Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
01 30 54 94 58
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Ézéchiel 18.21-32


21Si le méchant revient de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe toutes mes lois et pratique la droiture et la justice, il vivra, il ne mourra pas. 22Toutes les transgressions qu’il a commises seront oubliées; il vivra, à cause de la justice qu’il a pratiquée. 23Ce que je désire, est-ce que le méchant meure? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive?

24Si le juste se détourne de sa justice et commet l’iniquité, s’il imite toutes les abominations du méchant, vivra-t-il? Toute sa justice sera oubliée, parce qu’il s’est livré à l’iniquité et au péché; à cause de cela, il mourra. 25Vous dites: La voie du Seigneur n’est pas droite. Ecoutez donc, maison d’Israël! Est-ce ma voie qui n’est pas droite? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites? 26Si le juste se détourne de sa justice et commet l’iniquité, et meurt pour cela, il meurt à cause de l’iniquité qu’il a commise. 27Si le méchant revient de sa méchanceté et pratique la droiture et la justice, il fera vivre son âme. 28S’il ouvre les yeux et se détourne de toutes les transgressions qu’il a commises, il vivra, il ne mourra pas. 29La maison d’Israël dit: La voie du Seigneur n’est pas droite. Est-ce ma voie qui n’est pas droite, maison d’Israël? Ne sont-ce pas plutôt vos voies qui ne sont pas droites?

30C’est pourquoi je vous jugerai chacun selon ses voies, maison d’Israël, dit le Seigneur, l’Eternel. Revenez et détournez-vous de toutes vos transgressions, afin que l’iniquité ne cause pas votre ruine. 31Rejetez loin de vous toutes les transgressions par lesquelles vous avez péché; faites-vous un cœur nouveau et un esprit nouveau. Pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël? 32Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez.

Un être humain qui a commis les pires abominations à l’égard d’autrui, peut-il décemment être sauvé au même titre que nous ?

Voilà bien une question que nous nous posons parfois dans nos cœurs et dans nos vies de croyants. Surtout lorsque nous regardons le monde qui nous entoure. Et nous devons bien admettre que notre monde a parfois, et même souvent, un aspect plutôt désastreux, révoltant et criant d’injustice, et ce presque toujours à cause des êtres humains.

Alors bien sûr la question du salut de l’autre, de celui qui a tué, volé, spolié, soumis, oppressé, torturé, tourmenté, violenté, menti, détourné, pour ne citer que ces horreurs-là, se pose parfois à nous. Et ce d’autant plus que même pour nous, le salut reste finalement assez souvent un point d’interrogation. Savoir ce qu’il est, ce qu’il signifie et ce qu’il représente n’est pas d’emblée évident, au point d’ailleurs que certains théologiens ont, par le passé, proposé une doctrine du salut par les œuvres.

Mais si, en plus, un prophète, Ézéchiel, nous affirme que le méchant peut être sauvé et qu’un juste peut être condamné alors là, la question devient vraiment difficile. Révoltante même.

Imaginer qu’un individu ayant commis un des pires crimes contre l’humanité, ayant volontairement entraîné la mort de dizaines et de dizaines (pour ne pas dire de centaines ou de milliers) d’êtres humains dans des conditions atroces, puisse avoir sa part au salut alors qu’un autre ayant vécu toute sa vie au plus proche de la Parole, au plus proche de l’autre et s’étant égaré une seule fois puisse être condamné, cela nous est tout à fait insupportable et nous semble vraiment injuste. Pour un peu nous aurions presque du mal à croire que nous parlons bien du même Dieu. Car celui que nous confessons est un Dieu d’amour, un Dieu de très grande miséricorde, un Dieu qui accepte l’homme pécheur et donne un prix inestimable à sa vie, puisqu’Il nous a donné son Fils comme Sauveur.

Et pourtant, malgré l’aspect révoltant et inconcevable de cette parole, c’est bien ce que semble nous dire le prophète Ézéchiel : que chacun sera jugé selon ses voies, non pas au regard de ce qu’il a fait ou pu faire par le passé, mais au regard de ce qu’il est au moment où Dieu le saisit ; que le méchant pourra avoir sa part de salut et le juste être condamné s’il dérape. De tout ce que nous aurions pu faire par le passé que ce soit digne d’un « super chrétien » ou d’un mécréant, rien ne serait donc retenu au jour du jugement ? Alors oui, vraiment, cette parole est insupportable, elle nous dérange, et remet en cause certaines de nos certitudes. Et, autant mettre en cause le salut de celui qui a porté atteinte à l’humanité est une chose envisageable, autant mettre en cause notre salut, c’est difficile, voire inacceptable.

Nous pourrions donc tenter de l’occulter en nous disant qu’il faut remettre les choses dans leur contexte, que lorsque Ézéchiel annonce cette réalité, Israël vit une période difficile de son histoire. Israël, chassé de Jérusalem, est exilé en terre païenne, entouré d’idoles et d’idolâtres tous plus séduisant les uns que les autres et se laisse détourner de Dieu devant l’attrait de l’argent, de la richesse, du pouvoir ou de la reconnaissance. Nous pourrions nous dire qu’après tout cette parole ne s’adresse pas à nous, d’autant plus que nous, nous sommes chrétiens, certains depuis des générations et des générations, certains parce qu’ils ont reçu le baptême, d’autres parce qu’ils l’ont confirmé ! Nous pourrions nous rassurer d’une multitude de façons, mais alors c’est là que nous nous tromperions…

Car si Ézéchiel s’adresse bien au peuple d’Israël, ses propos ont sans aucun doute un écho puissant pour nous aujourd’hui. Rappelons-nous, Israël est le peuple avec lequel Dieu a conclu une alliance et ce bien avant la naissance d’Ézéchiel. Ce peuple a donc la certitude que quoiqu’il advienne Dieu sera là pour lui comme Il était là pour la sortie d’Égypte. Ce peuple était convaincu que par son statut, par ses offrandes et ses cultes réguliers, il était naturellement dans la grâce de Dieu. Or si les paroles du prophète s’adressent à ce peuple, s’il lui annonce que chacun sera jugé selon ses voies, s’il lui demande dans une prière de revenir à Dieu, c’est bien parce qu’appartenir à un peuple depuis des générations et des générations ne suffit pas. Être circoncis, être baptisé, avoir été confirmé tout cela ne suffit pas. Ce qu’il faut pour

Dieu c’est que l’homme se convertisse encore et toujours, c’est que l’homme reconnaisse que vivre sans Dieu c’est mourir. Car vivre devant Dieu, ce n’est pas se convertir une fois pour toute, et se laisser tranquillement porter par la vie, persuadé que tout le travail a déjà été fait, mais au contraire vivre devant Dieu c’est accepter l’exigence d’une conversion perpétuelle, c’est-à-dire la reconnaissance toujours à faire que le cœur de nos existences n’est pas en nous, mais que notre fondement est en Dieu.

Se convertir, c’est accepter de ne plus vouloir se justifier par ses propres moyens, mais savoir saisir un impératif éthique lorsqu’il se présente à nous, même si cela atteint notre image sociale. Or nous nous rendons bien compte qu’il est bien plus facile de se cacher derrière une généalogie ou un baptême. Il est très facile de se laisser bercer par le doux ronron de l’habitude et de ne plus se questionner, de ne plus se laisser bousculer par la parole, de ne plus se remettre en cause et de se laisser aller à la tentation de se justifier par ses propres moyens, et ce même en s’affirmant chrétien !

Il est très facile de tomber dans le travers que le prophète dénonce et de se détourner involontairement de Dieu. Très facile d’oublier ce qui nous fait vivre. Le tourbillon du temps, les agendas qui se remplissent malgré les circonstances difficiles de la rentrée en cette époque de pandémie, les activités à droite et à gauche, le sport, la musique, les réunions … qui auront peut-être lieu … ou pas … tout cela occupe tant d’espace que le « vivre avec Dieu », devient un réflexe plutôt qu’une réflexion. Alors il en faut peu pour glisser vers la tentation de s’assurer soi-même de nos vies, même si cette tentation n’est qu’éphémère. Il en faut peu pour que nous nous laissions porter par les habitudes et oublions ce qui doit être notre fondement. Il en faut peu pour déraper et se détacher de cette confiance que nous avons mise un jour en Dieu. Et nous risquons facilement de passer du statut de « juste » au statut de « juste qui se laisse séduire », qui s’éloigne de son Dieu. Alors, de « juste » nous passons au statut de méchant. Mais nous avons maintenant une certitude, c’est que pour peu que nous nous convertissions de nouveau, Dieu nous accueille tel que nous sommes et sans retenir quoique ce soit de nos dérapages. Il nous accueille dans sa grâce et n’attend que retour que notre foi.

Finalement il faut bien l’admettre, savoir que rien n’est retenu pour ou contre nous, savoir que le méchant qui se repend peut avoir sa part de salut et le juste qui dérape et reste dans cette nouvelle voie peut être condamné n’est plus aussi douloureux à entendre. Au contraire même cela devient une bonne nouvelle car Dieu juge certes, mais celui qui se convertit, celui qui met sa confiance en lui, Il l’accueille tel un père qui attendait le retour de son enfant. Il l’accueille dans la joie, l’amour et la réconciliation.

Amen

Merci à Martine Durin pour la prédication de ce dimanche.

La même prédication est lue au culte en présentiel de ce matin au temple, présidé par Mathieu Lepetit avec une liturgie préparée par lui.

Bon dimanche et bonne semaine

Bien fraternellement,

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