Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
01 30 54 94 58
conseil.epusqy@gmail.com

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Lecture

Ensuite, Jésus quitte cet endroit et il va dans la région de Tyr et de Sidon.

Une femme de cette région, une Cananéenne, arrive. Elle se met à crier : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! Ma fille a un esprit mauvais en elle, elle va très mal. »

Mais Jésus ne lui répond pas un mot. Ses disciples s’approchent de lui et lui disent : « Fais partir cette femme ! Elle n’arrête pas de crier derrière nous ! »

Jésus répond : « Dieu m’a envoyé seulement pour les gens d’Israël, qui sont comme des moutons perdus. »

Mais la femme vient se mettre à genoux devant lui en disant : « Seigneur, aide-moi ! »

Jésus lui répond : « Ce n’est pas bien de prendre la nourriture des enfants et de la jeter aux petits chiens. »

La femme lui dit : « Seigneur, tu as raison. Pourtant, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »

Alors Jésus répond à la femme : « Ta foi est grande ! Que les choses se passent pour toi comme tu le veux ! » Et au même moment, sa fille est guérie.

Méditation

Si nous avions à réécrire aujourd’hui cette histoire, nous la présenterions ainsi :

Une femme de cette région, arrive. Elle se met à genoux devant Jésus en criant : « Seigneur, Fils de David, aie pitié de moi ! Ma fille a un esprit mauvais en elle, elle va très mal. »

Alors Jésus répond à la femme : « Ta foi est grande ! Que les choses se passent pour toi comme tu le veux ! » Et au même moment, sa fille est guérie.

Seulement, dans le récit biblique, notre amie affronte d’abord le silence du Seigneur, avant d’essuyer son refus.

Le grec de la Bible appelle la femme « canaanite », qui est souvent traduit par « phénicienne » ou « syro-phénicienne », c’est-à-dire issue d’un peuple adorant d’autres dieux que le Dieu d’Israël. En fait, c’est même un peuple maudit du point de vue des juifs (Genèse 9,23). A priori, elle est très loin de Dieu, à tel point que, lorsqu’elle crie vers Jésus, celui-ci ne lui répond pas. Ses disciples lui demandent même de la chasser : elle vient pourtant demander la guérison de sa sœur.

Jésus ne lui adresse la parole que pour la faire s’en aller : Il n’est pas là pour elle, mais pour « les moutons perdus d’Israël ». Elle insiste (« Aide-moi ! »), mais : « Ce n’est pas bien de jeter la nourriture des enfants aux chiens » La lumière jaillie sur cette scène lorsque la femme répond à Jésus qu’elle demande à avoir les miettes dont les autres ne veulent pas. Jésus s’illumine alors : « Que les choses se passent comme tu veux ! » Et sa fille est guérie.

Prier, c’est d’abord insister. Il s’agit de nouer un dialogue avec Dieu. Confronté à son silence, on peut être tenté de vite tourner les talons, mais Dieu nous entends, toujours. Dans cette histoire, Jésus reste muet, mais la femme ne s’en va pas pour autant. Elle reste en sa présence suffisamment longtemps pour entendre sa réponse, aussi décevante soit-elle (« Dieu m’a envoyé seulement pour les gens d’Israël »).

Avant de répliquer, la Canaanite s’agenouille. Prier, c’est insister et, dans cette insistance, trouver sa place dans l’univers vis-à-vis de Dieu. Pas besoin de long discours : « Aide-moi ! » suffit lorsqu’on prie avec respect. Car prier c’est un acte d’humilité par lequel nous rencontrons Dieu sur la glaise même dont il nous a tiré.

Après quoi, Jésus ne donne toujours pas la réponse attendue (« Ce n’est pas bien de jeter la nourriture aux petits chiens… »). Mais ce à quoi nous assistons là est tout aussi précieux : c’est le nouement véritable du dialogue entre Jésus est la femme. Jésus lui-même fait preuve d’humilité : il cite un proverbe dont le sens est clair pour elle. Cette dernière n’a plus alors qu’à faire sienne cette parole de Jésus, à la reformuler avec confiance pour sa propre vie, pour que le miracle advienne.

Prier, c’est aussi prier pour les autres et en être changé. Lorsque nous disons le Notre Père, la prière que Jésus nous a apprise, nous prions d’abord pour Dieu lui-même (« Que ton nom soit sanctifié ! ») et pour le monde entier. Donne-nous, pardonne-nous, délivre-nous… Le « nous » en question est pour tous nos frères et sœurs en humanité !

Dans ce chemin d’humilité, la personne de chacun est respectée. Lorsque je dis le Notre Père, c’est en me tournant vers Dieu et les autres que j’entre personnellement en relation avec Dieu. Dans le récit de ce matin, la femme est bénie dans son amour pour sa sœur, mais aussi pour les autres, ces enfants d’Israël dont elle ne revendique pas la part. À Dieu, elle ne demande pas la nourriture des juifs, mais les miettes. Ce faisant, elle fait confiance à Dieu pour donner à chacun ce dont il a besoin. Parce qu’elle a demandé les miettes, elle est admise au festin de Dieu. Avec Dieu, les miettes, c’est déjà beaucoup !

Cette leçon nous est donnée au travers d’une histoire poignante et heurtée car prier, c’est enfin une urgence. Lorsque nous sortirons de la crise sanitaire qui touche le monde entier, souvenons-nous des miettes que Dieu nous appelle à partager entre nous, en Église, dans la prière collective. Le bout de pain que nous mangerons à cette occasion aura alors du sens, car nous ne le ferons pas pour nous, mais pour le monde. Un geste d’amour gratuit, non pour notre salut, mais pour celui du monde. Et c’est par cet acte gratuit, emprunt de générosité, que chacun de nous trouve sa place dans l’univers que Dieu a créé.

En attendant, chacun peut faire comme la femme de cette histoire : faire confiance à Dieu pour lui donner ce qu’il veut ! Ce qu’il veut vraiment.

Que voulons-nous, au plus profond de nous-même ?

Amen.

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