Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Chers frères et sœurs,

Lecture

Alors le Royaume des cieux ressemblera à ceci : Dix jeunes filles prennent leurs lampes et elles sortent pour aller à la rencontre du marié.

Cinq d’entre elles sont imprudentes et cinq d’entre elles sont sages.

Les jeunes filles imprudentes prennent leurs lampes, mais elles n’emportent pas de réserve d’huile. Les jeunes filles sages prennent leurs lampes et elles emportent de l’huile dans des récipients. Le marié ne vient pas tout de suite. Toutes les jeunes filles ont sommeil et elles s’endorment

Au milieu de la nuit, on entend un cri : « Voici le marié ! Sortez pour aller à sa rencontre ! » Alors toutes les jeunes filles se réveillent et elles préparent leurs lampes. Les imprudentes disent aux sages : « Nos lampes s’éteignent. Donnez-nous un peu de votre huile. » Mais les sages leur répondent : « Non ! Il n’y en a pas assez pour nous et pour vous. Allez plutôt chez les commerçants et achetez de l’huile pour vous. » Les imprudentes vont donc acheter de l’huile, mais pendant ce temps, le marié arrive. Les jeunes filles qui sont prêtes entrent avec lui dans la salle du mariage, et on ferme la porte. Plus tard, les autres jeunes filles arrivent et elles disent : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous la porte ! » Mais le marié répond : « Je vous le dis, c’est la vérité : je ne vous connais pas. »

Et Jésus ajoute : « Restez donc éveillés, parce que vous ne connaissez ni le jour ni l’heure. »

Au 20ème siècle, un mariage sous la chuppah, par Chagall

Méditation

Jésus nous parle ce matin du Royaume de Dieu. C’est de vivre en sa compagnie qu’il s’agit, dans sa société. Pour ce faire, il nous raconte une histoire. Celle de dix jeunes filles qui prennent chacune une lampe, des petites lampes en terre cuite, des lampes à huile, et qui s’en vont à la rencontre du marié.

C’est une scène de mariage. Et au temps de Jésus, les jeunes filles en question sont celles qui attendent en compagnie de la mariée la venue de son époux, qui doit ensuite la conduire chez lui en procession. Les jeunes filles veillent sur la mariée, et dans cette histoire, certaines sont imprudentes et d’autres sont sages.

Sont imprudentes les jeunes filles qui n’ont pas de réserve d’huile pour leur lampes. Pourquoi ? Parce que le marié arrive avec du retard, au milieu de la nuit. Les jeunes filles qui s’étaient toutes endormies, sont réveillées par l’annonce de sa venue, mais les imprudentes dont les lampes s’éteignent, ne peuvent les accompagner jusqu’à la maison où la fête va avoir lieu.

Dans cette histoire, il faut que les jeunes filles imprudentes aillent au marché acheter l’huile qui leur manque mais lorsqu’elles reviennent, il est trop tard, la fête est déjà commencée, on ne les laisse plus entrer.

Quelle que soit la manière dont on interprète cette histoire, il est difficile de ne pas se mettre à la place des jeunes filles imprudentes, celles qui se voient fermer la porte au nez. Difficile de ne pas s’identifier, de ne pas s’imaginer rejeté par le marié. C’est bon signe, c’est précisément le but de Jésus que de nous réveiller. Et c’est bien le message de cette histoire : « Gardez vos lampes prêtes et allumées », car, nous dit Jésus : « vous ne connaissez ni le jour ni l’heure » auxquels des sociétés humaines méchantes laisseront la place à la société de Dieu.

Dans cette histoire, pour être pleinement de la fête, il faut donc garder sa lampe prête et allumée. Les jeunes filles sages, nous dit Jésus, préparent leurs lampes. Comment faut-il nous-y prendre pour préparer nos lampes ? Encore une fois, il s’agit de petites lampes en terre cuite. Les préparer, cela veut dire avant tout les remplir d’huile. Avoir une réserve d’huile. Une réserve suffisante pour la traversée de la nuit, en compagnie des mariés, jusqu’à leur nouvelle demeure, où se déroule la fête à laquelle nous sommes invités.

Mais qu’est-elle, alors, cette huile dont nous avons besoin pour alimenter la flamme de nos lampes ? Eh bien, Jésus ne nous dit rien à son sujet. Le texte sous-entend simplement qu’il s’agit d’huile d’olive, c’est tout. C’est à la fois tout et rien, car il n’y a rien que nous puissions faire pour alimenter notre foi.

Si ce n’est, accepter que nous n’en avons pas le pouvoir et nous en remettre à Dieu. Si ce n’est faire confiance à Dieu pour remplir nos lampes et les faire briller.

Être chrétien, ce n’est pas faire ceci ou cela, c’est se laisser faire par Dieu. C’est laisser Dieu faire. Faire de nous ce qu’il veut, afin que nous vivions en relation avec lui, dans le souci les uns des autres et de tout ce qu’il a créé. « Mettez tous vos soucis dans la main de Dieu, parce qu’il prend soin de vous » (1 Pi 5,7).

Dès lors, l’huile d’olive nécessaire à nos lampe, c’est l’Esprit saint. C’est la grâce, la joie d’être aimé par lui alors qu’on a rien fait pour le mériter. C’est son amour, sa vie. C’est tout ce qu’on veut, et à la fin, ce n’est rien de tout cela, bref, c’est Dieu.

Étrangement, Jésus nous dit que cela s’achète. Les sages indiquent aux imprudentes qu’elles peuvent aller en acheter, littéralement, en allant au marché. Dietrich Bonhoeffer, qui était pasteur dans l’Allemagne des années 30, époque obscure s’il en est, a écrit justement à ce sujet. Il nous dit que la grâce de Dieu peut effectivement s’acheter, mais qu’elle a un prix plutôt élevé. Celui de notre vie. Se laisser faire, laisser Dieu alimenter notre flamme, c’est donner à Dieu nos vies. Cette huile, ce sont nos vies. Nos vies confiées à Dieu. Renouvelées par lui. Transformées par lui. Du coup, ce ne sont plus tellement nos vies, mais la vie même de Dieu, qui est en nous. C’est Dieu qui vit en nous.

Pour être sages, Jésus nous conseil donc de veiller jusqu’au bout ou, comme dans son histoire, de préparer de l’huile pour nos lampes. Préparer, en grec kosmeó , qui vient d’un mot passé en français : kosmos, l’univers. Préparer c’est alors mettre en ordre, embellir. Et c’est tout notre monde, tout notre univers qu’il nous faut mettre dans nos lampes pour que Dieu y allume une flamme. Peut-être les imprudentes n’ont-elles pas trouvées ce qu’elle avait déjà sur elle, sans le savoir ?

Lorsque Jésus résume la volonté de Dieu à ces deux paroles : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de ton ton cœur, de tout ton être et de toute ta force » (Dt 6) et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19), c’est bien sûr un appel à faire retour à Dieu de toute notre vie. Et Jésus nous appel ce matin à poursuivre notre effort, à continuer de lui faire confiance, à nous laisser porter par le souffle de Dieu, ce souffle qui nous mène à lui, à la vraie vie.

Dans cette histoire, Jésus reprend l’image du mariage entre deux personnes pour illustrer la relation qui unit Dieu à Israël. Israël, c’est ici la mariée, tandis que le marié, c’est Jésus, en qui Dieu vient chercher son peuple. Certains sont prêts, d’autres non. Mais nous pouvons nous attacher à cette image : Dieu est un Dieu qui vient nous chercher, que ce soit le jour de son mariage avec Israël (c’est-à-dire du vivant de Jésus en Palestine) ou par son retour à la vie, grâce auquel il continue de nous lancer chaque jour son invitation, à nous qui sommes perdus au-dehors. Invitation à son repas de fête.

Et en ces temps obscures où se retrouver pour faire la fête en Église n’est plus permis, nous pouvons méditer sur quelques vers de Jean de la Croix, qui a ses fans parmi vous et par lesquels il décrit, dans son Cantique spirituel, la musique silencieuse qui sera jouée à ce repas de fête :

La nuit calme et heureuse

toute proche du lever de l’aurore,

musique silencieuse,

solitude sonore,

repos, amour, le souper qui restaure.

Alors, n’ayons pas peur du vide, de la solitude et du silence de nos appartements. Répondons plutôt à cet appel de Dieu à le laisser faire, à le laisser nous faire vivre. C’est ainsi que la vie ne cessera pas de toute la durée de cette traversée obscure, de cette pandémie. C’est ainsi que nous pourrons vivre et prendre soin les uns des autres et de la création, toutes choses dont le monde a besoin dès aujourd’hui et dont il aura encore besoin demain.

C’est ainsi qu’en présence du vide, de la solitude et du silence nous pouvons vaincre la peur de la mort, de l’isolement et de l’oubli, car c’est souvent ainsi (dans le vide, la solitude et le silence), que Dieu est présent dans nos vies, qu’il nous accompagne et qu’il nous parle.

Veillons, dit Jésus. Prions car prier, c’est précisément cela : laisser Dieu faire, le laisser nous rassembler en sa compagnie, dans sa société. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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