Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

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Mme Hanta RAJAONA
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Texte lu : 1 Corinthiens 13, v.1-13

1 Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.
2 Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien.
3 Et quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, quand je livrerais même mon corps pour être brûlé, si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert à rien.
4 L’amour est patient, il est plein de bonté ; l’amour n’est point envieux ; l’amour ne se vante point, il ne s’enfle point d’orgueil,
5 il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt, il ne s’irrite point, il ne soupçonne point le mal,
6 il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité ;
7 il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
8 L’amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesseront, la connaissance sera abolie.
9 Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie,
10 mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli.
11 Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu homme, j’ai fait disparaître ce qui était de l’enfant.
12 Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu.

13 Maintenant donc ces trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.

Prédication du 28 février 2021

            Détruite par les Romains en 146 avant Jésus Christ, et reconstruite par Jules César au siècle suivant, la ville de Corinthe, siège administratif de la province d’Achaïe, centre sportif reconnu mais aussi cité de mauvaise réputation compte tenu de ses mœurs dissolues, est sise à la charnière des mers adriatique et égéenne. Ainsi fut-elle, tôt, un foyer commercial très actif où Grecs, Latins, Juifs, Égyptiens, Syriens et autres résidents d’Asie mineure se côtoyaient. Bien que clivée, voire fracturée en termes de croyances, elle formait un carrefour idéal pour diffuser la Bonne Parole, et cela d’autant que les non-Juifs auxquels Paul s’adressait y étaient numériquement majoritaires.

            Rédigée vraisemblablement à Éphèse en 54 de notre ère, cette première lettre aux Corinthiens forme une réponse à un ensemble de questions touchant les viandes sacrificielles, la morale sexuelle, les dons spirituels, les rapports entre les hommes et les femmes, ou encore entre les différents groupes sociaux. Sachons que, parmi les treize épîtres que nous a léguées Paul, celle-ci est une des sept considérées comme authentiques.

            Si le texte lu ce jour n’est pas aisé à décrypter, il n’en est pas moins tramé par un maître-mot : l’amour. Dans le Premier Testament, le livre du Deutéronome, dont un extrait a été lu, de même que les plumes du prophète Osée ou, cent ans plus tard, donc au VIIème siècle, celle de Jérémie relatent l’amour de Dieu pour le peuple élu ; dans le Second Testament, c’est cette fois de l’amour pour l’humanité toute entière dont il est question comme l’attestent les lettres de Paul, mais également les écrits de Matthieu et de Jean ; ce Dieu d’amour si cher à Saint Augustin et, plus tard, à Luther, y devient le point focal de la grâce.   

            C’est donc d’amour qu’il sera question, d’abord en mettant nos pas dans ceux de Paul, pour, dans un second temps, nous frayer un chemin mieux adapté aux temps modernes.

Dans les pas de Paul

            Au verset premier, l’amour est posé en pierre fondatrice, les deux suivants lui venant en renfort, de sorte qu’il apparaît que, qu’elle qu’en soit la graduation, les dons dont nous nous drapons sont anéantis en l’absence d’amour ou de charité, les deux termes étant pris pour synonymes dans certaines traductions : parler les langues, fait hautement apprécié dans la cosmopolite Corinthe, n’est que vil bruit de cymbale si l’amour est absent (v.1) ; prophétiser, détenir la connaissance, voire posséder la foi (v.2) ne valent pas plus sans charité ; distribuer ses richesses ou offrir son corps (v.3) sont de nul apport sans amour. Résumons : un don sans amour n’est qu’un signe de charisme, un acte dénué de cœur, situé au rebours de ce que Dieu attend.

            Aussi Paul est-il amené à définir cet amour sans lequel tout est vain. Les versets 4 à 7 égrènent de précieuses références : patience car il faut savoir attendre ; bonté car, par delà les mots, l’amour met à l’épreuve ; altruisme, car il convient de valoriser et de protéger les autres, notamment les plus faibles ; humilité, car l’amour ne se vante pas, il se vit au jour le jour ; rejet de l’inconvenance, de l’irritation, de l’injustice, car l’amour est distant de toute honte ; et puis, plus positivement, vérité, pardon, espérance, endurance…sont tour à tour évoqués pour nous faire comprendre que l’amour est source de joie, non de cette joie égoïste enflée d’autosatisfaction, mais d’une joie rayonnante, extravertie, heureuse du bien qui arrive à autrui. Bref, l’amour vrai irradie.

            Et puis, contrairement aux autres vertus, l’amour ignore le temps : « il ne succombe jamais » (v.8). Si nos qualités s’inscrivent a fortiori dans l’espace-temps, l’amour se décline dans l’universalité. Et Paul de revenir sur les différents dons qu’il avait mentionnés pour en souligner le caractère éphémère. Tout don est condamné à l’effacement, parce qu’il est lié à un temps qui fuit inexorablement, tel le sable entre les doigts. « Ainsi tout change, ainsi tout passe », consignait Alphonse de Lamartine près de deux millénaires plus tard. Sauf l’amour, serait-on tenté de rétorquer au poète à la suite de l’apôtre ! En effet, en tant qu’un tout, l’amour scelle l’accomplissement : ne nous exhortons-nous pas, d’un côté, d’aimer notre Dieu de toutes nos forces, de tout notre cœur et de toutes nos pensées, et, de l’autre, d’aimer notre prochain comme nous-mêmes ? Amour vertical entre Dieu et nous, amour horizontal entre nous, oui mais amour dans les deux cas. Lorsque Christ expire sur la Croix en s’exclamant que tout est accompli, on saisit mieux le sens profond du texte de ce jour, ainsi que l’affirme avec pertinence le pasteur réformé Antoine Nouïs dans ses deux volumineux commentaires[1] du Nouveau testament.

            Enfin, après avoir rappelé comment le ruisseau de l’enfance se perd dans la rivière de l’âge mûr (v.11), mais aussi après avoir opposé la futilité du miroir terrestre au face à face céleste, Paul achève cette épître par l’énoncé devenu célèbre des vertus théologales : « Or, maintenant, trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ; mais c’est l’amour qui est le plus grand » (v.13). Osons une interprétation : si de la foi jaillit l’espérance, ni l’une ni l’autre ne peuvent s’épanouir sans amour. La foi est ce don céleste qui façonne l’espérance, trait emblématique du chrétien. Mais quand, à la fin des temps, foi et espérance se fonderont dans la concrétude du monde à venir, l’amour les enveloppera toutes deux vu que « Dieu deviendra tout en tous » (1 Cor 15, v.28). D’évidence, l’amour trône bien au sommet de la pyramide des valeurs.

Cheminons en songeant à Paul

            Ce texte, fréquemment lu lors des mariages, est parfois cité à l’occasion de baptêmes. De quelque manière, il s’inscrit dans la perspective du judaïsme antique voulant qu’il ne faille pas faire à autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’il nous fasse, ce que traduit, de façon inversée, Matthieu lorsqu’il rapporte ce passage du sermon sur la montagne : « Tout ce que vous voulez que les gens fassent pour vous, vous aussi, faites le pour eux » (Mt 7, v.12).

            Oui, le monde est devenu dur, qui oserait le nier ? D’abord, parce qu’en tout domaine, il hisse la prouesse à la pointe des exigences : il convient de se surpasser au travail, de lutter pour la suprématie économique, d’impulser la domination technique, d’affirmer l’hégémonie militaire, de performer dans le sport, d’ordonner des ascendants sociaux, de hiérarchiser les relations interpersonnelles, amicales ou non, de briller dans les engagements associatifs, de soigner, voire d’idolâtrer, l’image qu’on renvoie de soi. Mais oui aussi, le monde est devenu fragile. Comme au temps des Corinthiens, il se trouve fragmenté entre communautés, contesté par principe, tiraillé par les ambitions, miné par les peurs, terrassé par les rancœurs, fissuré par une informatique de plus en plus intrusive…En sorte que l’agapè, cette force d’amour sans laquelle rien de vrai ni de durable ne s’échafaude, en vient à se noyer dans le futile ou le spectaculaire. Cessons de divaguer car, de manière heureuse ou non, l’amour trame notre vie : on vibre au premier émoi, on s’essaie à compter timidement fleurette, on s’étourdit au premier baiser, on veille à entretenir la flamme de l’attachement tout au long de sa vie d’adulte, et on s’évertue à aviver la braise de la tendresse à la tombée du soir. Qui n’a jamais aimé peut-il être homme ? Je ne le pense pas, parce qu’on a aimé ses grands-parents, ses parents, son conjoint, ses enfants, son flirt ou ses amis, la plus grande félicité étant dévolue à celui qui a pu le faire de concert.

            Dans toutes les religions, l’amour a toujours été loué, vanté, encensé diraient nos frères catholiques et orthodoxes, en n’oubliant pas que Dieu demanda à Moïse de bâtir un autel pour brûler l’encens chaque matin en forme d’offrande (Ex 30, v.1-10). L’amour est élan, donc rampe de vie ; l’amour est don de soi, donc sublimation de l’autre. Cette vérité a été relayée de tout temps. En France par exemple, poètes et littérateurs – Héloïse, Ronsard, Molière, Flaubert, La Bruyère, Chateaubriand, Hugo, Baudelaire, Maupassant, Camus, Mauriac…-, pour ne citer qu’eux, ont rivalisé d’ingéniosité et de talent pour célébrer l’amour. Peinture et sculpture ont, chacune à sa manière, décrit son incroyable force – l’amour ne donne-t-il pas des ailes ? – et relaté sa vivante beauté. En musique, à défaut de citer les grands opéras, la chanson contemporaine ne s’est pas trouvée en reste. Qui ne se souvient des paroles de Louis Aragon si bellement mises en musique par Jean Ferrat dans son « Aimer à perdre la raison » ? Qui ne s’émeut à l’écoute du texte de Jacques Brel dont une strophe affirme « Quand on a que l’amour, pour unique raison, pour unique chanson et unique secours » ? Qui ne frissonne quand est diffusé l’inoubliable hymne à l’amour écrit par Edith Piaf qui s’achève par cette phrase ô combien éloquente « Dieu réunit ceux qui s’aiment »… ? Autant de manifestations émouvantes et tendres qui, dans le secret de nos cœurs, ressuscitent tant des souvenirs. Cependant, pour moi, ce sont davantage les mots touchants que Charles Aznavour avait su trouver dans sa chanson intitulée « Mourir d’aimer » écrite deux ans après la mort de Gabrielle Russier, professeur qui, en 1969, avait mis fin à ses jours en raison de sa condamnation suite à ses amours impossibles avec un de ses élèves, Christian Rossi, alors âgé de seize ans. Permettez que je vous remémore ces paroles du chanteur : « Partir en redressant la tête, sortir vainqueur d’une défaite, renverser toutes les données, mourir d’aimer ». Mourir d’aimer, telle fut la fin choisie d’une femme engluée dans la désespérance. Mais, à tort ou à raison, je ne puis m’empêcher de faire une association de situations que j’ai la faiblesse de croire fondée. Car, quand le Christ rend l’âme, il s’agit cette fois d’une fin non choisie, mais subie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné » ? (Mt 27, v.46). Certes cette mort, aussi par amour, était d’une toute autre nature, puisqu’elle préfigurait un retour à la vie, et portait témoignage de la réconciliation de l’humanité avec le Père, tant et si bien que notre mort, elle aussi, inaugurera une vie nouvelle. Il n’empêche : dans les deux cas ici rapportés, il est bien question d’une mort par amour.

            Frères et Sœurs, j’affirme qu’amour et foi ne sont qu’avers et revers d’une même médaille : par amour, Christ est mort parce qu’Il avait foi en nous ; par amour, nous mourrons parce que nous avons foi en Lui. Alors, et alors seulement, nous connaîtrons l’amour éternel.

            Ainsi soit-il.

                                                                                                            Alain REDSLOB


[1] Le Nouveau Testament, vol. 2, p.1091, éd. Olivetan/Salvator, 2018.

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