Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
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Bonjour à toutes et à tous,

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Lecture

Marc 1 : 40-45

Un lépreux s’approche de Jésus. Il se met à genoux devant lui et lui demande son aide en disant : « Si tu le veux, tu peux me guérir. »

Jésus est plein de pitié pour lui. Il tend la main, touche le lépreux et lui dit : « Je le veux, sois guéri. »

Aussitôt la lèpre quitte le malade, il est guéri.

Jésus parle sévèrement à l’homme. Aussitôt après, il le chasse en lui disant :

 « Attention, ne dis rien à personne ! Mais va te montrer au prêtre et offre le sacrifice que Moïse a commandé. Ainsi, tous auront la preuve que tu es guéri. »

L’homme s’en va, mais il se met à raconter partout, et à tout le monde, ce qui s’est passé. C’est pourquoi Jésus ne peut plus se montrer dans une ville, il reste en dehors, dans des endroits déserts. Et les gens viennent à lui de tous les côtés.


Jésus guérit le lépreux, anonyme, 14ème siècle.

Prédication

Un lépreux s’approche de Jésus. Ce qu’on appelle ici « lèpre » désigne en fait toutes sortes de maladies de peau (« grosseurs, dartres, tâches brillantes » (Lv 14, 56)). La torah, la loi religieuse détaille les conditions dans lesquelles une affection cutanée, mais aussi les moisissures sur les vêtements où les murs peuvent être qualifiées de lèpre. La Bible n’évoque pas de traitement de ces maladies : le prêtre n’est là que pour observer leur évolution.

Si c’est bien une « lèpre », le malade est déclaré impur et mis à l’écart de la communauté. On lit dans la Bible : « L’homme qui a cette maladie doit porter des vêtements déchirés. Il ne se peigne pas. Il couvre le bas de son visage. Il doit crier : “Impur ! Impur !” Il reste impur tant qu’il est malade. C’est pourquoi il doit habiter à l’écart, en dehors du camp. » (Lv 13, 45-46).

Si le malade guérit, des rites de purification lui sont alors prescrits. Il s’agit d’un sacrifice (animaux, plantes, textiles…) à l’issue duquel le prêtre déclare le malade pur à nouveau. Il réintègre alors la communauté. À travers tout cela, il s’agit de réparer la relation entre le malade, Dieu et son peuple.

Car la lèpre en question ce matin n’est pas qu’une maladie de peau, elle est vue comme un péché, une rupture entre Dieu, son peuple et le malade. Ce qu’on trouve dans la Bible hébraïque, au livre du Lévitique, c’est la manière de réparer cette relation une fois que la guérison s’est produite.

C’est-à-dire que la guérison proprement dite est tout un processus, qui commence avec la disparition des symptômes et s’achève lorsque le prêtre a déclaré la personne pure à nouveau. La guérison est donc aussi bien physique que spirituelle et sociale. C’est ce dont il est question ce matin : Jésus chasse la maladie et demande à l’homme d’aller voir le prêtre pour faire constater son rétablissement et offrir les sacrifices demandés.

En ce sens, la guérison c’est une affaire de relation entre Dieu et nous, entre nous et les autres (aimer Dieu et aimer son prochain). Entre l’humanité est nous. L’humanité, c’est Jésus. Se réconcilier avec Dieu et avec l’humanité, c’est se réconcilier avec Jésus, et inversement. Ce matin, pour être guéri, on commence par s’approcher :

« Un lépreux s’approche de Jésus ». Comment s’approche-t-il ? En lui demandant son aide : « Si tu le veux tu peux me guérir ». Certaines versions mentionnent également : « Il s’agenouille », mais on a sans doute une meilleure idée de comment s’approcher de Dieu à travers ce seul cri : « Si tu le veux tu peux me guérir ».

S’approcher de Dieu, entrer en relation avec lui, c’est lui faire confiance. « Si tu le veux tu peux me guérir» : On retrouve la prière de Jésus à Gethsémané : «Éloigne de moi cette coupe de souffrance ! Pourtant, ne fais pas ce que je veux, mais ce que tu veux. » (= « Si tu le veux, tu peux éloigner de moi cette coupe de souffrance »). C’est la manière dont Jésus nous as appris à prier : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (= « Si tu le veux, tu peux faire ce que tu veux sur la terre »).

C’est un cri qui dit l’espérance d’être en bonne compagnie, de s’adresser à la bonne personne, d’être entre de bonnes mains. C’est l’espérance que ce que Dieu veux est bon pour nous, qu’il veut nous faire vivre avec lui et ses ami·e·s sur la terre comme au ciel.

Face au cri du lépreux, Jésus « est plein de pitié pour lui ». On trouve souvent « ému de compassion » : Le mouvement de Dieu, c’est un mouvement de compassion. Certaines versions anciennes de la Bible ont un autre mot qu’on traduirait par « furieux », « en colère » ou « révolté ».

Jésus est révolté par le mal. Notre Dieu est révolté. En colère face au mal. Faire confiance à Dieu, comme le fait le lépreux ce matin, c’est avoir confiance en l’amour de Dieu, en sa compassion, sa passion pour nous. Une passion qui va jusqu’à la colère, la révolte devant le mal dont nous souffrons, dont il souffre lui-même, jusqu’à en mourir. L’amour de Dieu c’est la passion jusqu’à la croix.

Ce mouvement d’amour de Jésus, ce matin, c’est sa main tendue. Le mouvement d’indignation, de colère, de révolte de la part de Dieu, ce n’est le poing fermé, mais la main ouverte qui vient toucher le lépreux. Le lépreux est impur selon la loi religieuse, mais Jésus le touche. Pour Jésus, là où il y a la confiance, il n’y a plus d’impureté. Et donc il n’y a plus de « lèpre », puisque la lèpre était le signe de cette rupture d’avec Dieu.

Jésus demande ensuite au lépreux d’aller se montrer au prêtre et d’offrir « le sacrifice que Moïse a commandé ». Autrement dit, Jésus ne remet pas en cause la loi religieuse. Seulement, pour lui, le but de la loi est de réconcilier l’être humain avec Dieu. De le ramener sur le chemin de la confiance. Aux observations froides du prêtre de l’état de la peau du malade, Jésus oppose une autre forme de diagnostic : la révolte face au mal. Un bouillonnement de compassion, face à l’injustice qui touche cette personne qui, dans son malheur, cri sa confiance en Dieu (comme Job). Au cœur de la réconciliation, Jésus nous montre qu’il y a la confiance en Dieu, ce Dieu du bras tendu, de la main ouverte. Ce Dieu ému, révolté.

Bien sûr, depuis 2000 ans, l’humanité, à travers la médecine, a fait des progrès dans le traitement de nombreuses maladies de peau, y compris la lèpre proprement dite, celle due au bacille de Hansen, qui est resté longtemps une maladie incurable. Mais sans doute a-t-on encore du chemin à faire en ce qui concerne la compassion, la révolte face à l’injustice et, bien sûr, la confiance en Dieu.

Le lépreux dit : « Si tu le veux tu peux me guérir », et Jésus de répondre : « Je le veux, sois guéri ». La guérison, dans cette histoire, c’est d’abord la réconciliation entre le lépreux et Dieu, un Dieu révolté par ce qui arrive à cette personne. La lèpre, finalement, c’est notre manque de confiance en Dieu, en sa colère indignée, en sa révolte, en son amour.

La lèpre, c’est rester dans son coin plutôt que de participer à ce mouvement de compassion, de révolte face à l’injustice, ce mouvement pour la réconciliation, pour la guérison, qu’est l’Église de Jésus. Réconciliation par l’appel à l’aide, l’appel au secours. L’Église c’est l’ensemble des personnes qui, sur terre, appellent Dieu à l’aide. À l’aide pour être changer, pour aimer, pour guérir, pour vivre.

En effet, c’est en appelant Jésus à l’aide que le lépreux s’approche de Jésus. La seule chose que nous puissions faire pour vivre, pour être guéri, pour être sauvé, c’est réaliser que nous ne pouvons rien faire, mais qu’il y a quelqu’un qui peut faire beaucoup pour nous : « Si tu le veux, tu peux ! » Est-ce qu’aimer Dieu et son prochain, ce n’est pas savoir appeler Jésus à l’aide ?

Et guéri, le lépreux se met à raconter partout, à tout le monde, ce qui s’est passé. Il brave l’interdiction que lui a faite Jésus de parler de leur rencontre, au risque de lui attirer des ennuis. Lui-même devient un personnage bouillonnant, débordant d’amour : partout, à tout le monde ! Il ne cri plus, en parlant de lui-même : « Impur, impur ! », mais raconte ce qui s’est passé, ce que Jésus a fait pour lui. N’est-ce pas un vrai chemin de vie qui nous est offert là ?

Le lépreux s’en va partout, à l’image de Jésus qui passe de désert en ville et de ville en désert, de maison de prières en maison de pierre. Ce Jésus en colère, qui grogne (« parle sévèrement »), chasse les démons pour les détruire, chasse le lépreux guéri pour le mettre en routes. Le souffle de Dieu, l’Esprit qui les pousse est une tempête. Par les merveilles de Jésus, Dieu tempête contre le mal.

Quand l’homme guérit s’en va, chassé par Jésus comme par un coup de vent, Jésus, dès lors, ne peut plus se montrer dans une ville, il reste en dehors dans les endroits déserts. Et les gens viennent à lui de tous les côtés. Cette image est celle d’une humanité en voie de guérison, en voie de réconciliation. On pense à ces versets de Michée, lorsqu’à la fin des temps les nations se rendent à Jérusalem pour apprendre à vivre autrement. Ici, on se presse autour de Jésus. Jérusalem c’est partout, c’est ici. Le dernier jour c’est tout le temps, c’est maintenant.

Et comme des lépreux guéris, nous pouvons à notre tour raconter partout et à tout le monde ce qui s’est passé. Qu’est-ce qui s’est passé ? Dans la prière, dans la confiance en Dieu, en sa compassion, dans la confiance en sa colère devant l’injustice, il y a un chemin pour l’humanité, pour nous, pour toi, un chemin de vie en compagnie de Dieu et des autres.

Il y a une invitation à abandonner nos villes méchantes, là où nous sommes bien installées mais jamais réconciliés, pour aller chercher dans le désert autre chose à construire, sans doute plus par la prière que par la pierre, en compagnie de Jésus. Encore une fois, un désert qui peut-être Jérusalem, qui peut être partout.

Finalement, cette histoire ce matin nous invite à prier Dieu. À l’appeler à l’aide, au secours. À lui faire confiance. À avoir confiance en son amour pour nous, en sa révolte. Et à nous laisser faire par lui. À le laisser nous toucher. Le laisser nous réconcilier avec lui et les uns avec les autres. Une invitation à le laisser nous envoyer sur les routes annoncer la bonne nouvelle, comme on serait chassé par le vent, par le souffle de Dieu, par l’Esprit saint. Une invitation à nous laisser guérir. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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