Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Chères sœurs et chers frères,

Lecture (Matthieu 25, 14-30)

Le Royaume des cieux ressemble à ceci : Un homme part en voyage. Il appelle ses serviteurs et leur confie ses richesses.

Il donne à chacun selon ce qu’il peut faire. Il donne à l’un 500 pièces d’or, à un autre 200, à un troisième 100, et il part.

Le serviteur qui a reçu les 500 pièces d’or s’en va tout de suite faire du commerce avec cet argent et il gagne encore 500 pièces d’or.

Celui qui a reçu les 200 pièces d’or fait la même chose et il gagne encore 200 pièces d’or.

Mais celui qui a reçu les 100 pièces d’or s’en va faire un trou dans la terre et il cache l’argent de son maître.

Longtemps après, le maître de ces serviteurs revient. Il leur demande ce qu’ils ont fait avec son argent.

Le serviteur qui a reçu les 500 pièces d’or s’approche et il présente encore 500 pièces d’or en disant : “Maître, tu m’as confié 500 pièces d’or. Voici encore 500 pièces d’or que j’ai gagnées.”

Son maître lui dit : “C’est bien. Tu es un serviteur bon et fidèle. Tu as été fidèle pour une petite chose, je vais donc te confier beaucoup de choses. Viens et réjouis-toi avec moi.”

Le serviteur qui a reçu les 200 pièces d’or s’approche et il dit : “Maître, tu m’as confié 200 pièces d’or. Voici encore 200 pièces d’or que j’ai gagnées.”

Son maître lui dit : “C’est bien. Tu es un serviteur bon et fidèle. Tu as été fidèle pour une petite chose, je vais donc te confier beaucoup de choses. Viens et réjouis-toi avec moi.”

Enfin, celui qui a reçu les 100 pièces d’or s’approche et il dit : “Maître, je le savais : tu es un homme dur. Tu récoltes ce que tu n’as pas semé, tu ramasses ce que tu n’as pas planté.

J’ai eu peur et je suis allé cacher tes pièces d’or dans la terre. Les voici ! Tu as ton argent.”

Son maître lui répond : “Tu es un serviteur mauvais et paresseux ! Tu le savais : je récolte ce que je n’ai pas semé, je ramasse ce que je n’ai pas planté.

Donc tu devais mettre mon argent à la banque. De cette façon, à mon retour, je pouvais reprendre l’argent avec les intérêts !

Enlevez-lui donc les 100 pièces d’or. Donnez-les à celui qui a 1 000 pièces d’or.

Oui, celui qui a quelque chose, on lui donnera encore plus et il aura beaucoup plus. Mais celui qui n’a rien, on lui enlèvera même le peu de chose qu’il a !

Et ce serviteur inutile, jetez-le dehors dans la nuit. Là, il pleurera et il grincera des dents.”

L’histoire des trois serviteurs, tirée de la Vie de Jésus Mafa

Méditation

Jésus nous parle aujourd’hui encore du Royaume de Dieu. Il s’agit toujours de vivre en sa compagnie, dans sa société : cette histoire vient juste après celle des dix jeunes filles, dont nous avons parlé la semaine dernière. Ce matin, Jésus nous raconte l’histoire de trois serviteurs à qui leur maître, avant de partir en voyage, confie ses richesses – et nous allons voir que toute cette histoire n’est qu’une histoire de confiance. Il donne à chacun selon ce qu’il peut en faire, c’est-à-dire qu’il revient aux serviteurs de réaliser un profit grâce à la somme qui leur a été confiée.

Le texte mentionne des sommes importantes : le premier serviteur reçoit 500 pièces d’or, le deuxième 200, le troisième 100. Dans les manuscrits grecs, il ne s’agit pas de pièces d’or, mais de talents, une monnaie d’argent. Le maître donne cinq talents au premiers serviteurs, deux au suivant et un seul au dernier. En tout cas, il s’agit, à l’époque de Jésus, d’une petite fortune.

Lorsque le maître revient et demande des comptes à ses serviteurs, les deux premiers lui présentent le double de la somme qu’il leur a remise. Ils ont fait du commerce, ce qui sous-entend qu’ils ont pris des risques. Le texte ne donne pas davantage de détails, car l’important c’est que le maître est content : il les appelle des serviteurs « bons et fidèles », il promet de leur confier davantage de choses encore et les invite à se réjouir.

Et puis, vient le mauvais serviteur, celui qui s’est contenté d’enterrer sa pièce, son seul et unique talent. Il dit à son maître qu’il a peur de lui et qu’il a préféré cacher son talent dans la terre plutôt que de le perdre. Cette fois-ci, le maître se fâche : s’il n’avait pas à cœur de faire du commerce, de prendre des risques comme les deux autres serviteurs, il pouvait toujours déposer sa pièce à la banque : le maître aurait profité des intérêts. Le maître se fâche et appelle ce serviteur-là « mauvais et paresseux ». Celui-là, le maître le chasse en ne lui laissant pas même le talent qu’il lui avait donné.

Difficile de ne pas avoir de la compassion pour ce serviteur-là, qui nous ressemble beaucoup, nous autres êtres humains. L’humanité toute entière, à l’image du mauvais serviteur, était pourtant bien partie : Dieu lui ayant confié ses richesses, sa création selon ce qu’elle peut en faire. Et l’humanité peut faire de belles choses si elle suit le bon exemple, celui du maître, celui de Jésus. C’est Jésus qui nous apprend à habiter la création. Au lieu de cela, plutôt que de regarder vers Jésus qui est maintenant au ciel nous préférons regarder vers la terre. Nous préférons la violence, qui consiste à réduire son prochain en poussière, à traîner l’autre plus bas que terre.

Mais l’humanité sans la confiance en Dieu, est-ce bien l’humanité ? Bien sûr, nous sommes tous les enfants d’un même Dieu, que nous appelons Père ou qui, selon Ésaïe, est comme une mère pour nous. Mais c’est en Jésus que nous découvrons ce que cela veut vraiment dire, être humain. Être humain, c’est vivre en relation avec Dieu. Une relation d’amour, bien sûr, basée sur la confiance. Comme un mariage. Ou comme, dans cette histoire, ces serviteurs bons et fidèles auxquels le maître fait confiance et qui, en retour, font confiance à leur maître. D’ailleurs, le grec ne nous dit pas d’abord du maître qu’il est un homme, mais qu’il est un être humain. Afin de devenir pleinement humains, il nous faut donc apprendre à vivre dans la confiance.

Ne pas faire comme le mauvais serviteur, qui, plutôt que de se laisser faire par Dieu, lui résiste. Plutôt que de vivre dans l’esprit de son maître, ce bon esprit prélude à la joie, cultive le mauvais esprit, ce dont témoigne ses cachotteries et les calomnies dont il accable son maître.

Plutôt que de laisser le souffle de Dieu le porter, il résiste à l’Esprit saint et se complique la vie.

Or faire confiance à Dieu, c’est nous laisser faire par lui. C’est le laisser faire de nous ce qu’il veut – et ce qu’il veut est très bon. Il s’agit d’un Dieu qui donne à chacun selon ce qu’il peut faire. Par exemple, les serviteurs bons et fidèles de cette histoire font du business avec la fortune de leur maître, c’est risqué. Mais ce qui compte, c’est cette relation de confiance entre le maître qui sait ce qu’il peut demander à ses serviteurs et ces derniers, qui s’en remettent à leur maître prêt à tout perdre. Et Dieu nous aime tellement, il a tellement envie que nous devenions des hommes et des femmes dignes de ce nom, qu’en Jésus il est prêt même à perdre la vie.

Pour devenir vraiment humains, nous devons être prêts à perdre notre vie. C’est Jésus qui le dit. Perdre sa vie pour mieux la trouver car, en faisant confiance à Dieu, c’est une vie nouvelle et pleine qui s’offre à nous, comme pour ses bons et fidèles serviteurs qui reçoivent chacun le double de ce qu’ils avaient investi. En laissant Dieu faire de nous ce qu’il veut, de sa volonté bonne, nous recevons comme le double de vie, une vie enfin complète qui s’épanouit dans la profusion de tout ce que Dieu nous donne et que nous ne méritons pas. Dès lors, ne vivant plus comme si Dieu était parti en voyage mais en sa compagnie, nous entrons dans la joie comme on entre dans une salle des fêtes un jour de mariage.

Une fête un peu particulière, qui attend les bons et fidèles serviteurs. Jean de la Croix a évoqué dans son Cantique spirituel « la musique silencieuse » qu’on y joue, « la solitude sonore » de ce « souper qui restaure. »

Alors, n’ayons pas peur du vide, de la solitude et du silence de nos appartements. Laissons plutôt Dieu faire de nous ce qu’il veut, laissons-le nous faire vivre. C’est ainsi que la vie ne cessera pas de toute la durée de cette traversée obscure, de cette pandémie. C’est ainsi que nous pourrons apprendre à vivre et à prendre soin les uns des autres de la création, toutes choses dont le monde a besoin dès aujourd’hui et dont il aura plus que jamais besoin demain. Ce n’est pas seulement une liberté de mouvement qu’il nous faut retrouver, c’est aussi une liberté spirituelle.

En présence du vide, de la solitude et du silence nous pouvons vaincre la peur de la mort, de l’isolement et de l’oubli, car c’est souvent dans le vide que nous réalisons que Dieu est présent. C’est dans la solitude que nous réalisons qu’il nous accompagne et c’est dans le silence qu’il nous parle parfois le mieux.

Dans l’Éloquence du silence, Ivan Illich a parlé également du « silence de l’amour, celui des êtres qui s’aiment et dont les mains se joignent ». Ce silence devenu « prière dans laquelle l’imprécision avant les mots a cédé la place au vide pur après eux. » Ce silence qui est alors « la forme de communication qui ouvre les profondeurs simples de l’âme [et qui]

présente, peut-être, écrit-il, le seul moyen de communication qui échappe à la malédiction de Babel ».

En ces temps confus, où, contemplant l’état de la terre, on croirait presque Dieu parti en voyage, essayons peut-être de ne pas ajouter l’agitation à l’agitation. Commerçons plutôt avec Dieu. Commercer, en français, ça n’est pas que faire du business, c’est aussi partager l’intimité de quelqu’un, comme Dieu nous invite à partager la sienne, comme cette joie dans laquelle il nous invite à entrer. Alors, présentons à Dieu nos talents de silence, faisons-lui confiance pour nous en donner le double, autrement dit, pour rendre le silence si éloquents qu’il en devient sa Parole.

C’est là sans doute que nous apprendrons à devenir vraiment humain, à vivre aujourd’hui sur terre comme nous vivrons demain au ciel, dans la société de Dieu. Dans son Royaume. Car dans ce silence riche d’humanité réside une promesse de justice pour le monde. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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