Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
01 30 54 94 58
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Chers frères et sœurs,

En ce dimanche matin, en attendant la reprise des cultes les 21, 28 juin et 5 juillet (inscrivez-vous en répondant à ce courriel ou en appelant Hanta au 06 46 33 65 29), c’est Alain Redslob qui guide notre méditation :

Texte lu : Marc 11, v.1.11

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant : allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis ; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu’un vous dit : pourquoi faites-vous cela ?, répondez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici. Les disciples, étant allés, trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : que faites-vous? Pourquoi détachez-vous cet ânon? Ils répondirent comme Jésus l’avait dit. Et on les laissa aller. Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père ! Hosanna dans les lieux très hauts ! Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze.

Prédication

Ce texte est pour ainsi dire un « classique ». Il relate l’entrée de Jésus à Jérusalem en ce jour de gloire qui préfigure un autre de grande tristesse, celui de la crucifixion, mais aussi un autre de grande espérance, celui de la résurrection. Une drôle de fête, en somme.

Pour la mieux saisir et tenter de l’interpréter, dissocions dans ce texte le contexte dans lequel il se situe du message dont il est porteur.

Texte et contexte

Comme en de nombreuses occasions, le Premier Testament préfigure le Second en ce qu’il en prophétise moult situations. C’est ici le cas. Tentons de le prouver à la lumière de trois événements.

Le premier se réfère à la fête des Tabernacles, Hag ha-Sukkot en hébreu ; littéralement il s’agit de la fête des cabanes édifiées en branchages (sukkot) que les Israélites construisaient au début de l’automne, donc au terme des récoltes, pour rendre grâces à Dieu en mémoire des habitations qui les abritaient lors de la traversée du désert, fait qui mettait ainsi un point d’orgue au cycle annuel des lectures de la Torah. Au terme du septième jour de la célébration et tandis qu’opéraient sept circumambulations autour de l’autel, on criait « Hoshana Rabba » (grand Hoshana), qu’on pourrait traduire par « de grâce, accorde le salut », expression qu’on trouve au verset 25 du psaume 118.

Le deuxième événement qui est tiré de l’époque des Rois a trait à la prise de pouvoir de Jéhu dans le Royaume d’Israël. Se proclamant l’oint du Seigneur, ce général du roi Joram au IXème siècle avant notre ère, conspira contre lui, le tua, lui, ses enfants et sa mère Jézabel, celle-là même qui avait épousé le roi Achab et qui s’ingéniait à favoriser le culte de Baal, divinité païenne. Mais ce qu’il faut retenir ici de l’avènement de Jéhu en tant que dixième roi d’Israël, c’est ce qu’en rapporte le livre des rois (2 Rois, 9, v.13) : « Alors chacun des hommes (présents) se hâta de prendre son vêtement et de le placer sous Jéhu… ».

Le troisième événement, le plus significatif, prend place près d’un demi-millénaire après : il s’agit d’une prophétie de Zacharie dont le nom hébraïque signifie « Yahvé s’est souvenu ». En effet, instruisant les foules lors de l’exil, il déclama ceci : « Sois transportée Sion la belle ! Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est pauvre et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse ».

Convenons qu’il est difficile de lire prédiction plus éclatante, de sorte que nous pouvons désormais aborder notre texte avec plus d’entendement. Toutefois, comme nous autres protestants sommes des gens très sagaces et ouverts (!), permettez que j’ajoute un quatrième événement que je n’ai pas cité exprès. Pourquoi ? Parce qu’il est repris des livres des Maccabées, absents de la bible protestante comme des écrits juifs, mais présents tous les quatre chez les orthodoxes et seulement en leurs deux premiers chez les catholiques. Les Maccabées constituaient une famille juive qui se révolta au deuxième siècle avant notre ère contre les Séleucides, dynastie gréco-syrienne désireuse de promouvoir l’hellénisation des territoires. Après avoir été souillé par l’envahisseur, le Temple de Jérusalem se trouve enfin purifié par Judas, le fils du prêtre Mattathias, et le peuple joyeux brandit des rameaux et des palmes avant de les déposer autour de l’autel ; c’est ce que les Juifs fêtent aujourd’hui sous le nom de Hanouka. Mais le Christ n’a-t-il pas lui aussi purifié le Temple en en chassant les marchands, fait que Marc décrit quelques versets plus loin dans notre chapitre (v.15 et s.) ?

Venons-en donc au texte, dont nous soulignerons qu’à quelques variantes près il forme un des rares événements relatés par les quatre évangélistes (Mt 21, v .1-9, Lc 19, v.28-40 et Jn 12, v.12-15). Il est clairement scindé en deux parties, la première décrivant la quête de l’ânon, la seconde l’entrée dans la ville sainte. On notera au verset premier que la scène prend place à Bethphagé et Béthanie et que l’ânon que les disciples doivent trouver n’a jamais été monté par quiconque (v.2), signe anodin mais ô combien important à mon sens ! Pour le laisser prendre au motif que « Le Seigneur en a besoin » (v.6), on devine que son propriétaire est un ami de Jésus, rassuré par le fait que ce dernier le lui renverra (v.3). La seconde partie commence au verset 8 où il est consigné que « beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des rameaux qu’ils avaient coupés dans la campagne ». Comment ne pas songer aux prophéties que nous avons citées, comme s’il s’agissait d’une chronique d’une histoire annoncée ? Puis, comme le relatent les versets suivants, l’entrée dans la ville, en dépit de son humble apparence que rendra à merveille le pinceau du grand Giotto à l’aube du XIVème siècle, est rien moins que triomphale. Comprenant des gens qui précédaient et d’autres qui suivaient (v.9), voilà bien une foule en liesse persuadée qu’elle accueille enfin son libérateur. Mais en raison de l’heure tardive et après un rapide coup d’œil jeté dans le temple, Jésus se retire avec les Douze à Béthanie (v.11). Oui, drôle de fête ! Sauf qu’elle est porteuse d’un prodigieux message.

Texte et message

Le message essentiel que divulgue ce texte est, selon moi, de deux natures : il met en exergue la séparation entre le spirituel et le temporel, et par ailleurs dévoile une réalité qui se veut avant tout dynamique. Expliquons-nous.

Opprimé, le peuple d’Israël attend un chef, un roi qui sera en mesure de briser le joug qui l’avilit. Il l’attend sur une monture du plus bel apparat, sur un cheval vaillant annonciateur de victoires militaires aussi franches que sanglantes, bref un des emblèmes des conquêtes romaines. Ce symbole du cheval puissant que dénigrèrent déjà les prophètes Esaïe au VIIIème siècle avant Jésus-Christ (Es 31, v.1), Osée au siècle suivant (Os 1, v.7) ou Jérémie deux siècles plus tard (Jr 22, v.4) est ici contrasté par l’apparition d’un ânon dont l’aspect reflète la fragilité. Mais au fait, David, dont le Christ appartient à la lignée, n’a-t-il pas intronisé son fils Salomon en le faisant chevaucher une mule (1 Rois 1, v.38) ? Donc, il y a bien là un réel divorce entre le temporel et le spirituel. De fait, le peuple se trompe : venu célébrer la Pâque, donc la fin de l’esclavage, il s’attend à une arrivée tonitruante nimbée de gloire militaire, tant auréolée de force politique scintillante que brodée d’aisance financière. Or qu’observe-t-il ? L’apparition d’un roi humble, dénué de toute souveraineté humaine, pauvre, silencieux. Le contraste est pour le moins saisissant et, avouons-le, sidérant pour ceux qui l’acclament. En vérité, Jésus ne fait qu’attester que la victoire ne tient pas du glaive, mais de la Parole du Père. Il n’est pas là pour éliminer des Romains, mais pour offrir le salut. La distance entre le temporel et le spirituel éclate dans toute son ampleur. Ce message, incompris sur le moment, est en soi sidérant, et ce d’autant que Jésus a tout fait pour contrevenir à la Loi, donc se mettre les religieux à dos : irrespect du sabbat, pardon aux femmes de mauvaise vie, appellation de Yaweh comme son Père. En somme, une énorme bévue, car la couronne du roi tant attendu ne sera pas tressée de lauriers, mais bien d’épines…

Plus profondément, et j’en viens à mon second point, ce passage des Ecritures n’est que mouvement, en fait, un mouvement vers la Croix, et Jésus le sait. A posteriori, il nous questionne au tréfonds de notre être en nous interrogeant que la relation que nous entretenons avec le Christ et avec son Père. Nous, Chrétiens, sommes enclins à croire que nous sommes en quelque sorte à l’abri du malheur en raison de notre foi, de la même façon que les Juifs étaient persuadés que le Nazaréen allait rompre leurs chaînes. Qui d’entre nous n’a pas râlé, pour ne pas dire plus, en incriminant Dieu des maux qui l’accablent ? Comment cela se peut-il, puisque nous sommes croyants à la fin ? Ici, nous touchons le fond de la question de notre relation à Dieu, car de deux choses l’une : soit, tels les Juifs d’antan, nous adulons le Christ avant d’en demander la crucifixion, soit nous comprenons que nos attentes souvent déçues ne font que préfigurer une vie joyeuse, la vie de l’au-delà. Les Rameaux sont une photographie, la crucifixion en est une autre, la résurrection une autre encore. Mais, toutes assemblées dans un kaléidoscope, ces images produisent un film qui n’est autre que la réalité de la vie : une dynamique tendue vers l’Espérance. Jésus savait qu’il lui fallait préalablement enjamber ce redoutable fossé, cette semaine parsemée de peines, de reniements, de trahisons et de souffrances. Mais il savait aussi que son Père le rappellerait auprès de Lui ; en fait, il arrivait dans Jérusalem, cité terrestre, avant que de gagner quelques jours plus tard Sion, ville céleste. Nous aussi, nous connaissons des difficultés, des déceptions, alors, forts de nos joies tout comme attristés de nos déconvenues, relevons la tête, assignons-nous des projets et vivons dans la perspective d’une mort libératrice. Jésus est mort pour nous, alors soyons vivants pour Lui, non pour se l’approprier bien sûr, mais pour le servir. Et n’oublions pas que si la gloire terrestre est un leurre, la gloire céleste est lumière. C’est pourquoi il nous faut être attentifs aux autres, donc regarder Dieu en face : Il est là, proche de nous, Il nous aime comme Il aime son Fils, Il nous attend, comme Il a attendu notre Seigneur. Ayez confiance en Lui : là réside le sens de notre vie. Et que les rameaux tapissent notre chemin vers Lui !

Chers Frères et Sœurs, la grâce n’est autre qu’un arbre immense irrigué par une sève qui a foi pour nom ; laissons-la inonder nos cœurs et guider nos actes afin que chacun d’entre nous en devienne un rameau à la fois digne et servant. Et de même qu’un rameau est lié à l’arbre, de même soyez liés à Dieu. Hosanna !

Ainsi soit-il.

C’est maintenant Veillez & Priez, le groupe de prière de notre Église, qui nous fait prêter oreille à l’Esprit saint :

Entraînés dans le mouvement d’amour qui unit le Père et le Fils et le Saint-Esprit, nous pouvons, en toute confiance, lui présenter les faims et les soifs de notre monde.

Seigneur, viens combler nos faims.

Notre société traverse peu à peu la crise sanitaire. Que la présence de chrétien(e)s engagé(e)s, de religieux et religieuses, pasteur(e)s, prêtres, auprès des pauvres, au cœur de la société puisse être un signe de la présence de Dieu au cœur des combats humains contre le mal, car Dieu ne nous laisse jamais seul.

Prions le Seigneur !

Confions à Dieu la vie de notre société qui veut se relever après cette crise sanitaire. Que les dirigeants contribuent par leurs actions à effacer la peur causée par le virus Covid-19 qui s’est installée dans l’esprit de bien de nos concitoyens ! Et libère, Seigneur, les fidèles de leurs angoisses qu’ils puissent te glorifier pleinement dans leur quotidien.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu les pays en quête de justice et de liberté; que Jésus, don de Dieu, puisse y être accueilli comme nourriture pour la vie du monde.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu les hommes et les femmes qui cherchent un sens à leur vie; que le Christ les soutienne et les comble de sa vie.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu notre communauté chrétienne; qu’elle trouve en Jésus, pain de vie, la vraie nourriture dont elle a besoin pour témoigner de la Bonne Nouvelle.

Prions le Seigneur !

Dieu très bon, toi qui as fait jaillir l’eau du rocher dans le désert et qui nous fais don du pain venu du ciel, daigne accueillir nos humbles demandes et les exaucer, par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Bon dimanche à tous, et que Dieu vous bénisse ! 🐟

Pour le conseil presbytéral

Guilhem Riffaut, pasteur

Événements à venir
  1. Culte

    juillet 5 @ 10 h 30 min - 11 h 30 min
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    septembre 1 @ 20 h 15 min - 22 h 30 min
  3. Assemblée générale de l’EPUSQY

    septembre 13 @ 9 h 30 min - 12 h 00 min