Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
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Par Philippe Clément

Marc 14 12 à 26 L’institution de la Cène

“Le premier jour des pains sans levain, où l’on immolait la Pâque, les disciples de Jésus lui dirent : Où veux-tu que nous allions te préparer la Pâque ? Et il envoya deux de ses disciples, et leur dit : Allez à la ville ; vous rencontrerez un homme portant une cruche d’eau, suivez-le. Quelque part qu’il entre, dites au maître de la maison : Le maître dit : Où est le lieu où je mangerai la Pâque avec mes disciples ? Et il vous montrera une grande chambre haute, meublée et toute prête : c’est là que vous nous préparerez la Pâque. Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit ; et ils préparèrent la Pâque. Le soir étant venu, il arriva avec les douze. Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : Je vous le dis en vérité, l’un de vous, qui mange avec moi, me livrera. Ils commencèrent à s’attrister, et à lui dire, l’un après l’autre : Est-ce moi ? Il leur répondit : C’est l’un des douze, qui met avec moi la main dans le plat. Le Fils de l’homme s’en va selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme qu’il ne fût pas né. Pendant qu’ils mangeaient, Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant : Prenez, ceci est mon corps. Il prit ensuite une coupe ; et, après avoir rendu grâces, il la leur donna, et ils en burent tous. Et il leur dit : Ceci est mon sang, le sang de l’alliance, qui est répandu pour plusieurs. Je vous le dis en vérité, je ne boirai plus jamais du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai nouveau dans le royaume de Dieu. Après avoir chanté les cantiques, ils se rendirent à la montagne des oliviers.”

Prédication

Manger la chair du Christ, boire le sang du Christ, cette dernière instruction de Jésus à ses disciples, la veille de sa mort a été de tous temps un sujet de discorde et de scandale dans une partie de la communauté chrétienne et avec une belle unanimité dans les sociétés qui rejetaient le Christ.

L’importance de cette instruction ne peut pas faire de doute, d’abord par le moment où elle a été donnée par le Christ, ensuite par sa citation dans les trois évangiles synoptiques et la place que lui consacre Jean dans son évangile, qui, même s’il ne décrit pas ce dernier repas, consacre la quasi-totalité de son chapitre six à cette instruction , chapitre dans laquelle il indique qu’une très large majorité des gens qui avaient été convaincus par l’enseignement de Jésus, l’ont finalement quitté choqués par cette idée.

Jésus en instituant ce repas en commun voulait créer un lien indestructible entre tous ses disciples pour tous les temps et nous en avons fait un sujet de discorde. Même les grands réformateurs ont pris le risque de compromettre le succès politique de la réforme en étant divisés sur sa compréhension.

Alain Redslob nous rappelait dans sa récente prédication sur l’idolâtrie, avec sa concision et sa clarté habituelle, les principales différences d’interprétation dans les différents courants du christianisme, je n’y reviendrai que brièvement, préférant pour débuter cette prédication détailler les raisons et les arguments mis en avant par ces différents courants.

Mais d’abord un rappel historique de l’évolution de la Cène ; historique pour lequel j’ai fait largement appel à Wikipédia qui a fort bien traité ce sujet.

Les premières communautés chrétiennes pratiquaient le repas en commun sans distinction entre pauvres et riches, entre hommes libres et esclaves pour bien marquer le nouvel état d’esprit qu’avait apporté le Christ. Mais déjà à cette époque il y a eu des dérives dans la pratique de ce repas, dérives qui ont valu de sévères remontrances de Paul aux Corinthiens. (1 Cor 11 , 33)

La question de la « présence réelle » du corps et du sang du Christ est soulevée tout au long du Moyen Âge. Les « réalistes », qui défendent cette idée se voient opposer les résistances des « symbolistes ».

Le débat se durcit au XIe siècle. Bérenger de Tours affirme, en se référant à Augustin, qu’une présence « intellectuelle » s’ajoute au pain et au vin sans se substituer à eux. Par contre certains théologiens développent et défendent l’idée d’un changement de substance : la « transsubstantiation » telle qu’on l’appelle à partir du XIIe siècle.

Au  concile de Latran (1215), la présence réelle est pour la première fois proclamée lors d’un concile, sous la forme du dogme de la transsubstantiation,

. Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin précise le dogme de la transsubstantiation dans sa Somme théologique et ébauche les règles de la célébration.

C’est au concile de Trente convoqué par le Pape Paul III en 1545 pour définir la réponse catholique aux affirmations de Luther et de Calvin, que sera officialisé le dogme de la transsubstantiation, associé à l’aspect sacrificiel de l’eucharistie. Le pain et le vin se transforment et cette transformation concerne la totalité de la substance : rien ne subsiste que les apparences du pain et du vin. La présence du Christ est réelle et substantielle dans l’hostie, qui devient véritablement son corps lors de la consécration. La messe répète, actualise le sacrifice du Christ et l’offre à Dieu.

Luther et Melanchthon vont réfuter cette conception du sacrifice inhérent à l’eucharistie ’catholique’ » : ils « opposent le sacrement, œuvre de Dieu offerte à l’être humain, et le sacrifice, œuvre humaine offerte à Dieu ». L’eucharistie est pour eux une action de grâce envers Dieu, un témoignage de reconnaissance, autrement dit un acte de louange et non pas un sacrifice destiné à obtenir la faveur de Dieu.

Les Luthériens ont gardé l’essentiel de la liturgie catholique mais ont redéfini le dogme. Ils parlent de consubstantiation : simultanément à la substance du pain et du vin consacrés, coexiste la substance du corps du Christ et de son sang, en une sorte de double substance. D’autre part, les espèces ne deviennent le corps et le sang du Christ que sous l’action de la Parole de Dieu, qui est indispensable au sacrement : après la messe, les espèces consacrées redeviennent du pain et du vin ordinaires

Les réformés estiment avec Calvin que la notion de présence corporelle constitue « une grande erreur de l’Église catholique […], une confusion grave entre le signe et la chose signifiée », qui « trahit un manque de foi » : […] On s’est arrêté à l’élément corruptible : on en a fait une idole.

Calvin affirme, comme les catholiques et les luthériens, l’union réelle et substantielle du croyant avec le Christ lors de la Cène, mais en termes de « présence pneumatique » : le Christ est véritablement présent, mais de manière spirituelle et non pas matérielle. Le pain et le vin sont de simples représentations du corps et du sang du Christ : elles sont uniquement « des signes que Dieu utilise pour atteindre le croyant, pour lui faire percevoir, sentir la présence du Christ ». Le pain et le vin ne subissent ni transformation, ni consubstantiation, ni transsubstantiation.

Cette présence à la fois immatérielle et réelle est due à l’Esprit, et à lui seul, car « c’est lui qui nous met en communion avec le Seigneur et Sauveur et qui nous fait participer à sa grâce ». Pendant que l’officiant donne le pain et le vin, Dieu donne au croyant ce qu’ils représentent : « Le pain et le vin ne deviennent pas corps et sang du Christ, mais en recevant le pain, nous recevons le Christ. »


De manière plus radicale,  Zwingli, et aujourd’hui une large partie des églises évangéliques, considèrent que le sacrifice du Christ a eu lieu une fois pour toutes et que l’eucharistie n’en est que le mémorial. La Cène est donc une action de grâce d’où est absente toute notion de sacrifice. La présence du Christ n’est pas corporelle, mais uniquement spirituelle. Le pain et le vin, qui ne font que la symboliser. Par conséquent, la phrase « Ceci est mon corps » doit être entendue comme « Ceci signifie mon corps »

Luther, Melanchthon, Zwingli et Calvin n’arriveront pas à trouver un accord malgré les efforts de médiation de Bucer, le réformateur de Strasbourg ,car pour Luther et Melanchthon le plus grand des péchés est de substituer sa propre pensée aux enseignements de Jésus qui avaient clairement dit « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » tandis que la conception de Zwingli et Calvin reposait sur le principe fondamental de la séparation incontournable du visible et de l’invisible, l’invisible étant l’action de l’Esprit Saint et le visible étant le pain et le vin.

Mais revenons à notre texte du jour.

Qui est avec Jésus autour de cette table ? finalement des convives pas très recommandables qui sont pourtant les représentants de l’humanité.

Il y a Pierre qui va bientôt renier le Christ comme du reste Jésus le lui dit dans le passage qui suit immédiatement notre texte, Il y a les disciples qui seront incapables quelque heures plus tard d’accompagner Jésus dans sa prière au Mont des Oliviers, et qui fuiront, abandonnant Jésus lors de son arrestation, il y a Judas qui a déjà décidé de trahir Jésus et dont le péché sera moins d’avoir livré Jésus aux grands prêtres, on ne saura du reste jamais quelle a été sa motivation, que de n’avoir pas compris que malgré la gravité de son acte, il était lui aussi éligible au pardon et que sa fuite dans la mort n’était pas la solution. Et invisibles il y a nous qui, tout comme les disciples, nous demandons si nous aussi nous ne sommes pas capables de trahir Jésus en étant de mauvais témoins ou même en le reniant si à la suite d’un bouleversement politique tel que l’ont connu l’Afghanistan, la Syrie ou la Turquie, il devenait trop dangereux de s’afficher comme chrétien.

Oui frères et sœurs, c’est la première bonne nouvelle de notre texte : nous participons à la Cène étant pécheurs, conscients de nos manquements et de notre incapacité à nous redresser par nous-mêmes, mais admis à participer.

Le partage du pain et du vin, c’est aussi le moment où se crée la communauté des chrétiens, famille unie par les liens de la chair et du sang, communauté solidaire, tolérante et fraternelle, à l’image de celle rêvée par Luc à la fin du chapitre 2 des actes des Apôtres, communauté, enfin qu’il est si difficile à réaliser sans la présence du Christ tant nous en sommes empêchés par nos egos, nos convictions et notre aveuglement qui nous empêche de voir ce que peut voir l’autre.

Dans la Cène, il y a ce repas qui forme notre communauté, mais il y a aussi ce devoir de mémoire de l’enseignement du Christ, de la nouvelle alliance qu’Il a voulu conclure avec nous en se sacrifiant pour nous permettre d’accéder à la résurrection, pardonnés de tous nos manquements.

 Le Christ, en instituant cette Cène se prépare lui-même à la mort, mais malgré ce contexte de mort, la Cène est un repas de vie ; quand on parle de l’agneau de Pâques ou du sacrifice de l’agneau, on parle bien de mort

Le temps de ce repas ou le Christ se prépare à la mort et l’agneau de Pâques sont bien un rappel de ce terrible contexte de mort qui a frappé l’Egypte, et dans lequel c’est le sang de cet agneau qui a sauvé les premiers nés des Israéliens du glaive de l’ange exterminateur et c’est pour Jésus ce qu’il y a de plus important à faire, dans ce dernier repas avec ses disciples, est de se mettre à la place de l’agneau ce que Paul rappelle aux Corinthiens dans sa première lettre au chapitre 5 verset 7 « Car le Christ ,notre Pâques a été immolé »

Tous nous devons être conscients que ce sacrifice est nécessaire pour que nous vivions et que ce n’est pas n’importe quel agneau, c’est celui de Dieu Lui-même, représenté par celui dont l’Ancien Testament nous dit « qu’Il était sans péché. Sans cet agneau, nous sommes tous promis à la mort. En approchant de la table du Christ, nous sommes conscients que nous ne sommes pas dignes de ce sacrifice que Dieu a bien voulu faire pour notre salut sans que nous l’ayons mérité. C’est l’aveu de notre indignité qui nous permet de découvrir que cette indignité, cette impuissance sont enveloppées dans la promesse de la résurrection et de la vie éternelle.

La cène, n’est donc pas une simple étape d’une liturgie vécue avec plus ou moins de tiédeur ; c’est l’aboutissement de notre vie de Chrétien, l’expression ultime de notre foi.

Un des grands mérites de nos réformateurs a été de comprendre que presque tous les textes de la bible sont là pour nous faire comprendre et accepter la signification de cette Cène et que c’est la raison pour laquelle ils ont placé la prédication au centre de nos cultes où par une réflexion de fond, et non pas par une simple leçon de morale chrétienne, nous ouvrions les yeux sur le sens de la Cène.

Je voudrais pour terminer attirer votre attention sur le dernier verset de notre texte qui trop souvent passe inaperçu.

« Après avoir chanté des hymnes, ils se dirigèrent vers le mont des oliviers »

Les disciples, malgré la tristesse de la séparation, la conscience de leur fragilité et de leur impuissance, chantent la louange de Dieu pour l’ineffable cadeau de la nouvelle alliance qu’ils viennent de recevoir, n’oublions pas d’en faire de même.

Amen

Événements à venir
  1. Culte, KT

    septembre 26 @ 10 h 30 min - 12 h 00 min
  2. Culte

    octobre 3 @ 10 h 30 min - 11 h 30 min
  3. Bureau

    octobre 5 @ 20 h 15 min - 23 h 30 min