Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
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La lettre de Paul aux Romains, chapitre 13, les versets 8 à 10 : 

N’ayez de dette envers personne, si ce n’est de vous aimer les uns aux autres. Celui qui aime les autres a obéi complètement à la Loi.  

En effet, les commandements « Tu ne commettras pas d’adultère, tu ne commettras pas de meurtre, tu ne voleras pas, tu ne convoiteras pas », ainsi que tous les autres, se résument dans cette seule parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »  

Celui qui aime ne fait aucun mal à son prochain. En aimant, on obéit donc complètement à la Loi. 

Seigneur, ta Parole est une lampe à nos pieds, une lumière sur notre chemin. Amen. 

Prédication 

C’est la « saison de la création » (https://www.egliseverte.org/actualites/saison-de-la-creation-2020-2/) Lorsqu’on parle de création, de quoi parle-t-on ? La création, c’est tout simplement l’ensemble de ce que Dieu a fait : c’est tout ce qui nous entoure et c’est chacun de nous. Souvent, lorsqu’on pense à la création, on pense à la nature, aux arbres, à la verdure, aux paysages. À des choses extérieures à nous-même. En réalité, la notion de création, dans le christianisme, est plus large que ce qu’on entend souvent par nature

On appelle création tout ce que Dieu a fait : « Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre ». C’est le premier verset de la Bible. Créer, dans la Bible hébraïque c’est faire, mettre en forme, comme le potier qui modèle l’argile ou le scribe qui taille le roseau qui lui permettra de mettre par écrit les merveilles de Dieu.  

La création, Dieu demande aux êtres humains de la dominer. Toujours au début de la Bible : « Remplissez la terre et dominez-la ». La terre, erets, au livre de la Genèse, c’est, comme en français, le sol mais aussi le monde entier, avec ses habitants. C’est un verset qui fait couler beaucoup d’entre, aujourd’hui encore. On veut parfois y voir la source de l’attitude destructrice de l’occident vis-à-vis de la nature. De fait, kabash en hébreu, c’est bien dominer, maîtriser, mater, assujettir, soumettre. C’est le même verbe qui est utilisé pour décrire la conquête du pays de Canaan par les Israélites. 

« Dominez la terre ». Mais est-ce réellement un encouragement de la part de Dieu à abîmer la création ? Ce serait oublier deux choses : la première, encore une fois, c’est que la création n’est pas la nature séparée de l’être humain. La création, c’est tout ce qui existe grâce à la bonté de Dieu. Chacun de nous est donc membre à part entière de la création. Dès lors, c’est également (et peut-être d’abord) nous-même qu’il nous faut maîtriser. Après tout, la maîtrise de soi, le self-control, est un des fruits de l’Esprit saint, dans la Bible (Galates 5).  

Dès lors, habiter la création, cela s’apprend, en demandant à Dieu de remplacer nos pensées superficielles par son Esprit saint, nos paroles sans intérêts par sa Parole qui donne la vie. C’est bien sûr un apprentissage au quotidien, en compagnie de Jésus. 

La seconde chose qu’il serait dommage d’oublier c’est que Jésus nous a appris que la conquête de la terre promise consiste moins à faire la guerre à des peuples qu’à aimer notre prochain. La terre promise, pour nous autres, ce n’est pas le pays de Canaan de l’antiquité, c’est le Royaume de Dieu, qui est là, au milieu de nous. Dès lors, de même que Jésus par sa mort sur la croix et son retour à la vie nous a montré que la toute-puissance de Dieu a souvent, dans un monde méchant, les apparences de la faiblesse, de même, lui, le maître de tout ce qui existe, nous a montré qu’avoir la maîtrise de quelque chose, être maître de soi et du monde qui nous entoure, et bien, cela se fait à son image, en aimant, rien qu’en aimant. 

Or ce n’est pas l’amour qui guide notre monde. Ce sont des logiques de compétitions entre les états, les entreprises et les personnes. Par bonheur, la graine de l’amour a tout de même était plantée, ce qui aboutis à ce qu’aujourd’hui on valorise un peu plus qu’avant la coopération entre les institutions ou entre les personnes, à ce qu’on réalise que la nature est moins faite de compétition pour la survie que de recherche perpétuelle de l’équilibre. Il faut bien reconnaître qu’on est encore loin du but, mais nous savons quel chemin prendre pour aller dans la bonne direction : ce chemin, c’est le Christ. 

Ce matin, Paul (le premier écrivain chrétien) nous appelle à ne pas avoir de dettes. Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette notion qu’on appelle la « dette écologique ». Il s’agit-là plutôt d’une dette « morale ». L’humanité consomme chaque année l’équivalent d’une fois et demie les ressources de la planète terre. Cela signifie que nous consommons plus de ressources que la terre est capable d’en produire. Et nous en consommons de plus en plus, de plus en plus vite, allant jusqu’à mettre en péril la possibilité de la vie humaine sur terre. 

Pour Paul, la seule dette qu’il est bon d’avoir est celle de l’amour. Plutôt que de creuser notre dette vis-à-vis de la terre, il nous invite à changer notre mode de vie et à rembourser cette que nous avons déjà, depuis plus longtemps encore, vis-à-vis de chaque être humain. Une dette d’amour, que nous ne parviendrons jamais à la rembourser. C’est justement pour cela que tout rentrera dans l’ordre : parce que nous ne cesserons pas d’aimer. Nous continuerons de vivre en sachant que nous devons de l’amour à tous ceux qui nous entourent. Aucun de nous n’a suffisamment d’amour en lui mais il peut demander à Dieu l’amour qui lui manque. C’est cela prier. 

C’est une belle image que celle de la dette d’amour. Elle dit bien que l’amour dont il est question dans la spiritualité chrétienne n’est pas d’abord un sentiment. On peut aimer son prochain sans avoir d’affection pour lui. Mais même sans affection, on peut faire pour lui ce que nous voudrions qu’il fasse pour nous. L’amour, la bonté, la douceur… sont des qualités morales plus que des sentiments. Ainsi, il ne faut pas hésiter à demander à Jésus de nous donner ces fruits de l’Esprit

Paul cite Jésus en disant : « Aime-ton prochain comme toi-même ». Chez Matthieu, Jésus dit aussi : « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. » C’est cela l’amour. 

Aimons donc la création. Aimons l’humanité, d’autant plus que c’est Dieu qui nous donne l’amour dont nous avons besoin pour payer notre dette envers notre prochain. Ainsi, nous ne manquerons jamais de quoi aimer. Ainsi nous pourrons habiter la création, dans la simplicité de l’amour et la joie de la communion avec Dieu et notre prochain, comme Jésus nous l’a montré par sa vie, sa mort et son retour à la vie. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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