Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Chers frères et sœurs,

Voici la lecture et le message de ce matin.

Lecture

Jésus voit les foules qui sont venues. Il monte sur la montagne, il s’assoit et ses disciples viennent auprès de lui.

Jésus prend la parole et il les enseigne en disant :

« Ils sont heureux, ceux qui ont un cœur de pauvre, parce que le Royaume des cieux est à eux !

 Ils sont heureux, ceux qui pleurent, parce que Dieu les consolera !

Ils sont heureux, ceux qui sont doux, parce qu’ils recevront la terre comme un don de Dieu !

 Ils sont heureux, ceux qui ont faim et soif d’obéir à Dieu, parce qu’ils seront satisfaits !

Ils sont heureux, ceux qui sont bons pour les autres, parce que Dieu sera bon pour eux !

Ils sont heureux, ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu !

Ils sont heureux, ceux qui font la paix autour d’eux, parce que Dieu les appellera ses fils.

Ils sont heureux, ceux qu’on fait souffrir parce qu’ils obéissent à Dieu. Oui, le Royaume des cieux est à eux !

Vous êtes heureux quand on vous insulte, quand on vous fait souffrir, quand on dit contre vous toutes sortes de mauvaises paroles et de mensonges à cause de moi.

Soyez dans la joie, soyez heureux, parce que Dieu vous prépare une grande récompense !

En effet, c’est ainsi qu’on a fait souffrir les prophètes qui ont vécu avant vous. » (Matt 5, 1-12)

Scène tirée de L’Évangile selon Matthieu de Pier Paolo Pasolini, avec Enrique Irazoqui dans le rôle de Jésus.

Prédication

Ce matin Jésus grimpe sur la montagne avec ses disciples. C’est qu’il a des choses importantes à dire. La montagne est souvent dans la Bible le lieu de la rencontre avec Dieu. Moïse rencontre Dieu sur le mont Sinaï. Élie également, qui caché dans l’une de ses grottes, entend Dieu dans le bruit d’un souffle léger. Le temple de Jérusalem est situé sur le mont Sion. Et c’est encore sur une montagne que Pierre, Jacques et Jean voient Jésus changer d’aspect, « le visage brillant comme le soleil et les vêtements blancs comme la lumière ».

Au sommet de la montagne, on est plus proche du ciel, lequel reste pourtant hors de portée et symbolise donc l’endroit où Dieu habite. Sur la montagne, on est loin la mer en contrebas, qui, par ses dangers, symbolisait la mort pour les juifs des temps anciens.

Cela dit, dans ce récit, en guise de montagne, il ne s’agissait sans doute que de l’une des collines qui entourent le lac de Tibériade. Mais sur cette colline, Jésus grimpe donc, entouré de la foule de ses disciples.

Car à l’époque, Jésus a une foule de disciples. Ce ne sont pas des curieux qui l’accompagnent, lit-on, mais ceux qui désirent vivre selon son enseignement. Lorsqu’on pense aux disciples de Jésus, on l’imagine souvent avec les Douze. N’oublions pas non plus les femmes qui l’accompagnaient. Luc mentionne même, pour sa part, un mystérieux groupe de soixante-dix disciples. Mais ce matin, Matthieu nous parle d’une foule de fidèles.

Vous vous souvenez sans doute qu’au moment de la mort de Jésus, au pied de la croix, les foules ont disparues. Les Douze se cachent. Tous les hommes ont disparus, sauf les soldats romains qui l’ont cloué là (et qui pourtant disent : « vraiment, cet homme était Fils de Dieu »).

Au pied de la croix les hommes ont disparus, mais beaucoup de femmes sont là, nous dit Matthieu. Elles ont suivi Jésus depuis la Galilée, précise-t-il. Sans doute étaient-elles sur la montagne avec lui.

De la foule qui est venu écouter Jésus, tous les hommes et peut-être la plupart des femmes présents l’auront quitté au moment de sa mort. Pourquoi cela ? Matthieu ne nous le dit pas vraiment. On peut imaginer que beaucoup aient préféré s’éviter des ennuis, étant donné que Jésus était aussi assez fort pour se faire des ennemis. Mais il y a probablement une autre raison : c’est que l’enseignement de Jésus était trouvé trop difficile. Matthieu laisse entendre que tel a pu être le cas. Par exemple, lorsqu’un disciple, dit à Jésus : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui répond : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts ! » Si l’on se met à la place du disciple, c’est tout de même dur à entendre.

En ce qui concerne le discours de Jésus qui nous occupe ce matin, la difficulté réside plutôt dans cet « Heureux ! » que proclame Jésus en évoquant ceux qui souffrent pour Dieu. Ceux qui ont un cœur de pauvre, qui pleurent, les doux, ceux qui ont faim et soif d’obéir à Dieu, qui sont bons pour les autres, qui ont un cœur pur, qui font la paix autour d’eux, ceux qu’on fait souffrir et qu’on insulte, tous ceux-là sont heureux. Quel est donc ce bonheur promis par Jésus, lorsqu’il dit : « Soyez dans la joie, soyez heureux, parce que Dieu vous prépare une grande récompense ! »

Ce mot, « heureux », a bien sûr fait couler beaucoup d’encre. Comment peut-on pleurer et être heureux ? Dans le texte grec, on trouve « makarioi ». Dans la grande majorité des Bibles en langue française, ont traduit par heureux, mais André Chouraqui donne « En marche ! ». « En marche les endeuillés ! Oui, ils seront réconfortés ! En marche les humbles ! Oui, ils hériteront de la terre ! » Pour Chouraqui, il s’agit de « la rectitude de l’homme en marche sur une route qui va droit à Adonaï ». C’est la joie du but atteint, ajoute-t-il.

Comme lorsque la reine de Saba dit à Salomon : « Heureux tes hommes et tes femmes qui toujours se tiennent [debout] auprès de toi et peuvent entendre tes paroles pleines de sagesse. »

Mais avant de se retrouver en présence de Dieu comme ces serviteurs qui autrefois entourés Salomon, c’est tout un chemin de vie, souvent difficile, qui reste à parcourir. Mais au long duquel Dieu nous accompagne.

Une autre belle traduction de makarioi, c’est le « Magnifique ! » choisi par Grosjean, Léturmy et Gros (Gallimard) : « Magnifiques les miséricordieux car on leur fera miséricorde. Magnifiques les cœurs purs car ils verront Dieu. Magnifiques les pacifiques car on les appellera Fils de Dieu. »

Les traducteurs justifient leur choix ainsi : « Le mot grec évoque la félicité des Dieu, des rois, des riches (plutôt que la bonne fortune d’un homme heureux). »

Dans ce cas, ce qu’annonce Jésus, la nuance qui apparaît, c’est que les pauvres en esprit, les endeuillés, les doux, les affamés et assoiffés de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les pacifiques, les persécutés et les injuriés sont pour Dieu les vrais rois, les vrais riches. Les vrais Dieu, sans doute, car en Jésus, Dieu lui-même n’est-il pas tout cela ?

Makarios, c’est donc : heureux, bienheureux. En marche ! Magnifique ! On pourrait dire aussi : Béni. Privilégié. Avantagé. Bien loti. Favorisé. Ce n’est pas mal, « favorisé ». Le dictionnaire indique : « Avec une idée de préférence, qui est traité avec une bienveillance particulière. »

C’est de ce bonheur-là dont parle Jésus : « réjouissez-vous, car vous pouvez vivre en sachant que vous avez la faveur de Dieu, sa préférence. Dieu vous traitera avec la bienveillance que vos frères et sœurs en humanité vous ont refusée. »

Quel est le rôle de l’Église, sur cette terre, si ce n’est d’être un lieu où nos paroles et nos gestes manifestent la bienveillance de Dieu envers toutes celles et ceux qui en sont privés à l’extérieur ? Et pour ce faire, il suffit de se laisser faire par Dieu.

S’engager sur ce chemin c’est devenir soi-même quelqu’un qui a un cœur de pauvre, quelqu’un qui pleure sur l’état d’un monde sourd à la Parole de Dieu etaveugle à ses merveilles. C’est devenir soi-même doux, bon pour les autres. C’est faire la paix autour de soi. C’est souffrir, bien sûr, avec ceux qui souffrent. Et savoir que ça en vaut la peine : ce que Jésus promet ici, c’est le Royaume de Dieu.

Le royaume de Dieu. On pourrait dire, aujourd’hui, la société de Dieu. La vie, collective, avec Dieu, en sa présence, en sa compagnie. C’est cela qui est promis à ceux qui ont un cœur de pauvre ou à ceux qu’ont fait souffrir parce qu’ils obéissent à Dieu. Ceux qui pleurent seront également en compagnie de Dieu : il les consolera lui-même. Les doux recevront la terre comme un don de Dieu. Et qu’est-ce que la terre reçue comme un don de Dieu, si ce n’est le Royaume lui-même ?

Ceux qui ont faim et soif d’obéir à Dieu, de justice, seront satisfaits : ils seront dans la justesse vis-à-vis de Dieu et de leur prochain. Dans la relation juste. Tout comme ceux qui sont bons pour les autres et pour qui Dieu sera bon. Tout comme les cœurs purs qui le verront et les artisans de paix qu’il appellera ses enfants. À chacun, Jésus révèle sa place dans la société de Dieu.

Tout cela, Jésus l’annonce sur la montagne afin que ceux qui l’écoutent aient un avant-goût du ciel. Ils s’y trouvent, déjà en quelque sorte, les hommes et les femmes venus l’écouter. Sur la colline, plus près du ciel, auprès de Jésus, comme autrefois les hommes et les femmes qui entouraient le Salomon. Lequel Jésus est assis au milieu d’eux comme il est aujourd’hui assis, nous dit la Bible, à la droite de Dieu. Jésus a amené là ses disciples pour leurs donner un avant-goût de la société de Dieu et nous inviter à y entrer à notre tour.

Car foi, c’est comme répondre à une invitation, quand bien même on ne saurait trop à quoi s’attendre. C’est se laisser inviter. Jésus lui-même, quelques pages plus loin, compare la société de Dieu, le fait d’être en sa compagnie, à un grand repas de fête. Une fête de mariage. C’est à cette fête que nous sommes invités. À cette table que Dieu nous attend. Et nous y seront en bonne compagnie : celle et ceux qui, dans un monde méchants, ont souffert d’espérer, contre toutes les apparences, contre tous les discours décourageants, que Dieu vaut la peine qu’on s’attache à lui et qu’on s’engage dans le monde en son nom.

C’est semble-t-il une montagne plus grande que cette colline où Jésus a amené ses disciples que nous avons à gravir ces temps-ci.

Ou alors, serait-ce que lorsqu’on se laisse inviter par Dieu, entraîné par lui, porté par son souffle, les plus hautes montagnes apparaissent en réalité comme des collines au sommet desquels, nous nous trouvons déjà en bonne compagnie, avec Dieu et ceux qui l’aiment, dans sa société ?

Auprès de Dieu, ne trouvons-nous pas une espérance qui nous permet de témoigner avec joie de son amour pour le monde ? Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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