Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

Nous écrire

Votre nom (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Sujet

Votre message

Chères sœurs, chers frères,

  • Vous trouverez ci-dessous les lectures et la prédication de ce matin.
  • Vous pouvez soutenir votre Église et sa mission par vos dons

Lectures

Ésaïe 42, 1-7 :

Le Seigneur dit :

« Voici mon serviteur. Je le tiens par la main, c’est lui que j’ai choisi avec joie. J’ai mis mon esprit sur lui, pour qu’il fasse connaître le droit aux peuples. 

Il ne crie pas, il ne parle pas fort, on n’entend pas sa voix dans la rue. 

Il ne casse pas le roseau courbé. Il n’éteint pas la flamme qui devient faible. Mais il fait réellement connaître le droit. 

Il ne se découragera pas, il n’abandonnera pas avant d’établir le droit sur la terre. Les peuples éloignés désirent recevoir son enseignement. »

Dieu, le Seigneur, a créé le ciel et il l’a déroulé. Il a étendu la terre avec toutes les plantes. Il donne la vie aux peuples qui l’habitent, le souffle à ceux qui y vivent. Voici ce qu’il dit à son serviteur : 

« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé par une décision juste. Je te prends par la main, c’est moi qui t’ai formé.

En toi, je réalise mon alliance avec le peuple, tu es la lumière des habitants de la terre.

Tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les prisonniers de leur prison, tu retireras de leur cellule ceux qui attendent dans le noir. »

Marc 1, 6-11

Jean porte un vêtement en poils de chameau et il a une ceinture de cuir autour de la taille. Il mange des sauterelles et du miel sauvage.

Il annonce : « Celui qui va venir après moi est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me baisser pour lui enlever ses sandales.

Moi, je vous ai baptisés dans l’eau, mais lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Alors Jésus arrive de Nazareth, village de Galilée. Jean le baptise dans le Jourdain.

Au moment où Jésus sort de l’eau, il voit le ciel s’ouvrir. Et il voit l’Esprit Saint descendre sur lui comme une colombe.

Une voix vient du ciel et lui dit : « Tu es mon fils très aimé. C’est toi que j’ai choisi avec joie. »

Prédication

Jean-Baptiste porte un vêtement en poil de chameau. Il mange des sauterelles. Il vit dans le désert et baptise dans le Jourdain – ce qui n’était pas courant à l’époque. Jean-Baptiste est donc reconnu comme un prophète par nombre de ses contemporains, quelqu’un qui parle au nom de Dieu. L’historien Flavius Josèphe fera également mention dans l’un de ses livres de la grande popularité de Jean-Baptiste en son temps.

En un mot, Jean-Baptiste n’est pas comme tout le monde, c’est un personnage remarquable. Il ne vit pas comme tout le monde, il ne mange pas comme tout le monde, il ne fait pas comme tout le monde – à l’époque, au sein du judaïsme, on prenait des bains rituels (ce qui existe toujours, d’ailleurs), mais être plongé dans l’eau par quelqu’un d’autre, qui plus est, une seule et dernière fois, en attendant la fin des temps, voilà une nouveauté.

Jean-Baptiste est un personnage important. Nous seulement, il ne passe pas inaperçu, mais on vient de toute la région et la capitale, Jérusalem, pour montrer, en étant plongé dans l’eau par lui, qu’on veut changer de vie avant l’arrivée du Messie, le libérateur envoyé par Dieu, celui qui rétablira la justice, qui punira les méchants et récompensera ceux qui aiment Dieu.

Jean-Baptiste est un personnage important, mais il n’est pas non plus le Messie : « Celui qui va venir après moi est plus puissant que moi ». Il est le dernier prophète avant la fin des temps, celui qui vous pardonne vos péchés, en vous plongeant dans l’eau, avant la venue du Messie. Ce n’est pas donné à tout le monde.

Jean-Baptiste annonce un autre personnage, qui vient après lui, le Messie. Pourtant, ce Jésus qui vient après lui n’a pas du tout l’air aussi important que lui. Bien sûr, alors que nous venons de fêter Noël, nous avons tous en tête les récits de la naissance merveilleuse de Jésus, la troupe des anges venus du ciel chantant pour les bergers et l’histoire des sages venus de l’est pour l’adorer, guidés par une étoile. Mais nous lisons ce matin l’évangile selon Marc, dans lequel on ne trouve rien de tout cela.

Le début du livre de Marc s’ouvre justement, comme nous venons de le lire, avec Jean-Baptiste annonçant dans le désert la venue de Jésus. Chez Marc, la vie de Jésus commence avec son baptême dans le Jourdain : « Alors Jésus arriva de Nazareth, village de Galilée. Jean le baptise dans le Jourdain (9) » Avant cela, Jésus n’est pas un personnage important. Rien de ce qu’il a fait jusque-là, ni sa naissance ni rien de son enfance, ne mérite d’être raconté. On ne nous dit pas non plus, à l’inverse de Jean-Baptise, comment il s’habille ou ce qu’il mange. Jésus n’est pas un personnage remarquable.

C’est étonnant, cette idée d’après laquelle le Messie n’a rien pour plaire. Jésus, c’est juste un homme, qui arrive d’un village appelé Nazareth. Un village jamais mentionné jusque-là dans la Bible. Un village  sans intérêt. C’est juste un homme qui marche le long du fleuve Jourdain.

Le sauveur qui n’a rien pour plaire, c’est pourtant une idée ancienne. Déjà, au livre d’Ésaïe, le prophète annonce, en parlant du Messie : « Devant le Seigneur, le serviteur a grandi comme une petite plante, comme une racine qui sort d’une terre sèche. Il n’avait ni la beauté ni le prestige qui attirent les regards. Son apparence n’avait rien pour qu’on le remarque. » Et le Messie, le serviteur du Seigneur dont parle Ésaïe, pour les premiers chrétiens, c’est Jésus.

Et pour Jean-Baptiste, cet homme comme les autres est plus puissant que lui : « Je ne suis pas digne de me baisser pour lui enlever ses sandales ». S’il y a bien une chose qu’on peut remarquer chez Jean-Baptiste, ce n’est pas tellement le fait qu’il vie dans le désert ou qu’il mange des sauterelles – même si aujourd’hui, à la télévision ou sur internet, on voit encore des gens faire ça pour se faire remarquer – ce qu’on peut remarquer, c’est cette parole  : « Je ne suis pas digne de me baisser ».

Lorsqu’on pense à la dignité, ne pense-t-on pas au fait de vivre debout, ou de se tenir droit, la tête haute ? En français, on dit de quelqu’un qui reçoit une décoration officielle qui « élevé à la dignité » de tel ou tel ordre. Être digne, c’est être placé en haut. Comme Jésus, mort sous coups et les moqueries, mais dont les chrétiens disent s’est relevé de la mort, qu’il est monté au ciel et qu’il est maintenant assis, tout en haut, à côté du Père tout-puissant.

Mais Jean-Baptiste ne dit pas : « Je ne suis pas digne d’être placé tout en haut dans votre estime ». Il ne dit pas non plus : « Je ne suis pas digne d’être élevé à la dignité de Messie ». Non, il dit : « Je ne suis pas digne de me baisser ». Jean-Baptiste ne nous dit pas : « J’était tout en bas mais je n’avais rien pour être en haut ». Il nous dit : « J’étais en haut mais je n’étais pas assez bien pour être en bas ». C’est peut-être ça le sens de l’appel de Jean-Baptiste à changer de vie. C’est peut-être la raison pour laquelle Jésus est venu le voir et lui a demandé de le plonger dans l’eau.

« Je ne suis pas digne de me baisser ». On pense peut-être au titre d’un roman de Christian Bobin, dans lequel il n’évoque pas le « le Très-Haut », mais « le Très-Bas ». Ce qui est tout en bas, c’est ce sur quoi tout repose. C’est la terre que Dieu déroule, comme dit Ésaïe, avec toutes les plantes. C’est la terre ferme, que Dieu crée au commencement et à laquelle il demande de produire l’herbe verte, toutes sortes de plantes et d’arbres fruitiers.  C’est le sol qui permet l’éclosion des fleurs et la croissance des arbres au fil des années, des siècles. C’est de la terre que nous tirons, à la sueur de nos fronts, ce qui nous fait vivre. On a tendance à l’oublier. Les hommes et les femmes de notre temps ne souffrent-ils pas de leurs existences hors-sol ? C’est en bas, sur la terre ferme, que nous pouvons vivre debout, dignement. Des théologiens appellent Dieu (Iahvé, celui qui est) : « le fondement de l’être », de tout ce qui existe.

On pense, dans la Bible, à la vision d’Ezéchiel : « Le Seigneur m’a saisi avec puissance. Son esprit m’a emmené, et je me suis trouvé dans une vallée remplie d’os. Le Seigneur me fait faire le tour de l’endroit. Les os sont très nombreux et complètement secs. Alors le Seigneur me demande : ‘Dis-moi, est-ce que ces os peuvent revivre ?’ Je lui réponds : ‘Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais !’ » Et puis, plus loin : « Je dis [d]es paroles de la part du Seigneur, comme il me l’a commandé. Alors le souffle de vie entre dans les morts, et ils reçoivent la vie. Ils se tiennent debout, c’est une armée immense. » (Éz 37).

Jésus, pour sa part, descend jusque dans le lit de la rivière. Et Jean-Baptiste accepte de le rencontrer là, quand bien même il n’est, selon ses propres mots, pas digne de se baisser devant lui. Dieu nous invite à le suivre dans le lit de la rivière. Nul besoin d’aller jusqu’au Jourdain. Dieu ne nous invite pas à le rencontrer tout là-bas, mais ici, tout en bas.

Peut-être nous souvenons-nous de Julienne de Norwich, dont j’aime vous parler de temps en temps. Julienne a grandi en Angleterre au temps de la peste noire puis, par vocation religieuse, elle a vécu recluse, c’est-à-dire volontairement confinée (avec son chat). Vers trente ans, elle tombe gravement malade, une expérience au cours de laquelle elle est sujette à toute une série de vision dans lesquelles Dieu lui fait connaître sa bonté, son amour pour elle et pour la création, et la guérit.

Au cours de l’une de ces visions, Jésus apparaît dans sa chambre et il lui donne quelque chose qui ressemble à une noisette. C’est en fait l’univers entier. Dieu le tenait dans sa main, avec amour et simplicité, comme on tiendrait une noisette, et voilà qu’il le confie à Julienne. À elle de vivre avec amour et simplicité, une noisette à la main. C’est ainsi que nous sommes appelés à vivre sur cette terre, à habiter la création, l’univers entier. Bien sûr, Julienne n’est pas Dieu. Elle fait partie de cet univers, elle habite, comme nous, la noisette. Mais Julienne, tout en bas, allongée, malade, « au fond du trou », découvre à cette occasion à quel point Dieu tient à elle. À quel point il l’aime. À quel point il nous aime. Et cette expérience de l’amour divin est pour elle comme se tenir debout, l’univers dans sa main.

Pensons également à la naissance de Jésus. Avec le premier cri du nouveau-né, Dieu nous appel à faire attention aux petits, à venir auprès de lui. Un cri de Jésus qui est aussi un cri d’alarme, devant notre tendance à vouloir nous mettre à la place de celui qui est (Dieu).

Par ce cri, Dieu appelle chacun de nous, il nous appelle à lui, il nous fait changer de place. Il nous donne enfin une place, la bonne place. Celle, tout en bas, près de la mangeoire. C’est-à-dire, tout là-haut, à ses côtés. Il met ainsi tout à sa place, et lorsque nous en faisons l’expérience, c’est l’univers qui est créé, qui nous est confié, comme on nous donnerait une noisette.

Comme le dit Jean, « le Père aime le Fils et il a tout mis dans ses mains ». À Noël, nous avons fêté le monde entier dans les mains d’un nouveau-né. Nous sommes dans les mains de Jésus. Dans la mangeoire, tout en bas. Alors nous sommes tout en haut, avec Dieu.

Dieu est avec les malades, les tout-petits. Il est avec les endeuillés. Il est aussi avec ceux qui reconnaissent qu’ils ne sont « pas dignes de se baisser », mais qui laissent Jésus les retrouver tout en bas. Même quand ça ne va pas. Le baptême chrétien, c’est justement une rencontre. Une rencontre avec Jésus. C’est laisser Dieu nous retrouver tout en bas pour mieux nous faire vivre. Pour nous faire vivre comme des hommes et des femmes debout.

On n’est baptisé qu’une fois avec de l’eau, mais c’est tout au long de la vie que Dieu nous invite à le chercher quand ça ne va plus, qu’on touche le fond, que le moral est au plus bas. C’est tout au long de la vie que son Esprit saint nous souffle à quel point nous sommes important·e·s pour lui, à quel point il nous aime. À quel point il est là pour nous.

Nous ne sommes pas dignes de nous baisser. Mais Dieu nous appelle quand même à le rencontrer tout en bas, pour mieux nous prendre par la main et nous faire grandir. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

Événements à venir
  1. Bureau

    février 2 @ 20 h 00 min - 22 h 30 min
  2. Conseil presbytéral

    février 16 @ 20 h 00 min - 22 h 30 min
  3. Bureau

    mars 9 @ 8 h 00 min - 17 h 00 min