Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Lecture

Marc 1 : 12-15

Tout de suite après, l’Esprit Saint envoie Jésus dans le désert.

Pendant quarante jours, il reste dans le désert et il est tenté par Satan. Jésus est avec les bêtes sauvages, et les anges le servent.

Un jour, Jean est mis en prison. Alors Jésus va en Galilée. Il annonce la Bonne Nouvelle de Dieu et il dit : « Le moment décidé par Dieu est arrivé, et le Royaume de Dieu est tout près de vous. Changez votre vie et croyez à la Bonne Nouvelle ! »

Daniel dans la fosse aux lions, Rembrandt van Rijn, vers 1652

Prédication

Tout de suite après, l’Esprit saint envoie Jésus dans le désert. Tout de suite après quoi ? Le baptême de Jésus. Nous sommes toujours au commencement de l’Évangile selon Marc, et Jésus vient juste de faire son apparition sur la scène : Arrivé de Nazareth, un village sans importance, Jésus est plongé dans l’eau par Jean-Baptiste. Jésus est encore un inconnu mais Jean-Baptiste lui accorde beaucoup d’importance : il parle de Jésus à tout le monde, pour le faire connaître. C’est là, dans le fleuve Jourdain que Jean-Baptiste plonge Jésus dans l’eau. C’est un évènement, l’apparition d’un nouveau personnage, Jésus : les temps changent, une époque nouvelle s’ouvre.

Tout de suite après son baptême, donc, l’Esprit saint envoie Jésus dans le désert. L’Esprit saint envoie Jésus.Dans la Bible, l’Esprit de Dieu emporte, jette (sur les montagnes ou dans les vallées (2 R 2,16)), saisit (par les cheveux), soulève (entre ciel et terre (Ez 8,3) ou enlève (hors de vue (Ac 8,39)). Jésus est envoyé, comme cela, dans le désert.

Le désert, c’est par définition le lieu où il n’y a personne, un lieu inhabité. Aller dans le désert, c’est alors se retrouver, si ce n’est face à soi-même, au moins devant un choix. Choix de la personne que nous voulons être, de la manière dont nous voulons vivre. Choix de vivre avec ou sans l’aide que Dieu nous offre. Choix de la manière dont nous voulons habiter ce lieu. Le désert, dans la Bible, est un lieu favorable à la rencontre avec Dieu ou avec Satan, le mal en personne. La question est donc de savoir par qui nous nous laissons faire, à qui nous faisons confiance et à qui (ou à quoi nous) voulons résister.

Tenté par Satan, c’est-à-dire, poussé à vivre n’importe comment (comme si Dieu n’était pas là). Dans le désert, Jésus est tenté de vivre comme ses ancêtres l’ont fait, lorsqu’ils étaient eux-mêmes dans le désert et qu’ils se sont fabriqué un faux dieu (le veau d’or). Dans le désert, le Hébreux se plaignent méchamment, réclament de la viande (« Ah ! si nous avions de la viande à manger ! (=comme en Égypte, du temps où ils étaient esclaves) »). Les uns critiquent Moïse, les autres refusent d’entrer dans le pays de Canaan, le pays promis. On ne respecte pas le sabbat, on se révolte, on cherche querelle à Dieu, on se décourage, on vit n’importe comment (Nb 25). Et à la fin, ce n’est pas quarante jours qu’on passe dans le désert, mais quarante années.

L’Esprit de Dieu pousse Jésus dans le désert afin qu’il réussisse là où le peuple a échoué. Jésus est envoyé, c’est-à-dire enlevé, saisit, soulevé, jeté dans le désert pour l’habiter d’une manière nouvelle. Pour y être une personne différente de celles qui l’y ont précédé. Pour prendre un autre chemin, et montrer à tou·te·s la voie vers Dieu. En Jésus, nous pouvons alors redécouvrir notre humanité. C’est cela qui est en jeu : l’humanité. Comment vivre, habiter la terre. Vivre comme Jésus. Vivre tout simplement.

Aller dans le désert, c’est la première chose que Jésus fait après avoir été baptisé, après que Jean-Baptiste l’a plongé dans l’eau. Poussé par l’Esprit saint, le bon Esprit, il va habiter dans le désert, il va y lutter contre Satan, le mauvais esprit. Cela nous dit quelque chose de notre propre baptême, de la manière dont nous sommes appelé·e·s à vivre sur la terre.

Dans le désert, Jésus est avec les bêtes sauvages : autrement dit, en paix avec eux, comme au commencement, lorsque Dieu a créé l’univers. Au livre de la Genèse, Dieu dit ainsi : « ‘‘Sur toute la terre, je vous donne toutes les plantes avec leurs graines. Je vous donne aussi tous les arbres qui portent des fruits avec des pépins ou un noyau : ce sera votre nourriture. Et je donne toute l’herbe verte comme nourriture à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux, à toutes les bêtes qui se déplacent sur le sol, en un mot, à tout ce qui est vivant.’’ Et cela arrive » (Gn 1,29-30). Les êtres humains, les animaux de la terre : tous végétariens, habitant le même jardin. Telle est, au commencement, la volonté de Dieu : lui-même trouve que c’est une très bonne chose (31).

Mais nous nous souvenons qu’au début de la Bible, les premiers êtres humains choisissent de vivre autrement : ils prêtent l’oreille aux mensonges du serpent et sont chassés du jardin d’Éden. Les femmes et les serpents deviennent ennemis, l’homme doit se fatiguer tous les jours pour tirer sa nourriture d’un sol maudit. Une terre poussiéreuse (Gn 3,19) qui ne produit plus que des plantes épineuses (18), bref, un désert.

Plus tard, Dieu regrette même d’avoir fait les êtres humains. Il demande à Noé de construire un grand bateau pour lui et sa famille, un bateau dans lequel entre un couple de tous les animaux. Dieu fait alors en sorte que l’eau recouvre toute la terre, détruisant l’humanité méchante. Quand tout est fini, Dieu promet à Noé « de ne plus maudire le sol ». Il permet également aux humains de manger de la viande : « À partir de maintenant, tous les animaux de la terre, tous les oiseaux, toutes les petites bêtes qui se déplacent sur le sol et tous les poissons auront très peur de vous. Je vous les donne, comme je vous avais déjà donné les plantes. Maintenant, tout ce qui se déplace et qui est vivant servira à vous nourrir. Je vous donne tout cela (Gn 9,2-3). » À condition, bien sûr, que ce soit kasher (4).

À partir de là, une espérance traverse la Bible, celle du jour où Dieu libèrera l’humanité. Espérance du jour où nous vivrons à nouveau comme aux premiers jours. Dans la Bible, Ésaïe a cette vision : « Alors le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du cabri. Le veau et le jeune lion mangeront ensemble. Un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse mangeront dans le même champ, leurs petits auront le même abri. Le lion mangera de l’herbe sèche comme le bœuf. Le bébé jouera sur le nid du serpent, et le petit garçon pourra mettre la main dans la cachette de la vipère. Il n’y aura plus ni mal ni violence sur toute la montagne sainte du Seigneur. En effet, la connaissance du Seigneur remplira le pays, comme l’eau remplit les mers. »

Jésus est avec les bêtes sauvages, ces lions qui mangent de l’herbe. Bien sûr, cette image de  lions végétariens est absurde. Pourtant, les juifs de l’ancien temps et se la sont transmise de générations en générations, jusqu’aux premiers chrétiens. Jésus avait cette image à l’esprit.

L’être humain et les animaux, tous végétariens, l’alliance entre les humains et les animaux (Os 2,20) c’est l’espérance d’une humanité libérée du mal, de la violence et des armes de guerre (ib.). C’est l’espérance d’une vie possible dans la fidélité, la justice, l’amour et la tendresse (21).

Les lions végétariens, c’est aussi l’espérance d’un monde dans lequel des dizaines de milliers de femmes ne perdraient pas la vie, chaque année, suite à des violences conjugales ou sexistes de toutes sortes. N’est-ce pas aussi l’espérance d’un monde dans lequel les blessures causées par l’esclavage et la colonisation auront été pansées ? N’est-ce pas l’espérance d’une humanité qui prendrait en compte le bien-être animal ? Ou dont les activités ne causeraient plus le réchauffement climatique ?

Jésus avec les animaux sauvages, est-ce que cela ne dit pas la confiance en un Dieu qui rend possible une vie nouvelle, dans le respect de Dieu, des autres et de la création ? C’est cette vie que Jésus part vivre dans le désert. C’est ce chemin neuf pour l’humanité qu’il part y ouvrir. C’est cette voie qu’il y ouvre pour chacun·e d’entre nous.

C’est cette vie qui s’ouvre à nous dans le baptême. Être baptisé, c’est un état d’esprit. C’est laisser l’Esprit saint nous emporter, nous jeter sur les montagnes ou dans les vallées, nous saisir par les cheveux, nous soulever entre ciel et terre, nous enlever, nous envoyer dans le désert. C’est laisser le souffle de Dieu nous pousser sur un chemin neuf, un chemin qu’on appelle Jésus. Le baptême, c’est choisir de vivre avec Jésus, dans la fidélité, la justice, l’amour et la tendresse. C’est laisser Dieu nous révolter contre le mal, la violence et la guerre.

Carême, est-ce que ce n’est pas l’occasion de cultiver la fidélité, la justice, l’amour et la tendresse, en laissant Dieu nous apprendre à vivre, à habiter la terre, sa création ? N’est-ce pas l’occasion de nous interroger sur nos manières de vivre, sur tout ce qui, en elles, conduisent au mal, à la violence et à la guerre ? N’est-ce pas le bon moment pour interroger ce qui, dans nos vies, s’accommode de ces choses ? Carême, c’est un appel à la créativité, car nous sommes appelés à vivre dans le désert comme dans un jardin. Dieu nous appelle à faire de nos Églises, de nos foyers des oasis d’amour et de tendresse dans le monde.

Carême, c’est le bon moment pour se souvenir que nous avons été baptisés, plongé dans l’Esprit saint. Être baptisé, c’est chercher, dans le bon esprit, la créativité, la tendresse à vivre dans le désert comme on vivrait dans un jardin, une oasis. Ce n’est pas chose facile, mais cela en vaut la peine. Et c’est parce qu’elle en vaut la peine que Jésus a appelé cette autre vie possible une bonne nouvelle. Amen.   

Guilhem Riffaut, pasteur

Événements à venir
  1. Bureau

    mars 9 @ 8 h 00 min - 17 h 00 min
  2. Culte et KT en distanciel

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  3. Culte et KT en distanciel

    mars 14 @ 9 h 30 min - 12 h 30 min