Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
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Présidente du conseil presbytéral :
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Matthieu 13:24-30

“Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.  Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l’arracher ? Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. »

Un peu partout où nous regardons, nous détectons l’action du Diable. Dans certains domaines comme la politique, la finance, cela n’est pas surprenant. On s’y attend moins à l’intérieur de l’église et pourtant là aussi, subtilement, le malin sait créer des divisions dans la conception que nous avons de notre vie de paroisse : certains trouvant nos cultes ringards, d’autres par contre les jugeant trop modernes et éloignés de la tradition. Certains souhaitent la prédication au centre du culte, d’autre la prière ou les chants ou encore la cène comme instant le plus important, bref, le diable n’est pas à cours d’idée quand il s’agit de semer la zizanie. Tiens, au fait, la zizanie, c’est le nom de l’ivraie en Grec.

L’Ivraie dont parle Jésus c’est une mauvaise herbe, parente du blé, toxique qui en quantité assez faible (à partir de 11%) rend la récolte de blé inutilisable. On comprend donc facilement que pour un paysan, même en très mauvais termes avec son collègue voisin, c’est un acte d’une brutalité extraordinaire que de semer de l’ivraie dans un champ qui vient d’être ensemencé en blé, cela peut conduire à une brouille irréparable. Ce ne serait pas humain, mais diabolique.

Jésus, Lui, va supporter avec patience cette violence, cette humiliation, suscitant ainsi l’incompréhension des ouvriers à qui Il interdit d’arracher l’Ivraie quand elle apparait au milieu du blé.

Si Jésus en a la force, c’est qu’il sait déjà qu’en fin de course, en dépit de sa solitude, de son rejet par la société et de sa souffrance, au troisième jour de Pâques, Il aura finalement et définitivement vaincu le diable et ses œuvres

C’est surprenant, n’est-ce pas, d’entendre dans notre parabole Jésus dire à ses ouvriers : Laissez les deux pousser ensemble, en arrachant l’Ivraie vous pourriez aussi détruire le blé. Avec notre bon sens, nous serions plutôt de l’avis des ouvriers de commencer la lutte tout de suite contre l’ennemi, car ils ont peur, en fin de compte de perdre toute la moisson. Cette peur nous parait du reste justifiée, d’autant plus que dans l’autre parabole du semeur qui précède la nôtre, Jésus parle de ce grain qui est étouffé par les ronces, les épines et les chardons et qui ne parviendra pas à maturité. Autant nous comprenons le point de vue des ouvriers, autant il nous est difficile de faire nôtre la position de Jésus.

Il en est de même pour les disciples qui, dès qu’ils vont se retrouver seuls avec Jésus vont Lui demander ce que, diable, Il a bien voulu dire. Cet ordre de Jésus de laisser les deux pousser ensemble, dépasse leur entendement humain et c’est aussi vrai qu’aucun paysan, aucun jardinier, aucun responsable de foyer ou de groupe ne serait prêt à suivre l’ordre de Jésus, de laisser, les bras croisés, les deux pousser ensemble par peur de la contagion ; de même quand vous avez une pomme gâtée dans un cageot, vous la retirez tout de suite pour qu’elle ne contamine pas les autres.

Dans toutes les écoles d’agriculture, le premier commandement est d’éliminer les mauvaises herbes le plus tôt possible, quitte à employer des produits chimiques parfois dangereux pour l’homme. Arracher la mauvaise herbe est dans notre ADN ; pas un jardinier ne peut passer dans son jardin devant une mauvaise herbe sans l’arracher. Le problème est que cette logique se retrouve également quand le nettoyage concerne les humains. Il n’y a rien de plus populaire que de mettre au grand jour les méfaits, les délits, les scandales, les illogismes des autres. Dans tous les pays il existe des médias spécialisés dans ce type de sport et cela fait croitre en permanence la passion de purification dans la société. L’holocauste en est un des plus parlant exemple ou tout un peuple, voire plusieurs peuples ont été convaincus facilement par leurs dirigeants de l’urgence de purifier leur société en éliminant les juifs. C’est effrayant de voir, à l’échelle d’une nation à quelles atrocités peut conduire cette soif de purification. On trouve toujours quelqu’un à éliminer : pour les uns se sont les bolchéviques, pour d’autres se sont les palestiniens qui eux voudraient anéantir les israéliens, sans parler de tous ceux qui verraient bien éradiquer tous les terroristes la liste est interminable. C’est l’attitude des ouvriers de la parabole, c’est celle de l’homme de la rue, c’est la nôtre aussi.

Et puis il est venu sur terre un homme plutôt discret, pacifique, qui prêchait l’amour plutôt que la violence. Il était venu car il y avait sur terre parmi les hommes, beaucoup de mauvaises herbes, mais Il interdira vigoureusement cette passion de la purification impitoyable. Cette mission Il la poursuivra jusque sur la croix en disant : non ne désherbez pas, attendez, espérez, supportez, c’est de cette façon que vous maitriserez le mieux la mauvaise herbe. Là s’arrête la compréhension des disciples et sans doute la nôtre aussi. La logique humaine dirait que pour que le blé ne soit pas perdu, il faudrait désherber., mais Jésus dit exactement le contraire : « si vous désherbez, vous risquez de détruire aussi le blé » De toute évidence ce qui est vrai dans l’agriculture et les jardins ne l’est pas dans le royaume de Dieu.

On pourrait presque prendre peur de ces directives que nous donne nôtre sauveur tant sa logique d’action est guidée par la générosité et la patience, pas vraiment nos moteurs dans la vie courante ; comment comprendre la position de Jésus.

Jésus fonde son interdiction sur trois motifs :

Premièrement : l’arrachage est presque toujours un glaive à deux tranchants ; dans le désherbage, il y a toujours un risque pour le désherbeur, comme du reste pour l’agriculteur qui répand du glyphosate. Les exemples dans l’histoire ne manquent pas.

Nous avons évoqué précédemment l’holocauste ; il a causé une perte énorme de connaissance, de culture et de développement scientifique en Allemagne du fait de l’exode de très nombreux intellectuels, artistes ou savants juifs vers les États-Unis qui ont en bien profité.

En France ou en Espagne, la tempête de l’inquisition a privé pour très longtemps ces deux pays de forces vives de qualité que représentaient les protestants qui se sont exilés en Suisse, en Italie ou en Prusse.

Robespierre qui avait éliminé tant de gens a finalement lui aussi été victime de ses actions violentes.

On pourrait continuer longtemps la liste de ces exemples, mais ceux-là démontrent bien que l’action d’arracher ne nuit pas qu’à la mauvaise herbe ; dans le domaine de l’humanité, la machine à désherber est aussi un instrument dangereux pour celui qui s’en sert. C’est une première bonne raison pour écouter le sage conseil de Jésus.

La deuxième bonne raison est que cette pratique d’éliminer un groupe différent de celui auquel on appartient implique l’autojustification ; c’est probablement le risque le plus dangereux que court le désherbeur.

Désherber, arracher la mauvaise herbe, cela peut facilement conduire à oublier ce qui nous fait vivre nous-même, oublier que tous, sans exception, nous vivons de la grâce et du pardon de Dieu ; imaginez un instant que Jésus revienne sur sa position et qu’il arrache la mauvaise herbe sans attendre la moisson finale ; cela signifierait qu’au moindre manquement, nous serions éliminés sans même avoir le temps de nous repentir et de nous convertir à un mode de fonctionnement meilleur. La terre serait vite dépeuplée.

Vouloir éliminer les autres, c’est oublier à quel point soi-même on est dépendant de la grâce de Dieu, c’est s’autoproclamer ‘juste’ sans avoir besoin de l’intervention de Jésus ; non seulement il y a dans une entreprise d’élimination une part très importante d’un orgueil aveuglant, mais il y a aussi la prétention de s’être rendu soi-même propre par cette action.

Ces deux raisons de suivre l’ordre de Jésus seraient en soi déjà suffisantes , mais il en existe une troisième, à savoir notre incapacité à distinguer vraiment le bien du mal et si malgré le veto de Jésus nous nous décidons quand même à désherber, le risque est grand de se tromper Avons-nous la capacité de distinguer l’ivraie du bon grain ou bien sommes nous comme ces petits enfants qui dans un potager, arrachent les légumes et laissent en place les mauvaises herbes et ceci d’autant plus que très souvent ces mauvaise herbes ont des fleurs bien plus jolies que le blé, ce qui peut les induire en erreur.

Non seulement Jésus, pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, nous interdit l’arrachage, mais de surcroit, il pense que nous ne sommes pas capables de suffisamment de discernement. Personne n’est à l’abri d’une telle erreur. Nous évoquons volontiers dans notre église l’inquisition parce que c’est nous qui en ont été victimes, mais on peut trouver du coté des protestants des exemples semblables comme le procès de Jean Servet à Genève ou la révolte des paysans en Allemagne ou les grands fondateurs de notre religion ont montré leurs limites. De même Zwingli a pris la responsabilité de ne pas empêcher le massacre des anabaptistes à Zürich.

Mais l’exemple le plus flagrant dans l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de cet homme doux et bienveillant, dont l’action n’a été que de guérir et de consoler ceux qui en avaient besoin et que les religieux de son époque ont classé dans les mauvaises herbes, condamné en qualité de plante toxique, torturé et crucifié. : Jésus, notre sauveur, le confondre avec une herbe dangereuse ; cet égarement a démontré pour tous les temps l’incapacité de l’homme à juger.

Il reste un dernier point à aborder.

Jésus en nous interdisant de désherber a-t-Il voulu dire qu’il ne fallait pas distinguer le bien du mal ou au minimum essayer de les distinguer en notre âme et conscience. Certes non, c’est même un devoir fondamental du chrétien de porter au jour les injustices, les crimes contre l’humanité, les comportements égoïstes, en un mot, tout ce qui n’est pas compatible avec l’enseignement du Christ. La justice humaine est bonne et nécessaire pour permettre une vie de société mais Jésus nous avertit : qu’au moment du jugement dernier, qui en fait est le thème de cette parabole, même si celui-ci n’est pas expressément mentionné, nous n’aurons pas notre mot à dire, le tri, ce sera l’affaire des moissonneurs, des anges, créatures célestes qui seront spécialement investis pour cette tâche.

Vous qui souhaitez la justice, vous ne serez pas déçus, la justice arrivera, mais cette justice n’est pas la nôtre.

Jésus est venu sur terre pour faire triompher la justice, une justice qui n’est pas impitoyable mais marquée par la clémence, le pardon et la compassion comme elle nous a déjà été rendue du haut de la croix.

Nous avons à combattre le mal sur la terre, mais pas à vouloir jouer le rôle de juges appliquant des peines.

C’est une proposition extraordinaire de Jésus de juger sans violence ni rancœur mais pardon et clémence avec la possibilité jusqu’au dernier moment, avant que les anges ne fassent le tri, de nous repentir et de nous convertir.

Cette promesse de pardon, l’important est de l’accepter ce qui implique de la pratiquer envers ceux que nous estimons être dans l’erreur

Il n’est pas évident que nous saisissions cette promesse de pardon, car la tentation est forte de la refuser et vouloir, par nos propres forces se placer dans le camp des justes mais cela est voué à l’échec.

Alors, frères et sœurs acceptons la promesse de Jésus avec joie et abstenons-nous de vouloir arracher la mauvaise herbe.

Amen

Événements à venir
  1. Bureau

    septembre 1 @ 20 h 15 min - 22 h 30 min
  2. Assemblée générale de l’EPUSQY

    septembre 13 @ 9 h 30 min - 12 h 00 min
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    septembre 13 @ 10 h 45 min - 12 h 00 min