Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
01 30 54 94 58
conseil.epusqy@gmail.com

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Lecture (Matthieu 16, 21-26)

À partir de ce moment, Jésus-Christ commence à annoncer clairement à ses disciples : « Il faut que j’aille à Jérusalem. Je vais beaucoup souffrir à cause des anciens, des chefs des prêtres et des maîtres de la loi. Ils vont me faire mourir. Et le troisième jour, je me réveillerai de la mort. »

Alors Pierre prend Jésus à part et il se met à lui faire des reproches. Il lui dit : « Seigneur, que Dieu te protège ! Non, cela ne t’arrivera pas ! »

Mais Jésus se retourne et il dit à Pierre : « Va-t’en ! Passe derrière moi, Satan ! Tu es en train de me tendre un piège. En effet, tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les hommes ! »

Ensuite Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir avec moi, il ne doit plus penser à lui-même. Il doit porter sa croix et me suivre.

En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra. Mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera.

Si une personne gagne toutes les richesses du monde, mais si elle perd sa vie, à quoi cela lui sert-il ? Qu’est-ce qu’on peut payer en échange de la vie

Méditation

Jésus repousse Pierre : « Va t’en ! Passe derrière-moi, Satan ! » Quelle parole a bien pu échapper Pierre pour que Jésus se fâche ainsi ? Il a nié que Jésus puisse souffrir et être assassiné : « Cela n’arrivera pas ! ». En soi, il n’y a là rien de scandaleux. Lorsque nos amis broient du noir, nous essayons de leur remonter le moral. Seulement, l’ami de Pierre est également « le Messie, le Fils du Dieu vivant », un libérateur venu du ciel, l’espoir de tout le peuple juif.

Mais pourquoi Jésus hausse-t-il le ton ? Parce qu’imaginer que le Messie ne puisse succomber à la violence va à l’encontre de tout ce que Jésus est venu nous apprendre sur Dieu. Jésus appelle Pierre « Satan », qui est la façon dont les juifs du temps de Jésus désignaient le mal, en le personnifiant. Satan est constamment en train d’essayer d’égarer les humains. Pierre était sur le bon chemin, juste avant cet épisode, Jésus se réjouissais qu’il voit en lui le Messie : « Simon, fils de Jean, tu es heureux. En effet, ce n’est pas une personne humaine qui t’a fait connaître cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. »

Quelque temps après, Pierre n’est plus si inspiré. Ses pensées ne viennent plus de Dieu, mais de Satan. Par bonheur, Dieu est toujours à la recherche de ceux qui se perdent : Pierre sera finalement le témoin de bien des choses merveilleuses. Mais pour le moment, il se méprend sur Jésus.

C’est une bonne chose de reconnaître en Jésus le Messie, mais cela n’est rien si l’on se trompe quant à sa mission, qui est de faire éclater au grand jour la méchanceté du monde en même temps que le chemin de vie qui passe à travers elle. Si Jésus appelle Pierre « Satan », c’est parce que l’alternative est celle d’un Messie violent qui fait advenir le Royaume de Dieu par la force et non par l’amour.

Au passage, nous pouvons être reconnaissants aux premiers chrétiens de nous avoir transmis le récit de leur cheminement avec Jésus avec tout ce qu’il a comporté d’incompréhensions, de doutes ou d’égarements. Nous pouvons ainsi nous reconnaître en Pierre en ce qu’il exprime là un blocage que beaucoup de personnes ont avec Dieu, qui survient lorsque nous nous figurons sa puissance sur un mode despotique, à l’image des rois des temps anciens, sans percevoir que sa puissance est amour. L’amour a dans notre monde toutes les apparences de la faiblesse, il y est tenu pour telle. « Heureux les doux ! » : on n’imagine pas un chef d’état s’exprimer de la sorte. « Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, tends-lui aussi l’autre joue. » : on voit mal un ministre de l’intérieur conseiller une telle chose.

Dieu pour sa part aime le monde d’un amour passionné, c’est-à-dire, au point d’en souffrir et même, au point d’en mourir. Jésus nous aime à en perdre la vie. Il nous fait découvrir que, dans sa faiblesse apparente, l’amour est plus fort que la mort (« Je me réveillerai de la mort ! ») tandis que tout ce qui nous semble solide (comme l’étaient les pierres du temple de Jérusalem) ne durera pas

Pour la deuxième fois chez Matthieu, Jésus annonce alors ce retournement : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra. Mais celui qui perdra sa vie à cause de moi, la retrouvera.» Le sens de ce verset est plus clair si l’on se penche sur le vocabulaire employé. Lorsque Jésus parle de la vie, il utilise le mot psuché, qui a donné « psychique » ou « psychologie », en français…

La psuché c’est le souffle, on dira plus tard l’esprit ou l’âme. Autrement dit, c’est, au-delà de de notre corps, la manière dont nous vivons, guidés par des pensées qui ne sont pas celles de Dieu. C’est la vie dans un esprit vain, plutôt que dans l’Esprit saint. « Passe derrière-moi ! » lance-t-il donc à Pierre. Jésus nous invite à laisser cette vie-là et à vivre dans le bon Esprit (on l’appelle alors zóé, en grec).

Ce n’est pas la première fois que Jésus tire Pierre des eaux dans lesquels il s’enfonçait. L’appel à la vie de Jésus, c’est un appel à la liberté. À lever l’ancre de notre égo, de nos désirs manipulés par d’autres (les publicitaires, les démagogues, les faux prophètes…) et à laisser le souffle de Dieu gonfler nos voiles. C’est dans cet esprit renouvelé que nous apprenons à connaître Dieu, à nous connaître nous-même et à connaître les autres, à habiter la terre. La vie est alors communion avec Dieu et notre prochain, au cœur de la création. Elle est vie non plus derrière, mais devant lui. Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

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