Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
conseil.epusqy@gmail.com

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Bonjour à toutes et à tous,

Voici quelques lignes sur l’évangile de dimanche dernier. En attendant de vous retrouver, dimanche prochain à 10h30. Pensez à vous inscrire par retour de mail ou au 06 46 33 65 29 😉

Lecture

Alors les Pharisiens se réunissent. Ils cherchent comment prendre Jésus au piège en le faisant parler.

Ils envoient vers Jésus quelques-uns de leurs disciples avec des gens du parti d’Hérode. Ces gens-là disent à Jésus : « Maître, nous le savons, tu dis la vérité. Tu enseignes en toute vérité ce que Dieu nous demande de faire. Tu n’as peur de personne, parce que tu ne regardes pas l’importance des gens.

Dis-nous donc ce que tu penses : est-il permis ou non de payer l’impôt à l’empereur romain ? »

Mais Jésus connaît leur méchanceté et il leur dit : « Hommes faux ! Pourquoi est-ce que vous me tendez un piège ?

Montrez-moi l’argent qui sert à payer l’impôt ! » Ils lui apportent une pièce d’argent.

Jésus leur dit : « Sur cette pièce, il y a l’image et le nom de quelqu’un. De qui donc ? »

Ils lui répondent : « De l’empereur. » Alors Jésus leur dit : « Eh bien, rendez à l’empereur ce qui est à l’empereur. Et rendez à Dieu ce qui est à Dieu. »

Quand ils entendent cela, ils sont très étonnés. Ils laissent Jésus et s’en vont. (Matthieu 22,15-22)

Le recensement de Bethléem, préalable au paiement de l’impôt en question, le cens, par Brueghel l’Ancien.

Méditation

Les pharisiens veulent tendre un piège à Jésus. Les pharisiens sont les membres d’un mouvement de renouveau de la piété juive par l’observation de 613 commandements tirés de la Bible, qui est aussi un mouvement de résistance à l’occupation romaine et aux influences grecques dans la société.

Dans la littérature chrétienne, les pharisiens sont présentés comme des adversaires de Jésus. C’est le cas dans l’Évangile selon Mathieu, où ils représentent ceux qui s’attachent à la lettre de la loi religieuse plutôt qu’à son esprit. Les pharisiens sont ceux qui privilégient la forme sur le fond. Ceux qui ne voient que des commandements particuliers, et pas la règle d’or de l’amour qui préside à tous.

D’adversaires, il arrive qu’ils deviennent amis de Jésus. Dans l’Évangile selon Jean, on trouve un pharisien, Nicodème, parmi les premiers disciples de Jésus. Un autre pharisien célèbre, devenu chrétien, c’est Paul.

La littérature chrétienne n’est pas tendre avec les pharisiens, mais de tous les courants du judaïsme de l’époque, c’est bien du pharisaïsme que Jésus est le plus proche. C’est bien avec eux qu’il échange le plus. La question est de savoir comment interpréter la loi religieuse, la loi de Moïse. Les pharisiens proposent  donc d’établir une liste de 613 commandements à partir de la Bible, tandis que pour Jésus, un seul d’entre eux résume tous les autres : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ton intelligence. » Un commandement qui pour Jésus est synonyme de « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. »

Au passage, on considère de nos jours les pharisiens comme les ancêtres du judaïsme rabbinique actuel. Bien sûr, les confrontations, les persécutions du passé entre juifs et chrétiens ont laissées place au dialogue et à la rencontre, à un chemin de réconciliation, sur lequel il reste évidemment beaucoup à parcourir. Les protestants français peuvent s’inspirer de l’exemple de Calvin, qui avait un grand respect pour judaïsme, une grande compassion pour les juifs, à une époque où la haine des juifs était courante de la part des chrétiens.

Ici, quoiqu’il en soit, les pharisiens ont le rôle des méchants. Pour piéger Jésus, ils vont à sa rencontre accompagnés de représentants d’un autre groupe, les partisans d’Hérode  – le même roi Hérode II Antipas qui a assassiné Jean-Baptiste quelques chapitres plus tôt. Surtout Hérode ne doit son pouvoir qu’au bon vouloir des Romains.

Nous voyons donc les pharisiens, qui espèrent voir les romains partir, s’allier aux partisans d’Hérode, qui espèrent, eux, voir les romains  rester. Ensemble, font équipe pour essayer de disqualifier Jésus.

Pour ce faire, ils  demandent à Jésus s’il faut payer l’impôt à l’empereur de Rome. Si Jésus répond oui, comme les partisans d’Hérode, il passera pour un traître aux yeux du peuple qui souhaite être débarrassé des romains et qui subit l’impôt. Mais si Jésus répond non, comme les pharisiens, il passera pour un agitateur qui pousse le peuple à la révolte. Dans les deux cas, Jésus risque sa vie.

La réponse de Jésus, bien sûr, n’est ni oui ni non, mais : « Rendez à l’empereur ce qui est à l’empereur et rendez à Dieu ce qui est à Dieu ». Cela veut surtout dire : payez l’impôt comme les partisans d’Hérode, mais priez Dieu qu’il chasse les romains (c’est-à-dire, que le sauveur, le Messie, le Christ arrive et vous en libère).

Qu’on pense, au 20ème siècle, à tous les mouvements de résistance qui ont requis de leurs membres qu’ils se glissent dans la foule. Qu’on pense à la résistance à l’occupation allemande en France, ou aux luttes pour la fin de la colonisation française en Afrique et en Asie…

Lorsque Jésus dit « Rendez à Dieu ce qui est à Dieu », il annonce aussi sa mort et son retour à la vie. Seulement, s’il s’agit bien d’espérer la venue prochaine du Messie, celui-ci ne sera pas tout à fait comme les pharisiens l’espéraient. Car c’est bien lui, Jésus, le libérateur tant attendu. Contrairement à l’attente des pharisiens, il ne s’en prendra pas directement aux Romains (qui vont pourtant l’assassiner).

Mais par sa victoire sur la mort, Dieu dénonce à travers lui ce qu’il y a de pourri dans l’empire romain et dans tous les pouvoirs fondés sur la violence. Le pouvoir de l’empereur repose sur du sable, tandis que la puissance de Dieu, autrement dit l’amour, quand bien même il a pour nous toutes les apparences de la faiblesse, est source de vie pour l’humanité.

« Rendez à l’empereur ce qui est à l’empereur, rendez à Dieu ce qui est à Dieu », c’est ainsi : laissez la violence à l’état (ou au marché), et cultivez plutôt l’amour entre vous. Car dans l’amour, on peut bâtir des relations justes entre les êtres humains (c’est ce qu’on appelle la communion).

Le peuple de Dieu, c’est ainsi le peuple des hommes et des femmes libérés des Romains, des Égyptiens, de la peur, de la violence et de la mort. C’est le peuple des hommes et des femmes qui, confiants leurs vies à Dieu, choisissent de vivre aujourd’hui sur terre comme demain au ciel.

Dieu nous invite tous à faire partie de son peuple. Certains des disciples de Jésus, nous l’avons dit, étaient pharisiens. D’autres étaient romains. D’autres d’ailleurs encore. Que l’on soit juif où non-juif n’a pas d’importance : Jésus accueille tout le monde.

Bien sûr, quand Jésus nous invite à rendre à l’empereur ce qui est à l’empereur, il ne nous appelle pas bêtement à collaborer avec l’injustice – car l’impôt en question était un impôt injuste, pesant plus lourdement sur les pauvres (kēnson dans le texte, en français le cens, une taxe qui est la même pour tous). Souvenons-nous plutôt des paroles de Jésus sur la montagne : « Si quelqu’un vous fait du mal, ne vous vengez pas. Au contraire, si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre joue. Si quelqu’un veut te conduire au tribunal pour prendre ta chemise, laisse-lui aussi ton vêtement. Si quelqu’un te force à faire un kilomètre à pied, fais-en deux avec lui.  » C’est un appel à vaincre la méchanceté par l’amour. C’est  une manière de dire : « J’ai confiance en  Dieu  pour me libérer, je vais faire ce que toi, mon ennemi, tu m’as demandé. Mais toi, as-tu as ce point confiance en celui que tu sers ? Sinon, pourquoi ne pas devenir plutôt mon ami, en Christ ? ».

Cette confiance en Dieu, nous ne pouvons rien faire pour l’obtenir. Si ce n’est, nous laisser faire par Dieu. Laisser son Esprit nous conduire, dirait Paul. Laisser Dieu entrer dans nos vies et nous transformer. C’est lorsque nous résistons à son amour que nous devenons méchant. Or, ce n’est pas à son amour qu’il faut résister, nous dit Jésus, mais à l’empereur. Et le meilleur moyen de résister à l’empereur, c’est de nous laisser faire par Dieu, c’est de l’aimer, lui qui nous donne tout l’amour dont nous avons besoin chaque jour. Or justement, le meilleur moyen d’aimer Dieu, c’est souvent d’aimer son prochain, fusse-t-il notre ennemi.

Dieu nous appelle à l’amour entre nous. Et pour ce faire un seul moyen : nous laisser faire. Laisser son Esprit saint nous transformer, ne plus lui résister. Accepter enfin de rendre à Dieu ce qui est à Dieu. C’est-à-dire, nos vies.

Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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