Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Texte lu : (Matthieu 14, v.22-33)

Aussitôt après, il obligea les disciples à monter dans la barque et à passer avant lui de l’autre côté, pendant qu’il renverrait la foule. 14:23 Quand il l’eut renvoyée, il monta sur la montagne, pour prier à l’écart; et, comme le soir était venu, il était là seul. 14:24 La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots; car le vent était contraire. 14:25 A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. 14:26 Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent: C’est un fantôme! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. 14:27 Jésus leur dit aussitôt: Rassurez-vous, c’est moi; n’ayez pas peur! 14:28 Pierre lui répondit: Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. 14:29 Et il dit: Viens! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. 14:30 Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria: Seigneur, sauve-moi! 14:31 Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit: Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? 14:32 Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. 14:33 Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent: Tu es véritablement le Fils de Dieu.

Prédication

            Qui, parmi vous, n’a jamais éprouvé le doute ? Qu’il se lève et le dise ! Alors, nous lui rétorquerons qu’il ment. En effet, le doute est consubstantiel à notre existence : il s’immisce en nous, s’y diffuse et nous ronge, tout comme l’incrédulité. Est-ce pour autant un drame ? 

            L’histoire rapportée ce jour paraît incroyable pour des humains. Imaginez un instant entrevoir un homme marcher sur l’eau… Oui, me direz-vous, là c’est le Christ, c’est le Fils du Dieu vivant dont on peut admettre qu’il maîtrise les lois physiques. Mais le comble, ne voilà pas qu’un autre homme, Pierre, pétri de chair et de sang, sans la moindre onction divine, se met à marcher sur les ondes lui aussi ! De quoi instiller le doute dans l’esprit de plus d’un.

            Pendant un bref moment, fermez vos yeux, et représentez-vous les acteurs de la scène. Vous la vivrez mieux, et, probablement, tremblerez-vous de peur d’être engloutis par les eaux. Serait-ce là encore inhumain ?

            Commentons, interprétons, méditons.

Une scène commentée

            Au verset 22, il est mentionné que Jésus « obligea » – le terme est fort ! – les apôtres à monter dans le bateau afin de le précéder sur l’autre rive, tandis que, Lui, prendrait le temps de renvoyer les foules. Il vient en effet de nourrir pas moins de 5000 personnes rien qu’en rompant cinq pains et deux poissons : il fallait le faire…et surtout le voir pour le croire ! On imagine aisément l’état d’esprit dans lequel se trouvaient les disciples quand ils embarquèrent, tandis que Jésus, après avoir éloigné les foules, chercha à s’isoler pour prier. Au passage, on soulignera le contraste entre la foule de gens d’une part et la solitude du Christ de l’autre.

            Et le bateau de voguer, ballotté par un vent contraire (v.24), évoluant relativement loin de la côte puisqu’il est indiqué dans ce verset qu’il s’en trouvait distant de plusieurs stades, donc de plusieurs fois 185 mètres. Les disciples sont seuls, eux aussi, quand, en pleine nuit – il est précisé que c’était la quatrième garde (v.25), donc entre trois et six heures du matin – les passagers virent le Christ marcher sur l’eau. On serait troublé à moins, avouons-le. Aussi les disciples devaient-ils penser que le mauvais temps les faisait cauchemarder et ce d’autant que, dans la mentalité hébraïque, les grosses masses d’eau sont symboles de mort. Le milieu est si hostile que les voilà persuadés que le Christ n’est qu’un fantôme errant sur des flots agités (v.26). Ce dernier les rassure aussitôt : « Courage ! N’ayez pas peur ! » (v.27), car le courage permet de surmonter la peur ; mieux, il est à même de permettre à la vie de vaincre la tempête. Bref, ce dont les disciples apeurés ont précisément besoin.

            Plongé dans le doute, Pierre demande alors à son maître de le faire venir près de Lui, en marchant sur les vagues (v.28) ; visiblement, il oscille entre foi et doute. Il paraît ici tout aussi téméraire qu’il sera poltron quand il Le reniera avant que le coq ne chante trois fois. Mais, en dépit de son immodestie, le Christ acquiesce à sa demande puisqu’il lui ordonne de venir vers Lui (v.28). Ce qu’il fit, séance tenante (v.30). Mais, comme nous tous, Pierre est avant tout un homme : la forte houle et les hautes vagues ont vite raison de son courage (v. 30). Il est pris de panique, et demande au Christ de le délivrer de ses tourments. Oui, Pierre a eu le courage de s’aventurer sur les flots, faisant ainsi preuve d’une grande foi, mais oui aussi, son courage est fugace puisque vite englouti par la peur.

            Jésus obtempère en lui tendant la main alors qu’il est en train de s’enfoncer dans l’eau, son geste de secours s’accompagnant d’une vigoureuse remontrance : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté » (v.31) ? En vérité, Pierre évite la mort par la main que Jésus lui tend ; le voilà sauvé. Suggérons une traduction : la foi sauve, même lorsqu’elle chancelle.

            Comme le vent qui s’abat (v.32), le rideau tombe sur le récit : Jésus et Pierre montent sur le bateau. La réaction des compagnons présents est compréhensible : « Tu es vraiment Fils de Dieu » (v.33). Un cri du cœur, mieux une confession de foi ! Je gage que nous nous serions comportés de semblable façon.

La scène interprétée

             Quoique de manière un peu différente, tant en ce qui concerne le rôle de Pierre que dans sa terminaison, ce récit est consigné par deux autres évangélistes – Mc 6, v.45-52 et Jn 6, v.16-21. Selon moi, en émanent diverses interprétations : le reflet de la quotidienneté, la faiblesse de la foi, la difficulté de la suivance.  

            La quotidienneté dit ce qu’elle veut dire : notre vie n’est-elle pas sans cesse chahutée ? Souffrances physiques, tourments mentaux nous affectant dans notre chair ou dans notre esprit ou touchant de même un être aimé, mal-être au travail, difficultés d’insertion dans le tissu social, relations familiales tempétueuses, soucis matériels, défauts d’argent, voisinages pénibles, surgissement de la mort… en voilà assez pour vous convaincre qu’il n’est pas facile de vivre, à l’image des disciples pour subsister dans leur embarcation. Notre vie, à maints égards, s’assimile à leur frêle esquif. Est-ce à dire qu’il faut renoncer ? Non pas. Pierre, le premier, ouvre la voie : il cherche à se rapprocher du Christ en agissant comme Lui. D’aucuns y verront un acte de suffisance, d’autres un acte de foi. Je compterai volontiers parmi ces derniers, car, indubitablement, il est animé de bon vouloir – aller vers le Christ – et est doté d’un solide courage – s’aventurer sur les eaux. Seulement voilà : ne lutte pas contre les éléments qui veut ! Aussi valeureux soit-il, un marin reste un marin ! Eh bien, dans notre vie de tous les jours, n’est-on pas, nous aussi, mus par des comportements de bonne volonté, savoir ceux de surmonter les obstacles qui se présentent à nous. Pourtant, n’en sommes-nous pas déçus ? Que trop souvent ! Que la mer devienne houleuse, que le ciel se voile de sombres nuages, que la terre fourmille d’obstacles, petits et grands, rien, absolument rien, ne doit nous empêcher de combattre autant de mauvais présages. Succès garanti ? Oh que non ! Mais une des meilleures écoles de la vie, n’est-elle pas celle qui dispense le sens de l’effort et non pas celui du renoncement ?

            La faiblesse de la foi n’est plus à établir, car elle est de tous les instants. Faut-il s’en alarmer ? Oui en ce qu’elle devrait être inébranlable telle celle du Christ avançant sur des flots agités, non car nos tergiversations, à l’instar du doute de Pierre, sont notre lot commun. Face à notre vie qui ne manque pas de vicissitudes, bonnes ou mauvaises, mais aussi face à un monde qui, pris de folie, tangue plus que de raison, il convient de nous battre, de combattre nos doutes, et de nous débattre pour rester la tête hors de l’eau en attendant que la main salvatrice du Christ se tende vers nous. D’un seul geste, Il nous sauvera. Pourquoi ? Parce que nous avons la foi, cette foi certes prise parfois en défaut, mais cette foi chevillée au corps et ancrée dans notre cœur qui nous certifie que le Christ est la seule voie qui conduit à Dieu. La foi anime nos vies. Plus qu’un symbole, elle est une réalité humaine, par conséquent fragile.

            La difficulté de la suivance est, en troisième lieu, un thème méconnu. De fait, il est ardu de mettre ses pas dans ceux du Christ, qui plus est sur l’eau ! Nous savons que c’est la plupart du temps hors de notre portée. C’est pourtant ce qui est arrivé à Pierre, un compagnon si proche de Jésus, jusqu’à ce que le doute l’emporte sur sa foi. A ce stade de mon exposé, laissez-moi citer une de mes amies, catholique fervente, qui m’avait rappelé ce propos attribué à Socrate qui, comme vous le savez, ne nous a légué aucun écrit : « La chute n’est pas un échec ; l’échec est de rester là où on est tombé ». Vous l’avez compris, ne restez pas dans la situation de Pierre, une situation choisie quoiqu’on préfère la réputer subie, celle de lâcher prise. Je suis persuadé que tous, ici, avons ressenti cette impression un jour ou l’autre. Encore une fois, c’est humain, très humain. Trop humain ? A y bien réfléchir, derrière cette évocation si clairvoyante de mon amie, n’y a-t-il pas la main du Christ qui se tend ? J’en conserve l’intime conviction, et l’en ai jamais assez remerciée. Quand le vent se lève sur nos vies, notre foi vacille, mais lorsqu’il s’apaise, elle doit redevenir intacte !

La scène méditée

            Précisément, n’oubliez jamais que la vie qui est nôtre n’est qu’une barque qu’en tant qu’adolescent nous devons guider vers la majorité, et qu’en tant qu’adulte il nous revient de manœuvrer parmi des écueils pour gagner le port que nous avons choisi. N’oubliez pas, non plus, que Dieu ne s’avance jamais avec tambours et trompettes, mais dans ce souffle fragile qu’insuffle le murmure de la brise, celui-là même qui caressa le prophète Elie dans une grotte sur l’Horeb (1 Rois 19, v.9-14). Sans forfanterie aucune, ma recommandation est simple : dans votre vie, efforcez-vous de suivre le Christ, du mieux que vous pouvez. Le souffle de paix, à terme, balaie toujours une tornade de violence.

            Aussi, en méditant ce texte, quatre idées en forme d’exhortations me sont-elles venues à l’esprit. D’abord, ne cherchez pas à maîtriser ce qui dépasse votre entendement : ce serait vain. Dans le domaine de la physique des fluides, Archimède l’avait déjà montré trois siècles avant le Christ, il est des lois physiques ou naturelles contre lesquelles on ne peut lutter, voilà tout. Elles s’imposent à nous, tout comme le pouvoir de Jésus. En deuxième lieu, refusez le sentiment de peur, bien qu’il nous saisisse tous à un moment ou à un autre. La peur, en figeant action et réaction, inhibe tout sursaut et précipite une chute fatale. Pensons-y en cette période pandémique : que la Covid-19 soit une plaie, qui le nierait ? Toutefois, la peste noire, la poliomyélite, la variole, la lèpre, la rage, la grippe espagnole, pour ne citer qu’elles, n’ont-elles pas constitué des maux autrement dévastateurs, mais finalement vaincus par l’opiniâtreté et le génie dont Dieu nous a dotés ? C’est reconnaître, en troisième lieu, qu’Il nous aime, et qu’en présence de fléaux individuels ou collectifs Il ne nous laisse jamais tomber. Comment ne pas se souvenir de la réplique de Jésus à Jaïros, chef de la synagogue, dont la fille se mourrait : « Ne crains point, crois seulement» (Mc 5, v.36). Et si, en quatrième lieu, cette barque n’était autre que notre église ? De quoi nous confondre, non ? En ce cas, ma réponse fuse : sans foi en Lui, l’église périclite car elle doute, tandis qu’avec foi en Lui, elle rayonne parce qu’elle a confiance. En vérité, notre foi s’épanouit dans l’épreuve aussi aisément qu’elle se dilue dans le confort. Il est de la responsabilité de notre église de tendre la main à qui souffre, ou pire, à qui sombre. Gardons bien présent en mémoire cette parole de l’Ecclésiaste, appelé Qohélet en hébreu : « Le jour du bonheur, sois heureux, et le jour du malheur, réfléchis. Dieu a fait l’un comme l’autre, afin que l’homme ne puisse absolument pas découvrir ce qui se passera après lui » (Ec 7, v.14).

            Chers Frères et Sœurs, qui se refuse au combat n’a pas la moindre chance de vaincre ! Ainsi de la vie, car si on ne lutte pas, on s’enfonce ; ainsi de nos doutes, car si on ne tente pas de les dompter, ils nous envahissent ; ainsi de notre relation à Dieu, car si on n’y veille pas, elle s’effiloche ; ainsi de notre foi, car si on ne l’a vivifie pas, elle s’étiole.

            Dans un livre fort documenté intitulé « L’avorton de Dieu : une vie de Saint Paul[1] », l’académicien Alain Decaux rapporte que Gamaliel, le maître à penser de celui qui deviendra  apôtre après avoir massacré tant de chrétiens, lui lance cette adresse : « Donne-toi un maître et tu évites ainsi le doute ». Permettez qu’à sa suite, je vous exhorte à faire de Dieu ce maître, et je suis certain que votre vie, souvent chahutée par les vagues, entrera en eau plus calme. Car, quand le doute s’estompe de votre esprit, votre force redouble, votre joie se répand, votre espérance irradie. De cette aube nouvelle surgit alors le salut, prélude majestueux de la paix interne et de la concorde sociétale.

             Ainsi soit-il.                                                         Alain REDSLOB

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