apocalypse. N’y a-t-il pas là, pour nous autres Protestants, la preuve de la prédestination du salut ? Non celle imaginée par Calvin qui ressemblait à une sorte de tri entre bons et mauvais sujets, mais bien celle d’un salut offert à tout homme enclin à accueillir la grâce. À point nommé, deux vertus théologales – la foi et l’espérance – sont évoquées au verset 21 afin que nous saisissions qu’en les faisant nôtres nous serons relevés de la mort comme notre Seigneur l’a été avant nous.

            Ce n’est qu’au verset 22 qu’apparaît le thème central de ce passage : l’hypocrisie. Il y est d’ailleurs apposé en regard de la troisième vertu théologale que constitue l’amour de son prochain. En effet, sitôt que nous nous purifions en acceptant de faire vivre en nous les préceptes du Christ, nous « (naissons) de nouveau » (v.23), car éternelle est la Parole. Bref, si la foi se conjugue au présent et l’espérance au futur, l’amour ne connaît pas de temps : il se décline à l’infini, et doit être pur, lavé de la moindre tache.

            On comprend qu’au verset premier du chapitre suivant l’hypocrisie soit dénoncée et condamnée au même titre que la malfaisance, la ruse, l’envie et la médisance. Car, en parant l’amour envers autrui de faux habits, l’hypocrisie frelate la Parole au point de l’anéantir (v.3). Car, répétons-le, elle est aussi poison de vie.

L’hypocrisie est poison de vie

             L’hypocrisie revêt des aspects individuels et collectifs qui cadrent notre quotidienneté. Du reste, chacune et chacun d’entre nous, à partir du moment où il est humble, se reconnaîtra dans les exemples qui suivent, hélas ! Mais ne dit-on pas que « péché avoué… » !

            Sur le plan individuel tout d’abord. Qui d’entre nous déteste les compliments ? On est toujours prêt à en recevoir, mais en accorde-t-on assez en retour ? On loue son voisin, mais on s’offusque quand il manifeste le moindre désaccord avec nous. On réitère sans cesse des régimes alimentaires à l’approche de l’été ou après les fêtes, mais on s’empiffre de n’importe quoi n’importe quand. Mieux, si j’ose dire, on s’avachit devant son poste de télévision en se déclarant ardent défenseur du sport. On jalouse ceux qui réussissent, confortablement calé dans son fauteuil. On demande à nos enseignants d’éduquer nos enfants, alors que leur fonction consiste à les instruire, non à les éduquer. Pour clore cette litanie en vérité sans fin, on salit l’histoire de France sans se donner la peine de la connaître. Toutes ces hypocrisies confinent à l’absurde, ne trouvez-vous pas ?

            À la charnière de l’individuel et du collectif, laissez-moi vous conter une anecdote que je tiens d’un pasteur ami. Une de ses fidèles invita des paroissiens à rejoindre un cercle de prière ; l’intention était louable, les arrière-pensées moins. En effet, tout en s’y employant, elle jugea publiquement du comportement des uns et des autres avec cette habileté factice propre aux personnes sournoises. Singulière invitation à venir prier…ensemble ! Choqués, nombre d’invités ne donnèrent pas suite. S’y rendit pourtant un homme, totalement inconnu de la paroisse, qui lui demanda à l’oreille qui elle était pour juger ainsi ses coreligionnaires. Sitôt dit, il se retira en silence ; jamais on ne le revit. Alors, elle se mit à prier, mais l’histoire ne dit pas si, cette fois, elle fut sincère.

            J’en viens aux hypocrisies collectives qui pullulent elles aussi. D’innombrables pays tonnent en faveur de la pureté des eaux tout en y larguant des quantités invraisemblables de plastiques au mépris de la faune et de la flore. N’est-ce pas hypocrite ? Des politiques se gargarisent de sauvegarder l’environnement en érigeant à grands renforts de deniers publics de gigantesques moulins à vent aussi hideux que bruyants. N’est-ce pas hypocrite ? Des élus de la nation se font les chantres des égalités sociales en roulant carrosse…et par là-même le fisc ! N’est-ce pas hypocrite ? Nombreux sont ceux qui se proclament défenseurs de la propreté en jetant leur mégot par terre ou leur canette sur la plage – de préférence près d’une boîte à ordures – ou en déposant nocturnement leurs encombrants en forêt et leurs immondices sur des aires sauvages. N’est-ce pas hypocrite ? De grandes compagnies de renom dénoncent la pollution marine en dégazant les hydrocarbures de leurs porte-conteneurs en haute mer. N’est-ce pas hypocrite ? Ici, au fil de discours savamment léchés, des politiques se posent en défenseurs de l’autorité de l’État et de la sécurité des citoyens, cependant qu’en catimini ils temporisent à tout-va avec des groupuscules dans l’espoir d’obtenir une hypothétique paix sociale. N’est-ce pas hypocrite ? Là, des élus de gauche comme de droite se disent les avocats implacables de la valeur travail en défendant mordicus la retraite à soixante ans ou la semaine de quatre jours. N’est-ce pas hypocrite ? Là encore, nombre de postulants s’entredéchirent pour obtenir une investiture en jurant la main sur le cœur être des démocrates apaisés. N’est-ce pas hypocrite ? Plus loin, d’autres responsables bombent le torse en plaidant pour l’ordre, restant incapables de le faire régner dans leurs propres rangs. N’est-ce pas hypocrite ? Et que penser des écarts abyssaux entre les promesses électorales et les réalisations postérieures ? N’est-ce pas hypocrite ? Pourtant, il existe des besoins affirmés : une femme qui travaille souhaite disposer d’une crèche près de chez elle, un homme éloigné de son bureau réclame la création d’une route l’en rapprochant, des citoyens apeurés sollicitent l’installation d’un commissariat de police, des personnes âgées désirent l’implantation d’un hôpital de proximité, bref autant de demandes légitimes de nos concitoyens ; toutefois, quand il s’agit de les financer, ce sont ces mêmes personnes qui refusent la hausse fiscale qui en dérive ; mais comment financer les utilités publiques sinon par les impôts d’aujourd’hui ou de demain (endettement) ? N’est-ce pas hypocrite ? Les pays riches et les dictatures d’Asie ou d’ailleurs plaident pour l’aide publique au développement tout en se lançant dans une course effrénée aux armements et en prenant bien le soin de déclencher les conflits dans les pays pauvres ou émergents. N’est-ce pas hypocrite ? On décide de venir au culte à Noël ou à Pâques, histoire de s’y faire voir, ou on s’y rend quand il ne fait pas trop froid, quand il ne pleut pas, quand on dispose d’un peu de temps libre. N’est-ce pas hypocrite ? Enfin, et c’est là le plus important à mes yeux, on se souvient que Dieu existe dans le malheur ou dans l’urgence en se précipitant pour L’invoquer ; en revanche, quand tout va bien ou qu’Il nous exauce, on Le remise dans un coin de notre mémoire en n’omettant de Lui rendre grâce. N’est-ce pas hypocrite ?

            Résumons. Qu’elles soient individuelles ou collectives, ces asymétries choquantes, ces faussetés inavouées, ces contradictions criantes, ces vilénies tordues ne sont-elles pas toutes  le reflet de notre propre hypocrisie ? Mais bien sûr que oui ! Alors, me direz-vous, que faire ?

            Frères et Sœurs, souffrez que je me permette à mon tour – sans la moindre prétention, cela va sans dire – d’user de l’impératif. Adoptez une foi sans hypocrisie comme nous y invitent les lettres dites pastorales adressées par Paul à Timothée (1 Tm 1, v.5 & 2 Tm 1 v.5). Aimez sans hypocrisie, ainsi que nous le suggère Paul lorsqu’il écrivait aux Romains : « Que l’amour soit sans hypocrisie. Ayez le mal en horreur ; attachez-vous au bien. Quant à l’affection fraternelle, soyez pleins de tendresse les uns pour les autres » (Rm 12, v .9-10). Affranchissez-vous des traditions trop pesantes qui empêchent l’épanouissement de votre vie en vous remémorant la réplique cinglante du Christ quand il fut critiqué d’enfreindre le sabbat parce qu’il guérissait une femme infirme : « Hypocrites, chacun de vous, pendant le sabbat, ne détache-t-il pas son bœuf ou son âne de la mangeoire pour le mener boire ? » (Lc 13, v.15). Jetez aux orties cette hypocrisie, authentique souillure de l’âme, qui dévore votre être en vous rappelant comment notre Seigneur rembarra scribes et pharisiens : « (…) au dehors, vous paraissez justes aux gens, mais au-dedans vous êtes remplis d’hypocrisie et de mal » (Mt 23, v.28). Enfin, ne jugez pas, en méditant cette Parole du Christ : « Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » (Mt 7, v.1-3). Le jugement, chers Frères et Sœurs, appartient à Dieu et à Lui seul. Le nôtre est prétentieux et dérisoire, en vérité futile.

            Si la santé constitue le socle de toute vie, seule la sainteté lui donne un sens. Cette sainteté doit se loger à la fois en notre for intérieur et en dehors de nous. Elle s’acquiert par la crainte et le service de Dieu, fondements de notre foi, celle-là même qui nous fait vivre et espérer.

            Ainsi soit-il.

                                                                                           Alain REDSLOB

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