Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Chers frères et sœurs,

Le culte en présentiel de ce matin, présidé par Mathieu Lepetit, a été préparé par la pasteure Anne Petit, de l’EPU de Rambouillet et présidente de notre consistoire.

Luc 2, 40-52

Frères et sœurs

Quand nous lisons ce passage, nous sommes forcément renvoyés à ce que nous savons des jeunes d’aujourd’hui, à notre propre histoire avec nos enfants si nous en avons. Cette histoire de face à face, d’amour et de rupture, d’incompréhension, fait écho aux relations entre les parents et les enfants, aux difficultés entre les générations… à la vie en somme !

Jésus a 12 ans, il n’est plus un petit enfant, il n’est pas encore un adulte. Il est dans cet âge que nous nommons aujourd’hui l’adolescence. Mais à 12 ans dans le judaïsme, un garçon devient adulte religieusement. C’est encore aujourd’hui l’âge de la Bar-Mitzva, littéralement la célébration où le jeune garçon devient fils du commandement. Il s’est donc joint à ses parents venus, comme chaque année, fêter la Pâque à Jérusalem. Entre parenthèses, Luc met en valeur les femmes dans son évangile mais dans la réalité historique, seuls les hommes avaient l’obligation du pèlerinage ! Joseph, Marie et Jésus ont fait plusieurs jours de voyage depuis Nazareth où ils habitent. Ils ont passé une semaine à Jérusalem, pour participer au culte dans le Temple et écouter les maîtres qui débattent de Dieu et de sa loi sous les portiques du sanctuaire. Les voilà sur le chemin du retour.

Mais au bout d’une journée de marche, les parents de Jésus s’aperçoivent que leur fils n’est pas avec eux. Il n’est pas non plus avec les autres membres de la famille qui font le voyage. Ils le cherchent pendant trois jours. On peut imaginer leur angoisse ! Quoi de plus terrible pour des parents que de perdre un enfant ? Je ne sais pas si cela vous est arrivé de perdre un de vos enfants pour une courte période dans un supermarché, sur une plage : c’est vraiment l’angoisse totale, on panique, on court partout en criant son nom.

Le troisième jour, enfin, ils le retrouvent à Jérusalem. Il est tranquillement assis dans le temple, en train de discuter avec les théologiens. Sans doute ces trois jours sont un écho par anticipation, une prolepse en langage savant, de la résurrection. C’est d’ailleurs un marqueur théologique qui nous rappelle que nous ne sommes pas dans le récit people ou l’anecdote pour faire plus vivant.

Ce récit nous parle très fort parce qu’il est ancré dans notre humanité. Après la naissance dans l’étable où Jésus partage pleinement notre humanité, voici un autre récit qui nous touche par sa familiarité.

Imaginez Marie, cette pauvre mère dont le cri révèle toute l’inquiétude : « Pourquoi nous as-tu fait cela ? » On t’a cherché partout, tu nous as fait peur !

Imaginez à Joseph, ce pauvre père sans voix, dont le silence dans ce récit est peut-être la marque d’un homme qui se trouve soudain démuni devant son fils, dépassé par l’événement…

Pauvres parents confrontés à un fils qui leur échappe. D’accord, il est en lieu sûr, au milieu des savants dans le Temple. D’accord, il ressemble ainsi au jeune Samuel, mille ans auparavant, cet enfant à qui Dieu parlait dans le sanctuaire et dont on disait qu’à douze ans il faisait déjà preuve de sagesse. Mais tout de même… Il n’a que 12 ans !

Et lui, Jésus ne semble pas trop s’émouvoir de l’angoisse de ses parents. En cela, il rejoint bien nos ados qui ne voient pas pourquoi on s’inquiète pour eux ! Jésus s’étonne même, il répond comme un effronté : « pourquoi me cherchiez-vous ? Mon père était inquiet ? Mais je suis ici dans la maison de mon Père ! » Comme il paraît prétentieux, ce Jésus enfant qui remet publiquement son père à sa place.

L’enfance de Jésus, dont la Bible ne nous dit rien d’autre que cet épisode, a donc été une vraie enfance, jusque dans les conflits d’un adolescent avec ses parents. Ce récit enracine Jésus dans l’existence humaine. Luc raconte non pas l’histoire d’un Dieu qui serait dès sa naissance différent de nous mais il montre comment le message de Dieu se révèle à partir de notre humanité, par la voix d’un homme de chair et d’os, né fragile comme nous, qui a grandi de manière humaine avec ses parents et ses frères et sœurs. En Jésus, Dieu prend au sérieux nos vies et l’histoire des humains. Nous sommes bien loin des histoires apocryphes où Jésus fait des miracles dès sa plus tendre enfance ! Luc ne nous raconte pas un Dieu à l’apparence humaine. Il nous raconte un humain qui deviendra Dieu et qui prend peu à peu conscience de son rapport particulier à ce Dieu d’Israël qu’il va appeler Père.

Parce que Jésus sait ce qu’est la vie, il sait ce qu’est ma vie. Il la rejoint dans ce qu’elle a de plus vrai, de plus personnel, de plus intime. Jésus se fait proche de moi, pour que moi aussi je prenne au sérieux l’existence humaine et sa complexité, la mienne et celle des autres.

Le récit de Jésus enfant dans le Temple fait écho à ma vie. Il n’en est pourtant pas le miroir. Il ne m’enferme pas dans un simple face à face avec moi-même. Car la réponse de Jésus à ses parents n’est pas que la réponse spontanée d’un adolescent effronté qui remet ses parents à la place qu’il leur assigne. Elle est une réponse fondamentale. Là, nous ne sommes plus rejoints dans notre quotidien, là nous découvrons un jeune garçon qui est conscient de sa relation spéciale à Dieu. A-t-il compris qu’il est le seul à la vivre ? Luc ne le dit pas et peu importe.

Pour Jésus aussi, la vie est un chemin, y compris spirituel. Ce n’est qu’à 30 ans qu’il sera baptisé, tenté, et commencera ce ministère qui sera lui aussi chemin, au sens propre comme au sens figuré.

C’est donc la première prise de parole de Jésus dans l’Évangile de Luc. En une phrase, l’essentiel est dit. « Ton père te cherche », lui reproche sa mère ! «mais je suis dans la maison de mon Père ! », répond le fils. Jeu de mots autour de l’identité du père. Jésus est un enfant comme un autre, il est le fils de Joseph, Mais il n’est pas n’importe quel enfant : il est le fils de Dieu. Dieu est son Père ! Jésus est à la fois fils de l’homme et fils de Dieu. C’est le cœur de la foi chrétienne.

La réponse de Jésus est ainsi une confession de foi. Jésus est le fils de Dieu. Cette affirmation traverse l’Evangile. Quelques années plus tard, au tout début de son ministère public, au moment de son baptême par Jean le Baptiste, la voix de Dieu dira : « celui-ci est mon fils bien-aimé ». Elle le répètera lors de la transfiguration. Plusieurs fois, Jésus dans ses paraboles mettra en scène Dieu comme un père. Il apprendra à ses disciples à prier Dieu comme il le prie lui-même, en le nommant « Père ». Et tout à la fin de l’Evangile de Luc, les derniers mots que Jésus prononcera, évoqueront encore son Père, quand il promettra aux disciples réunis de leur envoyer l’Esprit Saint : « j’enverrai moi-même sur vous le don que mon Père a promis ».

Le cœur de l’Évangile jaillit du texte que nous méditons ce matin. Jésus est le fils de Dieu. Lui, l’enfant de 12 ans au milieu des théologiens, dit déjà le lien fort qui le relie à Dieu. Plus tard, il annoncera le désir de Dieu du même lien entre lui et chaque être humain. Et cela lui sera facile puisqu’il l’expérimente depuis toujours.

Cette révélation est là, en germe, dans ce petit enfant de 12 ans. Il demeure le fils de Marie et de Joseph, il va rentrer avec eux à Nazareth, il va continuer à grandir, à émerveiller ses parents, à les troubler aussi. La révélation ne va se faire que peu à peu. Il va falloir du temps. Comme il me faut du temps pour découvrir dans sa vie à quel point Dieu est pour moi un Père…

Marie est le tout premier témoin de l’amour de Dieu pour Jésus, celui qu’il désigne comme son fils. Comme elle le faisait après la naissance de Jésus, elle « garde toutes ces choses dans son cœur ». Elle sent l’importance de ce qui se passe, mais elle n’en comprend pas vraiment le sens. Elle a besoin de cheminer encore. Au fond, la vision de l’ange n’est pas déterminante dans la compréhension que Marie se fait de Dieu. Elle a été cruciale pour le choix qu’elle a fait de sa vie, mais pour Marie aussi, même pour Marie, la foi est un chemin. La révélation est progressive.

L’identité véritable du Christ n’éclatera que plus tard. Dans quelques années. Par sa mort et sa résurrection, le fils de Dieu va se révéler pleinement. Notre récit, déjà, en pose des signes, ainsi les 3 jours de la disparition de Jésus dont je parlais plus tôt. Mais au fond, la révélation n’est jamais complète, ni pour Marie, ni pour nous. Le Seigneur ressuscité n’est plus uniquement son Fils, il est le Seigneur ressuscité. Et comme la résurrection n’est pas explicable, n’est pas compréhensible de manière logique, humaine et matérielle, la foi est toujours un chemin où progressivement nous découvrons l’amour de Dieu. Nous acceptons qu’il devienne notre Père. Si nous pouvons être touchés par l’humanité de Jésus, que ce soit faible enfant dans la crèche ou ado qui décide qu’il peut assumer sa vie seul, au moins pendant 3 jours, notre relation au Dieu Père et au Seigneur ressuscité est beaucoup plus tendue et contrastée, au gré de nos chemins semés de confiance et de doute. D’ailleurs, même si nous sommes en pleine confiance, les questions demeurent : ressuscité comment ? Père comment ? Fils comment ? Qu’est-ce le royaume ou la vie éternelle ? Qu’est-ce que la mort ?

Le texte du jour ne nous répond pas. Vous pouvez lire et relire la Bible, vous n’y trouverez pas ces réponses. Aujourd’hui, l’évangéliste raconte Dieu, de mère en fils en son humanité. Dieu, de fils en Père en son amour.

C’est pourtant une réponse que nous apporte l’épisode au temple : trouver Dieu passe par Jésus-Christ, mon frère en humanité, celui qui me fait connaître Dieu comme mon Père. Et Jésus-Christ est vivant.

Ce récit n’est pas une histoire ancienne, un mythe, un rêve, mais l’histoire du Christ aujourd’hui, dans nos vies.

Jésus enfant échappait à ses parents. Confesser le Christ ressuscité, c’est dire qu’aujourd’hui encore il échappe à toute main mise. Il échappe même à mes définitions, à mes récupérations. Il me permet ainsi d’être libérée de tout ce qui m’enferme et me retient, pour que je puisse vivre librement, d’une vie renouvelée, d’une Parole vivante.

Voilà ce que je peux garder, à mon tour, au fond de mon cœur, comme Marie. Même si je ne comprends pas encore tout ce que cela signifie, je peux conserver au fond de moi mon étonnement devant ce Dieu Fils, proche de moi dans son humanité, ce Dieu Père, proche de moi dans son amour.

Amen

Pour le conseil presbytéral

Hanta Rajaona

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