Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Lecture
Jean 1 : 1-1

Au commencement, la Parole existait déjà. La Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu. La Parole était avec Dieu au commencement. Par elle, Dieu a fait toutes choses et il n’a rien fait sans elle. En elle, il y a la vie, et la vie est la lumière des êtres humains. La lumière brille dans la nuit, mais la nuit ne l’a pas reçue. Dieu a envoyé un homme qui s’appelait Jean. Il est venu comme témoin pour être le témoin de la lumière, afin que tous croient par lui. Il n’était pas la lumière, mais il était le témoin de la lumière. La Parole est la vraie lumière. En venant dans le monde, elle éclaire tous les êtres humains. La Parole était dans le monde, et Dieu a fait le monde par elle, mais le monde ne l’a pas reconnue. La Parole est venue dans son peuple, mais les gens de son peuple ne l’ont pas reçue. Pourtant certains l’ont reçue et ils croient en elle. À ceux-là, la Parole a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Et ils sont devenus enfants de Dieu en naissant non par la volonté d’un homme et d’une femme, mais de Dieu. La Parole est devenue homme, et il a habité parmi nous. Nous avons vu sa gloire. Cette gloire, il la reçoit du Père. C’est la gloire du Fils unique, plein d’amour et de vérité. Jean est son témoin. Il affirme d’une voix forte : C’est de lui que j’ai parlé quand j’ai dit : « L’homme qui vient après moi est plus important que moi, parce qu’il existait déjà avant moi. » Oui, nous avons tous reçu une part de sa richesse, nous avons tous été remplis de son amour, et de plus en plus. Dieu nous a donné la loi par Moïse, mais l’amour et la vérité sont venus par Jésus-Christ. Personne n’a jamais vu Dieu. Mais le Fils unique, qui est Dieu et qui vit auprès du Père, nous l’a fait connaître.

Prédication

« Au commencement la parole existait déjà… » Lorsqu’on dit « au commencement », on parle bien sûr des origines de l’univers. Lorsque Jean écrit : « Au commencement… », il invoque les tous premiers mots de la Bible : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ». Et comment Dieu a-t-il créé le ciel et la terre ? En parlant : « Dieu dit : ‘Que la lumière brille !’ Et la lumière se met à briller. »

Lorsqu’on parle de commencement du monde, on pense aux images bibliques (« Que la lumière brille ! ») ou aux théories du Big Bang. En réalité, tout cela se mélange dans nos têtes. Des images d’explosion de lumière chassant l’obscurité nous viennent à l’esprit.

Tel qu’on l’imagine, au commencement, il y a une lumière qui soudain déchire les ténèbres. Pourtant, ce n’est pas tout à fait ce que dit la Bible et ce n’est pas vraiment ce que dit la science.

Beaucoup se figurent l’origine de l’univers comme l’apparition soudaine de quelque chose au milieu de rien. Toutefois, les théories du Big Bang ne nous disent pas que le monde a été créé ex-nihilo. Simplement, on ne peut pas (pas encore) décrire ce qu’il y avait avant. On touche là aux limites – pour le moment ? – de la raison humaine. Plus qu’une explosion de lumière, le Big Bang c’est la cuisson d’une omelette dont on ne sait pas avec quels œufs elle a été préparée ni même à quoi ressemble la poêle.

L’intérêt de la Bible, quant à elle, ne réside pas d’abord dans les intuitions, justes ou non des traditions cosmologiques du Proche-Orient ancien. Ce qui fait la richesse de la Bible, c’est qu’elle nous raconte comment des générations d’hommes et de femmes, apprennent, petit à petit, tant bien que mal, à vivre les uns avec les autres au sein de la création, en s’en remettant à un autre qu’eux-mêmes, Dieu.

La Bible nous parle de la manière dont nous pouvons, ensemble, habiter la création. Qu’on soit juif (ou juive) dans la Mésopotamie antique ou astrophysicien.ne au 21ème siècle, ou bien des gens comme vous et moi, la Bible nous dit qu’à l’origine de tout, ce n’est pas tellement la lumière, c’est la parole.

Quelles que soient les convictions religieuses, philosophiques ou scientifiques qu’on souhaite faire passer, quelle que soit l’histoire qu’on veut raconter, nous avons besoin de mots. Dans la Bible, avant même la  création du monde par Dieu, avant même que la lumière éclaire le tohu-bohu du monde, il y a la parole. Pas de Bible sans mots. Pas de vie humaine sans communication. Même les scientifiques ont besoin des mots pour communiquer le fruit de leurs recherches. Au commencement de tout, il y a les mots.

Et pour nous autres chrétiens, les mots qui nous éclairent, ce sont les mots de Dieu. Ce sont ses bons mots, sa bénédiction. C’est sa parole qui crée le monde, un monde dans lequel nous pouvons alors vraiment vivre. Ce qu’on appelle la création du monde, ce n’est pas forcément un évènement apparu dans un Big Bang il y a 13,7 milliards d’années. La création du monde, c’est plutôt ce qui se produit lorsque nous découvrons que nous pouvons habiter cette terre dans l’amour.

On lit alors dans la Bible qu’au commencement, Dieu a créé le ciel et la terre en parlant (Gn 1). Au commencement, la parole existait déjà (Jn 1). Au commencement, c’est la bonne nouvelle de Jésus (Mc 1).

S’en remettre à Dieu pour habiter la terre, c’est une expérience que la Bible décrit même comme un nouveau commencement. « En effet, je vais créer un ciel nouveau est une terre nouvelle. Personne ne se souviendra plus du passé, on n’y pensera plus du tout. » lit-on dans Ésaïe (65). Et dans l’Apocalypse (21) : « Je vois un ciel nouveau et une terre nouvelle. En effet, le premier ciel et la première terre ont disparu, la mer n’existe plus. Et je vois la ville sainte, la Jérusalem nouvelle… Alors j’entends une voix forte qui vient du siège royal. Elle dit : « Maintenant, la maison de Dieu est au milieu des êtres humains. Il va habiter avec eux… Oui, le monde ancien a disparu. »

Avec ses mots, Dieu nous fait voir le monde d’une manière inédite : c’est comme s’il n’avait jamais existé auparavant (et c’est vrai…). Dieu attire notre attention : c’est comme s’arrêter devant cette mangeoire devant laquelle tout le monde passe son chemin, et y découvrir le Fils de Dieu.

Dans la Bible, ce n’est pas la lumière qui vient en premier. Ainsi, au livre de la Genèse, on nous parle d’abord de Dieu, de terre, de nuit et d’eau, et du souffle de Dieu par-dessus tout. Le souffle de Dieu, la voix de Dieu, du Dieu créateur, du Dieu qui parle.

« Au commencement, la parole… ». Jean lui nous parle d’abord de la parole, de Dieu puis de la vie. La lumière ne vient qu’un ensuite. Ainsi, lorsque nous pensons à la création du monde, plutôt qu’à une ampoule qu’on allumerait dans le noir, pensons d’abord à ce Dieu qui a plein de choses à nous dire.

Si Jean appelle Jésus « la parole », c’est que les mots ont un pouvoir. Avec des mots, on peut guérir ou tuer. On peut construire ou démolir. On peut faire la guerre ou la paix. Avec des mots, Dieu créé le monde. Avec ses mots, Jésus donne la vie. Il guérit toutes sortes de malade, il construit, petit à petit, de plus en plus, une communauté fondée sur l’amour – son Église. Il permet à des hommes et des femmes de demander pardon, de faire la paix. Il éclaire ainsi nos vies. Il créé pour nous un monde simplement avec des mots.

Jésus ne vient pas à nous avec des mots compliqués comme « incarnation » ou « nativité ». Il nous parle d’amour, de peur, de guérison. Il nous demande : « Qu’est-ce que vous cherchez ? » ou « Est-ce que tu veux vraiment guérir ? ». Il nous dit : « Donne-moi à boire ». Il dit : « Ton enfant est bien vivant ». Ou : « Venez et vous verrez », « Le vent souffle où il veut », « Lève-toi, prends ta natte et marche ! ». Il nous dit : « Ramassez les morceaux qui restent, il ne faut rien perdre ». Il dit : « Le pain qui donne la vie, c’est moi », « la lumière du monde, c’est moi », « la porte pour les moutons, c’est moi ». Jésus nous parle avec des mots simples, il dit : « Je suis ».

« Je suis » : à Noël, le nouveau-né dans la mangeoire, c’est tout ce qui compte. Avec le premier cri de l’enfant, Dieu a déjà dit son dernier mot. Un mot, le cri d’un nouveau-né, qui dit tout : la louange, la joie de vivre, l’appel à faire attention aux petits, à venir nous unir autour d’eux, autour de Dieu. Un cri qui est aussi un cri d’alarme, le cri de la croix, devant notre tendance à vouloir nous mettre à la place de celui qui est.

Par ce cri, Dieu appelle chacun d’entre nous. Il nous appelle à lui, il nous fait changer de place. Il nous donne enfin une place, la bonne place. Il met tout à sa place, et lorsque nous en faisons l’expérience, c’est l’univers qui est en train d’être créé.

Comme le dit Jean, « le Père aime le Fils et il a tout mis dans ses mains ». À Noël, le monde entier est dans les mains d’un nouveau-né. Nous sommes dans les mains de Jésus. Alors, nous sommes. Nous pouvons dire, unis à Dieu : « Je suis ».

Ce cri créateur, Dieu le pousse pour nous. Comme le dit Paul : « Nous ne savons pas prier comme il faut. Alors l’Esprit saint lui-même prie pour nous, avec des gémissements que la bouche ne peut pas dire. » (Rm 8,26). Laisser Dieu parler pour nous, c’est prier. Lorsque Jésus prie Dieu, il dit : « Père, j’ai donné à tous ceux que tu m’as donné les paroles que tu m’as donné » (17,8).

Alors, à tous ceux que Dieu nous donne de rencontrer, donnons ces paroles qui donnent la vie, qui apportent la lumière. Donnons la parole à Dieu. Laissons-le créer notre monde. Laissons-lui  le dernier mot.

Laissons-le nous faire habiter la création. Non pas comme nous l’avons fait jusqu’à maintenant, jusqu’à cette pandémie qui nous a laissé sans voix. Mais en entendant son cri. En laissant une place dans nos vies à Jésus. En laissant celui qui est né dehors, dans une mangeoire, entrer chez nous, dans nos vies.

Laissons Dieu par ses cris nous distraire, nous détourner de notre méchanceté. Laissons-le nous donner la parole, laissons-le se donner à nous, nous donner la vie, la lumière.

Laissons-le faire pour nous de ce jour, le premier jour de la création. Le commencement d’un monde à habiter autrement, les uns avec les autres, avec les petits. Avec lui.

Amen.

Pour le conseil presbytéral

Guilhem Riffaut, pasteur

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