Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
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Lectures

Matthieu 4 : 1-11

Alors Jésus fut emmené par l’Esprit dans le désert, pour être tenté par le diable.

Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.

Le tentateur, s’étant approché, lui dit: Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains.

Jésus répondit: Il est écrit: L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Le diable le transporta dans la ville sainte, le plaça sur le haut du temple,

et lui dit: Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit: Il donnera des ordres à ses anges à ton sujet; Et ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

Jésus lui dit: Il est aussi écrit: Tu ne tenteras point le Seigneur, ton Dieu.

Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,

et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m’adores.

Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.

Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus, et le servaient.

Prédication

Ce passage dédié à la tentation du Christ est célèbre, quoique souvent incorrectement interprété. En premier lieu, il y a une histoire rapportée, probablement plus imagée que réelle. Le thème de la tentation, en deuxième lieu, rappelle qu’il est nôtre soit quand on jalouse notre prochain, soit quand on en convoite les biens. Enfin, ce thème évoque la distance qu’on peut installer entre Dieu et nous. C’est pourquoi je suggère une réflexion en trois étapes : littérale, horizontale puis verticale.

            Commençons par concentrer notre attention sur ce texte afin de le mieux apprécier.

Une lecture littérale

           Jésus vient d’être baptisé, et le voici aussitôt mis à l’épreuve. Étonnant non, pour Celui que l’Esprit vient de nommer « le Fils bien aimé », et, qui plus est, par le diable en personne (v.1) ? En fait, comme on le soulignera plus loin, Satan cherche à écarter le Fils du Père, le tout étant de savoir s’il y réussira. Et, pour ce faire, il n’hésitera pas à se référer à la Bible !

            Ce calomniateur, cet adversaire, cet avocat des ténèbres, ce prince de la perversion, ce roi des démons, ce serpent de la Genèse ou ce dragon de l’Apocalypse…commence par titiller un besoin vital, savoir la faim (v.2-4). D’abord parce que le Christ avait jeûné quarante jours et quarante nuits tels Moïse pour consigner les tables de la Loi (Ex 34, v.28) ou Elie avant de gravir le mont Horeb (1 Rois 19, v.8), ensuite parce qu’il prend un…malin plaisir à le défier : comment se peut-il en effet que le Fils bien aimé ne puisse pas transformer des pierres en pains ? La réponse de Jésus, pourtant affamé, cingle : « L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». De même que le peuple élu dut attendre quarante ans au désert pour accéder à la terre promise en étant mis trois fois à l’épreuve, à Mara parce que l’eau y était saumâtre (Ex 15, v.23), au désert de Sîn parce que la nourriture y manquait (Ex 16, v.1-3), et à Rephidim car il éprouvait la soif (Ex 17, v.2), de même Jésus devra y attendre quarante jours pour s’extraire des épreuves qui le guettent : oui, Jésus a été baptisé par l’Esprit et non par l’eau, mais oui aussi, Jésus est homme et éprouve, de fait, les sensations de soif et de faim. Il devra donc endurer le jeûne pour faire sienne sa messianité, avant que des anges viennent assouvir sa fringale (v.11). Alors, à l’instar de bien d’autres récits, le Christ invoque les Écritures pour combattre la tentation. Pour vous en convaincre, il suffit de se référer à ces lignes du Deutéronome qui fait état du passage au désert : « (Dieu) t’a donc affligé, il t’a fait souffrir de la faim et il t’a nourri de la manne que tu ne connaissais pas et que tes pères n’avaient pas connue, afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur » (Dt 8, v.3). En relisant et en méditant cette péricope, on aura du mal à soutenir que le Christ reniait les paroles du Premier Testament…

           Ayant échoué, Satan repart à la charge. On quitte le désert pour prendre place en haut du temple de Jérusalem, lieu de sainteté s’il en était. Cette fois, le défi est de se jeter dans le vide en invoquant un psaume (Ps 91, v.11-12), selon lequel il était rapporté que les anges s’opposeront à la chute en le portant de leurs mains (v.6). D’évidence, l’enjeu devient plus périlleux. Pourtant, la réplique de Jésus ne tarde pas plus en rappelant qu’on ne provoque pas son Père, et invoquant, lui aussi, les Écritures, en l’espèce Deutéronome 6, au verset 16 : « Vous ne provoquerez pas le Seigneur ». En d’autres termes, la confiance en le Père doit être totale, c’est-à-dire non sécable.

            Et Satan de persévérer en amenant Jésus sur une haute montagne (v.8) pour lui faire miroiter les richesses terrestres, et les gloires qui s’y rattachent. Le « deal » change : incline-toi devant moi, et toutes ces richesses seront tiennes à jamais. Satan demande ni plus ni moins au Christ de renoncer à sa filiation divine. En voilà trop ! Jésus le rabroue à nouveau en lui signifiant que la seule allégeance qui vaille est celle de la prosternation devant Dieu et Lui seul, de sorte qu’il ordonne au diable de reculer.

            Le récit s’achève donc par la défaite de Satan, puisqu’il est écrit : « Alors le diable le laissa… » (v.11). Cependant, ce repli n’est que temporaire, car, sa vie durant, le Christ sera confronté à de multiples tentations qui ont consommation, séduction et pouvoir pour noms. Mais ne sommes-nous pas tous tentés, et ce, tous les jours qu’égrène notre vie ?

Une lecture horizontale

            La tentation de la chair est citée dans les dix commandements : « Tu ne commettras pas d’adultère » (Ex. 20, v.14), et, plus loin « Tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante… » (Ex. 20, v.17). A bon entendeur…et pourtant, elle est si fréquente dans nos sociétés qu’elle défraye la chronique, nourrit les commérages, voire nous affecte directement. A la tentation de la chair, s’adjoint celle des yeux. En voici quelques preuves criantes d’humanité. Deux menottes qui s’accrochent à un rebord enserrant de petits yeux tout ronds devant un étalage de jouets, ne voilà pas une image attendrissante de la tentation de l’enfant ? Le regard exorbité d’une femme devant la vitrine d’un bijoutier ou celui tout aussi explicite d’un homme dans un hall d’exposition automobile, ne voilà pas la concrétisation toute aussi véridique – bien que plus coûteuse ! – de la tentation de l’adulte ? Enfin, l’œil pétillant de malice qui lorgne une assiette contenant un gâteau au chocolat ou un verre rempli de deux doigts de porto, ne voilà pas l’expression de la tentation d’une personne de grand âge ? A ces deux types de tentation, de la chair et des yeux, il convient encore d’ajouter celle de la domination des êtres et des choses : c’est la conquête du pouvoir et de ses attributs, comme le rapporte la parabole de l’homme riche déraisonnable relatée par Luc (Lc 12, v.16-21). Et, en ce bas monde, les exemples du pouvoir qui monte à la tête de ceux qui le détiennent ne manquent pas. Bref, toutes ces tentations évoquées sont résumées dans cette exhortation de Jean : « …tout ce qui est dans le monde, le désir de la chair, le désir des yeux et la confiance présomptueuse en ses ressources, tout cela n’est pas du père, mais du monde. Or, le monde passe, et son désir aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours » (1 Jn 2, v.16-17). A sa suite et à notre tour, creusons un peu. Le désert n’est-il pas le lieu de naissance du peuple de l’Alliance ? Le temple de Jérusalem n’est-il pas celui où Dieu se manifeste à ses enfants ? La haute montagne n’évoque-t-elle pas le ciel où Dieu règne ? Autant d’évidences qui apprennent déjà que Jésus n’est pas celui que bien des Israélites attendaient : il est venu servir les hommes, non les asservir.

            Cette lecture nous amène à nous poser des questions : est-il répréhensible d’apprécier les formes d’un beau corps, d’avoir faim, de vouloir réussir ? Est-ce pendable ? Assurément non, mais révélateur oui. Dans notre esprit en effet, nous n’avons de cesse de pactiser avec notre conscience, d’un côté en nous assurant que succomber à nos convoitises, petites vilénies et autres bassesses n’est pas si grave, et, de l’autre, en nous persuadant qu’autrui agit pareillement. Vous savez, le fameux face-à-face illustré entre notre moi travesti en diablotin muni d’une fourche et notre moi déguisé en angelot auréolé de vertu !

            Approfondissons encore un peu. En hébreu et en grec, tentation et mise à l’épreuve sont traduits par un mot unique qui a pour signification divertir le croyant de la volonté de Dieu. Là, l’exercice devient plus difficile, car Dieu surgit au cœur de nos arbitrages, fait qui n’est pas sans gêner Satan. Soyons clairs : quand nous respectons la volonté de Dieu, Satan se retire, mais sitôt que nous nous en écartons, il devient le maître de nos vies. La tentation prend alors un signifiant autrement complexe et dangereux.

Une lecture verticale

            En effet, il ne s’agit plus de détourner le croyant de la volonté de Dieu, mais de Dieu lui-même. L’horizontalité que traçait le rapport entre les hommes, voire entre les hommes et les choses, mute en verticalité pour dépeindre le rapport entre les hommes et le Créateur. Ne cherchez pas : quand Satan tente Jésus, ce n’est pas pour qu’il se rassasie, vole comme un oiseau ou dirige le monde, c’est pour qu’il transgresse le lien qui le relie à Dieu. Itou pour nous : bien davantage que de succomber à un corps, à un objet ou à une domination, le but qu’il poursuit est de nous « déconnecter » de Dieu. C’est ce lien vertical du cordon ombilical divin qu’il veut rompre.

            Trois réflexions viennent à l’esprit.

            L’éloignement de Dieu en forme la première. Par-delà les tentations précitées, on se trouve en permanence incité à prendre nos distances par rapport à Lui : un souhait non exaucé, une injustice qui persiste, un conflit qui ravage, une pandémie qui galope…les raisons ne manquent pas, dans notre esprit, pour s’éloigner de Dieu. Dans un récent ouvrage original et décapant[1], Simon BUTTICAZ, professeur à la faculté de théologie et des sciences des religions de l’Université de Lausanne, allègue avec justesse que la tentation est existentielle avant que d’être morale, qu’elle est intimement reliée à la foi, et qu’elle est tout sauf neutre dans la mesure où elle vise à faire des péripéties du quotidien les mobiles de nos reniements. A mon humble avis, la prière, la méditation, la retraite et bien entendu la confrontation de points de vue sont plus que recommandables pour…renier ces reniements !

            Une deuxième réflexion, d’ordre narratif, est issue de la comparaison entre les récits de Matthieu et de Luc. Si les deux se ressemblent fortement, il n’est pas anodin de remarquer qu’entre le baptême et les tentations, Luc glisse la généalogie de Jésus, la faisant remonter jusqu’à Adam. L’objectif est limpide : si Jésus avait succombé à la tentation, c’est bien la chaîne de l’histoire du monde créée par Dieu qu’il aurait rompue : autrement dit, Christ aurait coupé la filiation d’avec son Père. En sorte que les exploits de Noé, d’Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Joseph et de tant d’autres figures en eussent été annihilés. L’histoire de la foi en eût été brisée et, par suite, notre propre foi hachée menue puisque, comme Jésus, nous sommes des enfants du Très-Haut, également sujets à la tentation. Et Simon BUTTICAZ d’affirmer[2] : « Aux trois principaux javelots du diable – la possession, le pouvoir et l’immortalité – correspondent trois peurs archaïques du genre humain : le manque, l’insignifiance et la mort ».

            Plus théologique, la dernière réflexion portera sur le concept même de tentation tel que transcrit dans le Notre Père. Comme vous le savez, l’expression « Ne nous soumets pas à la tentation » a été d’heureuse façon remplacée par celle de « Ne nous laisse pas entrer dans la tentation ». Je n’entrerai pas ici dans la dispute qu’entretiennent les diverses confessions à propos des subtilités linguistiques de la traduction, et du reste en serai incapable. Simplement, je soulignerai que, d’une part, la tentation est d’essence spirituelle car elle est synonyme d’égarement de la foi, et que, de l’autre, la tentation symbolise le vécu quotidien d’une humanité qui s’enfonce dans la matérialité. Aussi clorai-je volontiers en citant la première épître de Jacques (Jc 1, v.13-15) : « Que personne, lorsqu’il est mis à l’épreuve ne dise : c’est Dieu qui me met à l’épreuve. Car Dieu ne peut être mis à l’épreuve par le mal, et lui-même ne met personne à l’épreuve. Mais chacun est mis à l’épreuve par son propre désir, qui l’attire et le séduit. Puis le désir, lorsqu’il a conçu, met au monde le péché ; et le péché, parvenu jusqu’à son terme, fait naître la mort ».

            Souffrez que j’use d’une tournure encore plus elliptique, appartenant, elle aussi, au Notre Père : « Que ta volonté soit faite ».

            Ainsi soit-il.

                                                                                                            Alain REDSLOB

[1] « Le Nouveau Testament sans tabous », éd. Labor & Fides, 2019, précisément en son chapitre deuxième.

[2] « Le Nouveau Testament sans tabous », op.cit., p.60.

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