Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
01 30 54 94 58
conseil.epusqy@gmail.com

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Merci à Mathieu, qui partage avec nous la méditation de ce matin :

Toi, le Dieu vivant,
Tu allumes dans nos obscurités
Un feu qui jamais ne s’éteint.
A travers l’esprit de la louange,
Tu nous tires hors de nous-mêmes.
A nous, pauvres de Dieu,
Tu as confié un mystère d’espérance
Dans l’humaine fragilité,
Tu as déposé une force spirituelle
Qui jamais ne se retire.
Même quand nous l’ignorons,
elle demeure là,
Prête à nous porter en avant.
Oui, dans nos obscurités,
Tu allumes un feu qui jamais ne s’éteint. Amen.*

Lorsque je réfléchis à des situations inquiétantes voire angoissantes et que je m’intéresse au sens à donner à certains moments de mon existence, et Dieu sait que le contexte actuel peut inciter à ce genre de réflexion, je cède régulièrement à la tentation de reprendre une nouvelle de l’auteur danoise Karen Blixen intitulée Le dîner de Babette ou son adaptation cinématographique qui porte le même titre.Ces deux œuvres relatent la vie d’une communauté protestante suédoise quelque peu bousculée par l’arrivée d’une Française en 1871. Je ne vous en raconte pas davantage pour vous inciter à les découvrir par vous même et que nous puissions en discuter le cas échéant. Je me contenterais de vous dire qu’elles offrent de mon point de vue une remarquable réflexion sur le sens de l’existence humaine et sur la spiritualité protestante mais qu’elles constituent également une remarquable leçon d’espérance, celle qui permet au croyant de tenir bon malgré les épreuves et les difficultés. Et je pense que ce n’est pas par simple hasard que Karen Blixen met dans la bouche de l’un de ses personnages un extrait de 1 Corinthien 13, 11-13 : « Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi l’espérance et l’amour. » Cette affirmation conclut le passage de sa première lettre aux chrétiens de Corinthe dans lequel Paul inscrit notre existence dans le fil du temps et indique les trois tentations qui nous guettent : la nostalgie d’un passé qui n’est plus, la crainte d’un à-venir qui n’est pas encore et le déni ou la fuite de ce qui est à présent.

Il dit du passé, aux deux versets précédents, que notre enfance est désormais derrière nous et que le présent lui-même est en devenir. C’est ainsi qu’il écrit «Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était propre à l’enfant. A présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse.Ma connaissance est limitée » Devenir adulte ne signifie pas en savoir davantage ni voir mieux que le petit enfant. Bien au contraire,devenir adulte nous amène à nous rendre compte combien nos connaissances sont lacunaires et imparfaites mais aussi combien notre vision des autres, de nous-mêmes ou de Dieu est régulièrement faussée par nos préjugés, nos peurs ou nos désirs. Il n’y a donc pas de raison de regretter ce qu’a pu être, à notre souvenir, le temps béni de notre enfance et de son innocence… Il n’y a pas de raison non plus d’avoir peur de notre avenir. En effet, écrit Paul : «Le jour vient, ou nous verrons face à face et ou je connaitrai comme j’ai été connu…» L’avenir, en Dieu, n’est pas sous le signe d’un «moins», mais d’un «plus» ! Mais ce futur est œuvre de Dieu seul. Il ne dépend en rien de nos projets, de nos programmes ni de nos prospectives. Il est simplement déterminé par le regard que Dieu porte sur nous – ou, pour reprendre les paroles mêmes de Paul, par la connaissance aimante que le Père a de ses enfants : « comme nous avons été connus de Dieu… » Ces deux affirmations constituent une promesse qui nous inscrit d’une manière autre dans le temps :

– elle nous permet de relire le passé dans la reconnaissance plutôt que dans le regret ou la nostalgie,

– elle nous offre de nous ouvrir au lendemain dans l’attente confiante de ce qui reste à découvrir encore, à la lumière de Dieu,

– et, surtout, elle nous invite à vivre le présent comme un don à accueillir, comme une potentialité de vie que nous pouvons et devons entretenir et aider à s’accomplir tout en ayant la certitude qu’un Autre veille sur nous, à la fois comme une source vive qui nous précède et comme un courant de vie qui nous porte et nous entraine vers notre accomplissement, pour nous accueillir enfin.

Ainsi comprise, l’espérance chrétienne ne doit pas être vue comme un alibi aux malheurs qui nous guettent et qui parfois nous blessent. Elle ne constitue pas non plus une invitation à nous détacher des contrariétés et des contraintes du présent au nom d’un avenir que nous présumons, en tant que croyants, radieux. Voilà pourquoi Paul, dans la plus ancienne de ses lettres, la Première Épître aux Thessaloniciens, avait associé à chacun des trois piliers de la vie chrétienne cités au début de notre méditation, à savoir foi, espérance et amour, un second mot qui les complète et les éclaire.C’est ainsi qu’il avait ainsi évoqué « votre foi active, votre amour qui se met en peine et de votre persévérante espérance » (1 Thessaloniciens 1,3). L’expression « foi active » signifie que cette dernière ne relève pas d’une connaissance abstraite ni d’une vision théorique de Dieu, de l’homme et du monde. Elle nous invite bien au contraire à nous situer dans ce monde, d’y être et d’y agir, en œuvrant au coté de nos semblables, devant Dieu. L’expression « votre amour qui se met en peine » souligne, quant à elle, que l’amour ne doit pas être seulement vu comme relevant de l’ordre des sentiments ou des émotions intimes. Il doit bien davantage relever d’une manière d’être en relation, d’être présent parmi les autres et pour eux, au risque de nous rendre, comme dans toute relation humaine, plus vulnérable en nous faisant partager dans la solidarité les malheurs d’autrui. L’expression «persévérante espérance» atteste enfin que l’espérance n’est pas une garantie, une sorte d’avance que nous toucherions sur un héritage à venir mais relève bien au contraire de la confiance en une Parole reçue et accueillie. L’espérance va de pair avec la persévérance à aller de l’avant jusqu’aux limites visibles de l’horizon pour découvrir que la muraille du malheur, si haute et invincible qu’elle apparaisse, n’obstrue ni l’espace ni les temps à venir… D’une telle espérance, on ne peut pas avoir une vision précise, comme le souligne Paul au chapitre 8, versets 24 et 25 de l’Épître aux Romains en écrivant « Or voir ce que l’on espère ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment l’espérer encore? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec espérance. ». L’apôtre relie là l’espérance à la personne de Jésus-Christ car c’est en lui que s’incarne cette espérance dès à présent, à l’ombre de la Croix, en attente de la résurrection. « La création toute entière gémit maintenant encore dans les douleurs d’un enfantement. Nous aussi, nous gémissions intérieurement, car nous avons été sauvés, mais en espérance (sans être en mesure encore de voir ce salut, de le constater de manière évidente). J’ai la conviction que ni la mort ni la vie, ni le présent ni l’avenir, rien ni personne ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ » (Épître au Romains, 8, 22-39).

Solidaires de la Création et des créatures, et en particulier de nos semblables en humanité, nous vivons orientés à une plénitude de vie que nous ne pouvons percevoir encore ni réaliser par notre seul entendement et notre seule activité, mais que nous espérons, dans la confiance en Dieu et en son amour premier et dernier. Voilà pourquoi dans cette même Épître aux Romains, au chapitre 15,verset 13 Paul parle du Dieu de l’espérance. André Neher, témoin des horreurs et des crimes du XXe siècle mais inspiré par la lecture des prophètes, a exprimé l’espérance en ces termes : «Tout est possible, – mais peut-être que rien ne se réalisera. » L’espérance en ce qui demeure à venir reste toujours de l’ordre du peut-être mais il s’agit d’un peut-être qui ne se réduit pas au hasard ni à une éventualité purement aléatoire. En effet, ce peut-être est habité d’une histoire, riche d’un passé accompagné par Dieu, même au travers des défaites et des désillusions. Ce peut-être témoigne d’un présent vécu et pleinement engagé, même de manière imparfaite et inachevée. L’espérance nous apparente au navigateur qui, malgré vents et marées, n’a de cesse de mener sa barque fragile vers une destination qu’il ne peut pas encore voir. Pour y parvenir, il s’oriente au sillon d’écume tracé par son étrave tout en comptant également sur un courant favorable.Or notre barque de chrétiens a ceci de particulier, voire d’unique, qu’elle dispose pour avancer d’un mat et d’une voile, un mat qui a la forme de la Croix et une voile qui se tend au Souffle du Vivant, au Souffle de l’Esprit. Amen.

*Frère Roger de Taizé

Merci également à notre groupe « Veillez et Priez », qui nous invite à prier Dieu les uns pour les autres :

Pierre et Jean prièrent afin de recevoir l’Esprit Saint , nous dit le livre des Actes des Apôtres.

En ces temps proches de la fête de la Pentecôte, mets Seigneur, dans le cœur de chaque chrétien le désir de recevoir ton Esprit Saint, don de Jésus à l’Église. Seigneur nous te prions.

Prions pour nos frères et sœurs qui partagent avec nous la même foi ; que l’Esprit Saint donne à chacun et chacune de mener une vie droite et vraie dans la paix et la joie du Christ.

Prions pour les hommes et les femmes qui nous gouvernent ; que l’Esprit de vérité les soutienne dans leur travail quotidien et les guide dans la mise en place de structures plus humaines.

Prions pour les jeunes ; que l’Esprit Saint suscite autour d’eux des témoins authentiques qui leur donnent le goût de Dieu et de sa parole bienfaisante.

Prions pour les personnes malades; qu’elles trouvent réconfort et soutien en ces heures difficiles.

Prions pour les reclus en prison, les innocents, les personnes persécutées pour des raisons religieuses ou politiques et même ceux qui sont coupables et qui ont désespérément besoin de la miséricorde.

Prions pour notre communauté chrétienne ; que l’Esprit de vérité lui donne le courage de s’adapter aux nouveaux défis de l’évangélisation et la force d’accomplir la volonté du Père.

Dieu notre Père,

qui fais participer à ton amour ceux et celles qui demeurent fidèles à tes commandements,

accueille favorablement nos demandes et daigne les exaucer,

par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.

Et merci à vous tous qui soutenez la vie de la communauté par vos prières, vos messages, vos initiatives et vos dons !

Bon dimanche, et que Dieu vous bénisse ! ✱

Pour le conseil presbytéral

Guilhem Riffaut, pasteur