Le culte a lieu au temple tous les dimanches à 10h30

Le temple :
9B av. de la Gare
78280 Montigny le Bretonneux

Pasteur : M. Guilhem RIFFAUT
01 30 69 09 02
pasteur@epusqy.org

Présidente du conseil presbytéral :
Mme Hanta RAJAONA
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Hugues Fouchier

Lecture (Matthieu 14, 22-33)

Tout de suite après, Jésus oblige ses disciples à monter dans la barque. Il veut qu’ils passent avant lui de l’autre côté du lac. Pendant ce temps, il veut faire partir les foules.

Jésus les renvoie donc, puis il monte dans la montagne pour prier. Quand la nuit arrive, Jésus est là, seul.

La barque est déjà assez loin de la terre. Le vent souffle contre la barque, et les vagues viennent la frapper.

Vers la fin de la nuit, Jésus vient vers ses disciples en marchant sur l’eau.

Quand les disciples le voient marcher sur l’eau, ils sont effrayés, ils disent : « C’est un fantôme ! » Et ils se mettent à crier, parce qu’ils ont peur.

Mais Jésus leur parle tout de suite en disant : « Rassurez-vous, c’est moi ! N’ayez pas peur ! »

Alors Pierre lui dit : « Seigneur, si c’est bien toi, donne-moi l’ordre de venir vers toi sur l’eau. »

Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre sort de la barque et il se met à marcher sur l’eau pour aller vers Jésus.

Mais, en voyant qu’il y a du vent, il a peur, il commence à s’enfoncer dans l’eau. Alors il crie : « Seigneur, sauve-moi ! »

Aussitôt, Jésus tend la main à Pierre, il le saisit et lui dit : « Tu n’as pas beaucoup de foi ! Tu n’as pas eu confiance. Pourquoi ? »

Ils montent tous les deux dans la barque, et le vent s’arrête de souffler.

Alors les disciples qui sont dans la barque se mettent à genoux devant Jésus en lui disant : « Vraiment, tu es Fils de Dieu ! »

Méditation

Ceci n’est pas un miracle. Habituellement, on parle de miracle pour évoquer un phénomène surnaturel, ne respectant pas les lois de la physique ou dépassant nos connaissances médicales. Par exemple, les guérisons lors des pèlerinages à Lourdes sont examinées selon ce critère. Dès lors, bien sûr, il suffit que la science progresse pour que ce qui était hier un miracle encore n’en soit plus un. On appelle également miracle un évènement improbable dont on souhaite toutefois qu’il se produise. C’est le cas lorsque l’entraîneur actuel du Paris-Saint-Germain confie à la presse, à propos du retour de blessure de son attaquant Kylian Mbappé : « Chaque jour compte pour faire, peut-être, un miracle ».

Les premiers chrétiens, qui nous ont transmis les récits de la marche de Jésus sur l’eau, ne connaissaient rien de tel. Qu’est-ce qu’un évènement inexplicable, quand tout trouve déjà son explication dans l’amour de Dieu ? Comment concevoir quelque chose de surnaturel, quand la nature est déjà merveilleuse, qu’on ne lui connaît pas de règles fixes ?

Dans nos Bibles en français, on trouve en général les mots « merveille », « prodige » et signe » pour décrire les actions étonnantes de Dieu. Surtout, le miracle y est avant tout rencontre avec Dieu : Ouverture de la mer Rouge, soleil arrêté en pleine course, morts ramenés à la vie : le miracle, la merveille, le signe, est ce par quoi Dieu se fait connaître.

Lorsque Jésus marche sur l’eau, Dieu se manifeste comme celui qui a la maîtrise de la création. C’est le tohu-bohu du commencement qui est là sous ses pieds. Pensons au potier, qui peut bien faire ce qu’il veut de la glaise entre ses mains.

Dans le même temps, Dieu tient à nous faire savoir qu’il est proche de nous. Ainsi, Jésus quitte la solitude de la montagne pour rejoindre ses disciples sur le lac. Il quitte littéralement le ciel pour venir en contrebas sauver l’humanité en difficulté, en contrebas. Dieu vient sauver l’humanité en général et chaque être humain en particulier : après que Pierre se soit engagé sur l’eau à son tour, dans un élan de confiance, Jésus est encore là pour le secourir lorsqu’il doute.

Pour bien voir ce qu’est un miracle, nous pouvons rapprocher ce récit d’une autre histoire, celle du buisson en feu :

Moïse garde les moutons et les chèvres de Jéthro, son beau-père, le prêtre de Madian. Un jour, Moïse conduit le troupeau au-delà du désert et il arrive à l’Horeb, la montagne de Dieu.

Là, l’ange du Seigneur lui apparaît dans une flamme, au milieu d’un buisson. Moïse regarde : le buisson est en feu, mais le feu ne détruit pas le buisson.

Moïse se dit : « Je vais faire un détour pour voir cette chose étonnante. Le buisson n’est pas brûlé. Pourquoi donc ? »

Le Seigneur voit que Moïse fait un détour pour regarder. Alors Dieu l’appelle du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Moïse répond : « Je suis là ! » Le Seigneur dit : « N’approche pas du buisson ! Enlève tes sandales parce que cet endroit est saint.

Je suis le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. » Moïse se cache le visage parce qu’il a peur de regarder Dieu.

Le Seigneur continue : « J’ai vu la misère de mon peuple en Égypte. Je l’ai entendu crier sous les coups de ses chefs égyptiens. Oui, je connais ses souffrances.

Je suis donc descendu pour le délivrer du pouvoir des Égyptiens. Je veux l’emmener d’Égypte dans un pays beau et grand qui déborde de lait et de miel. C’est le pays des Cananéens, des Hittites, des Amorites, des Perizites, des Hivites et des Jébusites.

En effet, les cris des Israélites sont montés jusqu’à moi, et j’ai vu aussi comment les Égyptiens les écrasent.

Alors maintenant, je t’envoie vers le roi d’Égypte. Va et fais sortir de son pays les Israélites, mon peuple. (Exode 3)

Moïse et les compagnons de Jésus sont les témoins de choses étonnantes. Le premier, qui est berger dans le désert, découvre un feu dans un buisson qui ne brûle pas. Les autres, des pêcheurs, voient Jésus marcher sur l’eau. Mais là où la curiosité de Moïse le pousse vers le prodige, les disciples, eux, prennent peur. Et tandis que Yahvé dit à Moïse de rester à bonne distance, Jésus monte carrément dans la barque de ses amis – en compagnie de Pierre, qui avait voulu le rejoindre.

Dans le désert comme sur la mer, Dieu fait ces choses, encore une fois, pour que nous le connaissions. À Moïse surpris, il dit : « Je suis là ! ». Aux disciples apeurés : « C’est moi ! ». Il apprend à Moïse qu’il est son Dieu, « le Dieu de tes ancêtres, le Dieu d’Abraham, de Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob » et qu’il va libérer son peuple écrasé par les Égyptien. Jésus pour sa part laisse aux disciples le soin de dire eux-mêmes qu’il est « le Fils de Dieu », celui qui sauve l’humanité tout comme il vient de sauver Pierre de la noyade.

Dieu fait des choses étonnantes. Il ne les fait pas tellement pour nous épater, mais plutôt pour attirer notre attention. Le buisson en feu suscite tout au plus en Moïse la curiosité et l’interrogation : « pourquoi donc ? », et les disciples croient voir un fantôme. Le miracle n’est perçu comme tel qu’après que Dieu ait parlé (« Je suis là ! », « C’est moi ! ») et que cette parole ait été reçue dans la confiance. Le vrai miracle, ce n’est pas le feu dans le buisson ou l’eau sous les pieds de Jésus, c’est que Dieu est là et qu’il nous parle. C’est cela qui bouleverse Moïse et les pêcheurs. Nous voyons donc que Dieu ne fait pas de miracles pour que nous croyions en lui, mais c’est parce que nous croyons en lui, parce que nous lui faisons confiance, que nous sommes témoins de ses merveilles.

Dans ces récits, la rencontre avec Dieu se fait dans des lieux qui, dans l’univers biblique, sont parmi les plus inquiétants : le désert et la mer. Dans ces deux endroits, la vie n’est pas possible, ou du moins est-elle soumise à toutes sortes de périls. Le désert est le lieu de la faim, de la soif, du feu et des fauves. C’est là que vivent les démons. Un lieu où toute sorte de mal peut vous arriver. Au temps de Jésus, c’est là qu’habite Satan (le mal « en personne »). C’est dans le désert que Jésus ira le confronter (et le vaincre grâce à la Bible !). La mer est également un lieu hostile, qui rappelle, à nouveau, le tohu-bohu sans vie du commencement, cette eau que Dieu a séparé en deux pour faire émerger la terre ferme sur laquelle il fait s’épanouir les plantes, les animaux, l’être humain…

Jésus est avec nous sur cette terre en surchauffe. Il a tout mis sous ses pieds, le ciel et la terre et nous invite à prendre exemple sur lui pour habiter notre planète. Il nous invite à nous laisser guider par son Esprit d’amour, de fraîcheur et de sainteté. À nous réjouir de toutes ces merveilles qui nous entourent : le soleil, la pluie, les bestioles en tout genre, un visage amical ou tous les amis de Dieu qui, partout dans le monde, cultivent l’amour et qui sont autant de sœurs et de frères pour nous. Réjouissons-nous ! car Dieu vient près de nous. Réjouissons-nous de ses merveilles. Après tout, comme je l’ai entendu la semaine passée à l’occasion du baptême d’un ami : la foi, c’est la voie de la joie ! Amen.

Guilhem Riffaut, pasteur

Texte lu : Marc 16, v.1-20

Lorsque le sabbat fut passé, Marie-Madeleine, Marie (mère) de Jacques et Salomé achetèrent des aromates, afin d’aller embaumer Jésus. Le premier jour de la semaine, elles se rendirent à la tombe très tôt au lever du soleil. Elles disaient entre elles : qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? Elles levèrent les yeux et s’aperçurent que la pierre, qui était très grande, avait été roulée. Elles entrèrent dans le tombeau, virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent épouvantées. Il leur dit : ne vous épouvantez pas ; vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ; il est ressuscité, il n’est pas ici ; voici l’endroit où on l’avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre qu’il vous précède en Galilée : c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. Elles sortirent du tombeau et s’enfuirent tremblantes et hors d’elles-mêmes mais elles ne dirent rien à personne à cause de leur effroi. Jésus, ressuscité le matin du premier jour de la semaine, apparut d’abord à Marie-Madeleine de laquelle il avait chassé sept démons. Elle alla en porter la nouvelle à ceux qui avaient été avec lui, et qui menaient deuil et pleuraient. Quand ils entendirent qu’il vivait et qu’elle l’avait vu, ils ne (la) crurent pas.

Après cela, il se montra sous une autre forme à deux d’entre eux qui étaient en chemin et se rendaient à la campagne. Ils revinrent eux aussi l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se montra aux onze pendant qu’ils étaient à table, et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur cœur, parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : allez dans le monde entier et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : En mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s’ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris. Le Seigneur, après leur avoir parlé, « fut enlevé au ciel et il s’assit à la droite de Dieu ». Et ils s’en allèrent prêcher partout. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la parole par les signes qui l’accompagnaient.

          Joyeuses Pâques ! Décidément, vous allez trouver que je ne manque pas d’aplomb ! Déjà, en février dernier, je vous avais entretenus de la Nativité, vous expliquant que Noël avait une origine païenne, dont la date n’avait été arrêtée in fine qu’en 354 par le pape Libère. Il s’agissait d’une amicale provocation désireuse d’attirer votre attention sur le fait que, pour nous, ce doit être tous les jours Noël puisqu’un Sauveur y est né et nous a été donné.      

          Plutôt obstiné de nature, je persiste et signe en vous demandant cette fois de croire, au mois d’août, que la Résurrection peut être fêtée n’importe quel jour car, à mes yeux, elle est porteuse de la plus merveilleuse des nouvelles, savoir celle que la vie l’emporte sur la mort. Soyons concis : la fixation du jour de Pâques date, elle, de 325 exactement, quand les trois cent dix-huit pères du concile de Nicée réunis par l’empereur Constantin la fixèrent ainsi : « Pâques est le dimanche qui suit le quatorzième jour de la Lune qui atteint cet âge le vingt-et-un mars ou immédiatement après ». Au regard des imprécisions concernant les durées du jour et du mois solaires et sans évoquer les divergences entre calendriers julien (VIème siècle) et grégorien (XVIème siècle), une chose demeure : la fête de Pâques prend place entre le 22 mars et le 25 avril inclus. Sa datation est donc mobile, contrairement à celle de Noël.

          Les quatre évangélistes ayant relaté la Passion et la Résurrection, pourquoi ai-je choisi le récit de Marc plutôt que celui d’un autre ? Pour deux raisons. Lors d’une prédication antérieure traitant des Rameaux, j’avais retenu sa version ; aussi m’est-il paru logique de poursuivre dans la même veine. En second lieu, contrairement à ceux de Matthieu, de Luc et de Jean, ce texte reste inachevé. Rédigé en grec vers la fin des années 60 par celui qui aurait été, pour certains historiens, le compagnon de Pierre à Jérusalem puis de Paul au cours de ses voyages, ou, d’après d’autres, un inconnu nommé Jean, dit Marc, ce texte a indéniablement inspiré les deux autres écrits synoptiques que sont ceux de Matthieu et de Luc. Il n’échappera pas enfin qu’il se compose de deux péricopes : la première, courant jusqu’au verset 8, est de Marc, tandis que la seconde, prolongée jusqu’au verset 20, est un ajout dont l’origine a été vivement débattue, au motif que la fin de cet évangile a plus que probablement été perdue.

          Cela étant, ce passage interpelle à trois égards : il suggère de remonter le temps, invite à s’interroger sur ce que ce retour à la vie signifie aujourd’hui et, a fortiori, conduit à se questionner sur notre devenir une fois que nos yeux seront clos.

La Résurrection du Christ, un fait avéré

          Christ est bien ressuscité. Les preuves abondent dans la Bible, mais aussi à croire d’autres sources non chrétiennes tels les écrits de l’historiographe romain d’origine juive Flavius Josèphe (37-100 environ).

          Déjà présent dans le Premier Testament, le thème de la résurrection est ancien. Au rebours des Grecs qui croyaient que l’âme, une fois détachée du corps, devenait immortelle, les Juifs croyaient que l’âme et le corps étaient voués à la mort, la première devant errer dans le shéol, sorte de tombe commune, le second dans la terre, les deux dans l’attente du Jugement dernier (Dt 32, v.39 ; 1 S 2, v.6 ; Ps 80, v.19 ; Am 9, v.2). Il ne faut pas en conclure qu’il n’y eut point de résurrection individuelle à l’image de celle du fils de la veuve de Sarepta opérée par Elie (1 R 17, v.17-23) ou de celle du fils d’une femme de haut rang de la ville de Shounem effectuée par Elisée (2 R 4, v.32-37). Tantôt collective et prophétisée par Osée, Esaïe ou Ezéchiel, tantôt individuelle et consignée chez Daniel ou, bien plus tard, dans les livres des Maccabées, la résurrection s’impose donc comme un fait dès le IIème siècle avant le Christ. C’est alors que Sadducéens et Pharisiens s’entredéchirèrent, les premiers se gaussant de la doctrine de la résurrection défendue par les seconds, doctrine partagée par les Esséniens.

          Dans le Second Testament, Jésus ne prophétise pas la résurrection, il va l’incarner. La Parole est devenue chair, et, même morte, elle revient à la vie. Bien sûr, il relève de la mort[1] plusieurs personnes dont Lazare, le frère de Marthe. Mais sa propre résurrection, annoncée à moult reprises à des disciples qui n’y comprennent que goutte, préfigure celle de tout le genre humain. En soi, plus qu’un retour à la vie, elle forme un passage vers la vie éternelle de laquelle, par définition, la mort est bannie. Et puisque cette expérience pascale ne convaincra pas ses proches, de nombreuses apparitions, consignées par Paul (1 Cor 15, v.5 et ss), seront nécessaires pour en attester la véracité. Dans notre texte, ce sont les soins d’embaumement du cadavre que venaient accomplir les femmes qui font office de témoins. Aussi, distinguons la réalité de la symbolique.

          Du côté de la réalité, émergent deux évidences, l’existence de signes et l’omniprésence de la peur. La pierre roulée (v.4), la présence de l’homme en blanc (v.5) et le tombeau vide (v.6) constituent les signes. Traduisons : la pierre roulée annonce la disparition du corps ; la présence de l’homme vêtu de blanc, couleur de pureté, permet d’indiquer où se trouve le Christ ; quant au tombeau vide, il est la preuve matérielle de la résurrection. Christ est bien vivant, donc. L’autre évidence tient dans la peur des femmes quand elles découvrent que la pierre « qui était très grande » a été roulée (v.4), quand elles rencontrent ce jeune homme inconnu (v.5) et quand elles s’enfuient du tombeau (v.8).

          Sur un plan symbolique, la pierre constitue la séparation entre la vie et la mort. Chez les Romains, il était fréquent qu’on enterrât les morts dans des cavernes creusées à même la roche et qu’on y roulât une lourde pierre sur son devant de peur que les morts ne revinssent. Devenue horizontale dans nos traditions occidentales, la pierre forme une frontière entre la vie et la mort, frontière qu’on ne peut pas franchir ; Jésus, si. En vérité, ce franchissement dénote la victoire de la vie sur la mort, ou si l’on préfère la mort de la mort. Mais, attention, ce n’est pas un retour à la vie antérieure comme dans d’autres résurrections précédemment rappelées, mais un accès à une vie autre, nouvelle, d’essence divine.

          Un mot encore des versets 9 à 20 considérés comme la « finale longue » de l’évangile de Marc. La première apparition a lieu devant Marie-Madeleine, celle dont il avait chassé les démons (v.9) ainsi que le consigne Luc (Lc 8, v.1-3), ce qui avait fait d’elle une fidèle d’entre les fidèles, présente au bas de la Croix au moment de l’expiration comme au tombeau les bras emplis d’aromates. Choisir pour témoin une femme, qui plus est démoniaque, rend son récit a priori contestable, et il sera contesté par les disciples (v.11). Puis sont cités deux hommes qui « allaient à la campagne » (v.11), les pèlerins d’Emmaüs (Lc 24, v.13-35) qui ne crurent pas dans un premier temps, et leur version des faits ne fut pas plus acceptée par les disciples (v.13). Enfin, c’est aux onze que Jésus apparut (v.14) : Il ne manquera pas de les réprimander pour leur incrédulité, preuve de leur manque de foi, et les enjoindra de porter la Bonne nouvelle dans le monde entier (v.15). Sans doute, le message que contient le verset 16 est-il capital : « celui qui deviendra croyant et recevra le baptême sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné », qui, outre qu’il associe l’esprit et le corps, semble certifier que la foi prime le baptême. Ensuite, après avoir évoqué les signes d’après lesquels on reconnaîtra les croyants (v.17-18), Christ est enlevé au ciel pour siéger à la droite de Dieu (v.19). Alors, de grâce, ôtons son corps du crucifix puisqu’il en est descendu pour n’en laisser que la croix, symbole de cette porte qui nous mènera à Lui. 

        Ces scènes tant de la Résurrection que des apparitions ont été admirablement peintes à la Renaissance : Giovani Bellini, Piero de la Francesca, Mathias Grünwald, Rembrandt, Paul Véronèse, Fra Angelico, Annibla Carrache, Le Caravage… sont, dans le désordre, autant d’artistes à mentionner, sans prétention à l’exhaustivité. Mais que de ferveur exprimée !

        Bref, on l’a compris, Jésus est bien ressuscité. Du reste, Paul n’écrit-il pas à juste titre que « si le Christ n’est pas ressuscité, alors notre prédication est vide, vide aussi de notre foi » (1 Cor 15, v.14) ?

La résurrection du Christ, une leçon pour le présent

          La résurrection a bien eu lieu, d’accord, mais un fait vieux de plus de deux millénaires n’a guère d’intérêt que pour les historiens, prétendront les sceptiques. Plus clairement, que nous apporte la résurrection dans notre quotidienneté ? A mes yeux, trois choses : la nécessité de dominer nos peurs, la force de surmonter les épreuves, la joie du salut. Ici, je tiens à affirmer que Jésus n’est pas qu’une réalité historique, située derrière nous ; il est également une présence qui accompagne nos vies avec une bienveillance jamais démentie.

          On a tendance à se gausser de ces femmes qui s’apeurent au motif qu’un linceul se trouve soigneusement plié dans le tombeau. Mais imagine-t-on un seul instant quelle serait notre réaction si, après avoir enseveli l’un des nôtres, on revenait deux jours plus tard et trouvait sa sépulture ouverte mais non fracassée, vide de tout cercueil pourtant amené par nos soins ? A cette lumière, on saisit mieux leur frayeur, au fond si naturelle. Quant à nos propres peurs, elles sont multiples et récurrentes. L’enfant n’a-t-il pas peur du noir et du grand méchant loup ? L’adolescent n’est-il pas rongé par la proximité de ses examens, la découverte de sa sexualité ou l’horizon grisaillé du marché du travail ? L’adulte n’est-il pas torturé par tant de craintes, celle de conflits armés, celle de tomber malade, celle du terrorisme, celle de perdre son emploi, celle de l’insécurité dans son quartier, celle des pandémies mondiales, celle des changements climatiques, sans oublier celle d’autrui ? Puis, à l’automne de sa vie, l’homme devient hanté par sa fragilité grandissante, sa volonté vacillante et cette mort qui rôde ? Longue est la litanie de nos phobies, de nos alarmes, de nos anxiétés. A nous de les cerner afin de mieux les dominer. En Le priant, Dieu nous y aide, tout simplement.

          Cela étant, il faut vivre, aller de l’avant, surmonter nos difficultés ; bref, nous devons nous battre pour aplanir des perspectives qui paraissent insurmontables. Oui, de nos jours, la vie est difficile, encore davantage pour les plus humbles. Et si elle est devenue si ardue, c’est parce que la complexité s’est imposée en maître-mot. Mais pour un chrétien, la vie était-elle plus aisée ou moins inquiétante aux temps des catacombes, des croisades, de l’Inquisition ou des persécutions que l’homme a inventées – et invente toujours – avec un génie diabolique ? Frères et Sœurs, si nous puisons en nous le courage de surmonter nos épreuves, i.e. de rouler notre propre pierre, c’est parce que Jésus se tient à nos côtés, ne l’oublions jamais, quelle que soit notre détresse. On sait parfaitement L’invoquer quand cela va mal, mais on L’oublie très vite quand cela va bien.

          Mieux que quiconque, Christ sait ce que souffrir signifie, Lui qui a été cloué sur une croix pendant six heures jusqu’à ce que l’asphyxie ait raison de Lui. Croyez-vous qu’il n’ait pas eu peur ? Bien sûr que oui. Du reste, n’est-il pas consigné qu’il éloignait de sa pensée l’idée de sa fin prochaine et qu’il s’est même questionné sur la croix sur l’abandon par son propre Père ? Qui mieux que Lui peut donc comprendre nos peurs, grandes et/ou petites ? Toutefois, Il savait qu’en donnant sa vie la rédemption des péchés s’accomplissait et qu’en ressuscitant IL redevenait Dieu. Ainsi le jour de Pâques est bien un hymne à la vie, oui mais à la vie éternelle ! Si Noël est promesse de salut, les Pâques nous offrent ce salut. C’est une fête libératrice de nos peurs, de nos inhibitions, de nos frustrations, de nos égoïsmes et de nos insuffisances, car la croix déverrouille la porte de l’éternité. Donc, si le vendredi saint est jour humain porteur de malheur, celui de l’assassinat du Christ, et si le samedi est également jour humain baigné de fadeur, de doutes et de regrets, le dimanche est jour divin, anéantissant la mort et inaugurant un nouveau commencement. De sorte que le supplice du vendredi précède la gloire dominicale. En notre for intérieur, nous savons que Christ est vivant, cette certitude étant basée sur notre foi. N’est-ce pas là une merveilleuse raison de vivre et de cheminer avec Lui jusqu’à la fin quand Il sera là, debout, devant notre tombe ?

          Alors Jésus[2] apparaîtra cette fois non plus derrière nous voire à nos côtés, mais devant nous, nous ouvrant le chemin qui mène à Dieu.

La résurrection du Christ, lumière de l’aube

          Qui d’entre nous n’a pas, un jour, goûté aux délices de l’aube ? Parmi celles que j’ai eues le plaisir de voir se lever, me revient souvent en mémoire celles que j’observai au bord du Niger : un ciel d’une rare pureté, un soleil pointant à demi par-delà les dunes, un fleuve puissant sur lequel dérivaient des familles d’hippopotames et des pirogues chargées ou vides selon le sens qu’elles empruntaient, des femmes qui battaient déjà le linge ou des enfants qui s’égayaient pour profiter encore d’une fraîcheur nocturne qui allait s’évanouissant. Bref, une image tranquille d’une douceur de vivre… 

          Or, chaque matin n’est-il pas une aurore nouvelle, charriant son lot de joies et de satisfactions, mais aussi de peines et d’inquiétudes ? Certes. Mais le matin de Pâques est une aube à part, une aube qui enflamme peu à peu le Ciel, oui mais celui du Royaume. Et comme la mort est morte, notre destin s’en trouve transfiguré : la mort n’est plus une fin, mais devient passage qui, une fois franchi, mène à Dieu. Si la crucifixion relate le crépuscule de la vie, la résurrection dépeint l’aurore de la Vie. De fait, elle préfigure la rencontre avec Dieu. En relevant le Christ, Il a reconnu son Fils ; à notre tour de le reconnaître en n’omettant jamais cette parole de Jésus : « c’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père sinon par moi » (Jn 14, v.6).  

          Alors, qu’attendons-nous pour rouler la pierre de nos infidélités, de nos incrédulités, de nos impiétés : la mort, considérée comme fin en soi, est désormais vaincue. Elle n’annihile plus, elle délivre. L’aube de Pâques initie les hommes à la délivrance de l’après : tel est le fondement de notre foi, cette foi qui ne se démontre pas, mais qui se vit. A cet égard, je citerai Paul : « en réalité, le Christ est revenu de la mort à la vie, en donnant ainsi la garantie que ceux qui sont morts reviendront également à la vie » (1 Cor 15, v.20). De toute évidence, Christ est la pierre angulaire de toute l’Ecriture. Premier-né d’entre les morts, non seulement il confirme le pouvoir de Dieu de redonner vie, mais authentifie l’espérance de l’avènement d’une vie après la mort où l’âme et le corps ressuscitent, même si l’enveloppe charnelle reste improbable. Dans son Institution de la Religion chrétienne[3], Jean Calvin ne s’y trompait pas quand il écrivait qu’« il est difficile de croire que les corps décomposés sont appelés à ressusciter en leur temps. C’est pourquoi, bien que plusieurs philosophes aient maintenu l’immortalité des âmes[4], la résurrection de la chair a été approuvée par bien peu d’entre eux[5]. Même s’ils ne doivent pas être excusés, toutefois il faut admettre que la résurrection est quelque chose de trop extraordinaire pour être accessible à la compréhension humaine ».

           En résumé, la certitude de la résurrection, la nécessité de terrasser nos peurs et la garantie d’une vie dans un au-delà non borné par le temps ou l’espace, tel est le socle d’une solide profession de foi. Autrement dit, une croyance affichée, le goût de l’effort rivé au cœur et l’attente de la joie de la résurrection, voilà de quoi donner du sens à notre vie ô combien matérialiste, ne croyez-vous pas ? En vérité, la foi chrétienne perd tout entendement si elle fait abstraction de la résurrection. Or, lorsqu’il ressuscita son frère Lazare, Jésus s’adressa à Marthe en ces termes : « c’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui met sa foi en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et met sa foi en moi, ne mourra jamais ». Ensuite, il ajouta : « crois-tu cela ?». Elle lui dit : « oui, Seigneur, moi je suis convaincue que c’est toi qui es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde » (Jn 11, v.25-27).

          Frères et sœurs, il ne dépend que de vous de faire vôtre la certitude de Marthe. Car la résurrection du Christ n’est que préfiguration de la nôtre.

          Ainsi soit-il.

                                                                               Alain REDSLOB  


[1] N’omettons pas de rappeler que le verbe « ressusciter » a un double sens : s’éveiller et se lever.

[2] Sur bien des thématiques et pas seulement sur celle de la résurrection, le lecteur pourra, entre autres, se reporter au « Hors série » du Figaro, rédigé en partenariat avec l’Ecole biblique de Jérusalem et intitulé « Jésus Christ, cet inconnu » (2020).

[3] J. Calvin : « Institution de la religion chrétienne » (mise en français moderne),  éd. Kerygma & Excelsis,  2015, p. 924.

[4] Faisant ici référence à Platon et à Cicéron. [5] Calvin pense ici à Démocrite mentionné par Pline l’Ancien. 

Par Martine Durin

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Amen.

LOUANGE

Louons Dieu :

Seigneur, notre Dieu, merci d’être pour nous un Père plein de bonté.

Pour ton amour qui resplendit en Jésus-Christ, ton Fils,

pour ta lumière qui chaque jour éclaire notre vie,

pour ton pardon qui nous libère et nous fortifie,

SEIGNEUR, NOUS TE LOUONS.

Pour la beauté de ta création, pour le pain quotidien et pour tous les biens

du corps, du cœur et de l’esprit,

SEIGNEUR, NOUS TE BÉNISSONS.

Pour la réalité de ton Église,

pour la communion avec tous les hommes, nos frères,

pour la rencontre de nos prochains,

SEIGNEUR, NOUS TE LOUONS.

Béni sois-tu !

Amen.

PRIERE

Avant d’ouvrir la Bible, demandons au Seigneur son Esprit pour que nous comprenions sa Parole :

Tu nous attends, Seigneur.

Il te tarde de nous voir attentifs à ta Parole.

Ne permets pas que nous soyons sourds à son écoute.

Accorde-nous à ta voix, accorde-nous à ton silence.

Prononce vers nous ta Parole et ouvre maintenant notre cœur, par ton Esprit,

afin que nous soyons attentifs et réceptifs.

Nous t’en prions dans le nom de Jésus-Christ.

Amen.

Philippiens 3/7-8

Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ.

Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ, mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ.

Matthieu 13/44-52

Le royaume des cieux est encore semblable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache ; et, dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il a, et achète ce champ.

Le royaume des cieux est encore semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Il a trouvé une perle de grand prix ; et il est allé vendre tout ce qu’il avait, et il l’a acheté.

Le royaume des cieux est encore semblable à un filet jeté dans la mer et ramassant des poissons de toutes espèces. Quand il est rempli, les pêcheurs le tirent ; et, après s’être assis sur le rivage, ils mettent dans des vases ce qui est bon, et ils jettent ce qui est mauvais.

Il en sera de même à la fin du monde. Les anges viendront séparer les méchants d’avec les justes, et ils les jetteront dans la fournaise ardente, où il y aura des pleurs et des grincements de dents.

Avez-vous compris toutes ces choses ?

Oui, répondirent-ils.

Et Il leur dit : c’est pourquoi, pour tout scribe instruit de ce qui regarde le royaume des cieux celui-ci est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes.

PRÉDICATION

Frères et sœurs, nous nous attendons presque à ce que Jésus commence les paraboles que nous venons d’écouter, à la façon d’un conte oriental : « Il était une fois… » un trésor caché, une perle… Tous les éléments retiennent l’attention, mais, avec Jésus, la fin est différente, puisqu’Il ne raconte pas ces paraboles simplement pour notre plaisir, mais pour notre instruction.

Alors, reprenons-les l’une après l’autre.

« Il en va du Royaume comme d’un trésor caché » (v 44)

La première constatation que nous pouvons faire, au sujet de cette parabole, c’est que, pour l’instant, le Royaume n’est pas évident. Certains tombent dessus sans l’avoir cherché, et leur vie en est transformée. Autrement dit, il existe des gens qui ne sont pas « en recherche », mais qui sont néanmoins interpellés par un événement, une personne … et ils se mettent à croire.

« Il en va du Royaume comme d’un négociant en perles » (v.45-46)

Ici, nous avons un autre cas de figure : voilà quelqu’un qui cherche, et qui finit par trouver !

Autrement dit, il y a aussi des gens qui cherchent Dieu, au travers de la philosophie, des religions, de l’occultisme … et qui finissent par découvrir Jésus-Christ et son Royaume.

Il y a donc une différence assez nette entre ces deux premières paraboles :

* dans le premier cas, il est question de trouver sans chercher ;

* dans le deuxième, il s’agit de chercher et de trouver.

Mais, en fait, il y a davantage de points communs que de différences entre ces deux paraboles :

* qu’il s’agisse de la parabole du trésor ou de celle de la perle rare, elles nous disent l’une et l’autre que le Royaume a une très grande valeur, supérieure à tout le reste ;

* en conséquence (et c’est le deuxième point commun), nous pouvons prendre des risques ; nous pouvons miser dessus, tout vendre, même passer pour fou, parce que l’enjeu en vaut la chandelle !

* et puis, troisième point commun entre ces deux paraboles, la joie (même si ce n’est pas explicite pour la perle) : ce n’est pas seulement la joie d’avoir fait une bonne affaire, une bonne acquisition, mais la joie d’avoir ce qu’il y a de mieux au monde.

C’est ainsi qu’est le Royaume !

« Il en va du Royaume comme d’un filet » (v 47-50)

Cette parabole ressemble à celle de l’ivraie et du bon grain : les bons et les mauvais sont ensemble jusqu’à la fin du monde. Mais, alors que la parabole de l’ivraie souligne la patience de Dieu, celle du filet met en relief le sort des méchants.

Le scribe instruit (v 52)

Pour cette dernière parabole, deux explications sont possibles :

Avec la première, nous pouvons considérer que le scribe instruit, c’est celui qui peut expliquer les réalités spirituelles du

Royaume nouvellement survenu ; il peut l’expliquer à l’aide d’images terrestres, anciennes, simples et connues de tous. Ce serait une justification de la parabole comme méthode pour annoncer l’Évangile.

La seconde explication invite à regarder le scribe comme un homme de l’Ancienne Alliance, mais qui est instruit du Royaume de Dieu ; celui-là sait discerner — contrairement à plusieurs de ses collègues présents dans les Évangiles — que la personne et l’enseignement de Jésus sont moins une rupture avec l’Ancien Testament qu’un accomplissement, une manifestation claire de ce qu’il laisse entrevoir.

Que devons-nous retenir de ces trois paraboles ?

Nous pouvons nous poser une série de questions à leur propos, pour réfléchir davantage à leur contenu et à leur enseignement :

*A propos des paraboles du trésor et de la perle, n’oublions pas la parole de Jésus : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Mat.6/21). Alors, où est notre trésor ?

Qu’est-ce qui mérite une telle attitude ? Autrement dit, quelles sont les priorités que nous nous sommes fixées dans notre vie ?

* D’autre part, nos découvreurs de trésors vendent tout ce qu’ils ont pour obtenir ce qu’ils ont trouvé. Souvenons-nous que Pierre disait à Jésus : « Maître, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi » (Mat.19/27). Alors, que dois-je quitter pour me rapprocher de Dieu ?

* Ne perdons pas trop vite de vue le texte de l’apôtre Paul que nous avons lu tout à l’heure, où il est question de « gain », de « perte », de « gagner le Christ » (Philippiens 3/7-8). Et la question est celle-ci : ma vie tout entière est-elle organisée à partir du Christ reçu comme notre bien le plus précieux ?

* Préférons-nous nous contenter de ce que nous avons, sans risque, sans effort, ou sommes-nous prêts à chercher ce qui est le meilleur ?

* Sommes-nous convaincus que l’Évangile est ce qu’il y a de mieux ? Dans ce cas, nous ne devrions pas hésiter à le dire aux autres !

* Et puis, à l’image du scribe instruit, découvrons-nous des choses nouvelles dans notre Bible ou bien nous contentons-nous d’y relire avec plaisir des choses déjà connues ?

Que le Seigneur nous donne de ne pas éluder les vraies questions, et que ce soit l’occasion, pour chacun de nous, de renforcer notre foi, notre amour et notre espérance.

Amen.

Affirmons notre foi

Je crois en Dieu

qui est à l’origine de toutes choses,

et qui nous aime comme un Père.

Je crois en Jésus-Christ, envoyé de Dieu.

Il nous a montré qui est Dieu,

et quelle est sa volonté.

Aujourd’hui, et toujours,

l’Esprit de Dieu est avec nous.

Je cois qu’Il nous parle dans la prière

et nous fais vivre

Amen

Intercession

Père céleste et miséricordieux, nous te remercions pour le trésor que tu as caché dans le champ du monde pour que nous le trouvions et pour que nous vivions par lui.

Tu veux que nous le multiplions en le partageant.

Tu nous l’as confié, aujourd’hui déjà.

Et tu nous permets d’y découvrir ce que tu nous a promis pour ton monde à venir.

Dans la joie et la reconnaissance pour ce trésor caché dans le monde, nous te présentons toute misère et toute détresse qui pèse sur nos cœurs, toute peine, toute obscurité qui empêche des individus et des peuples de découvrir le trésor de ta grâce.

En effet, il est trouvé depuis longtemps, ton salut est présent, il est à saisir, il est à vivre aujourd’hui déjà.

C’est pourquoi nous te demandons de permettre à beaucoup de le trouver.

Nous te présentons les faibles, les malades, tous ceux qui, en ces jours-ci, souffrent de leur faiblesse.

Nous te prions pour les personnes âgées, pour toutes celles et tous ceux qui attendent que tu viennes les accueillir dans ton éternité, et nous te prions pour tous ceux qui sont dans le deuil, qui doivent apprendre à vivre avec la douleur du départ d’une personne qu’ils ont aimé.

Nous te prions pour les enfants et les jeunes, qu’ils puissent profiter de leurs vacances après ce début d’année si perturbée : fais-leur découvrir ce trésor de ta grâce dans le champ de leur monde, durant les loisirs comme aussi dans leur travail.

Et tout particulièrement nous te présentons ton peuple élu, Israël, et tous ses peuples voisins. Accorde à tous ceux qui s’engagent pour la paix de trouver cette paix que tu rends possible.

Permets que, de ce pays où tu as été homme, sortent des signes de paix et de grâce pour le monde que tu aimes.

Et comme Jésus l’a enseigné à ses disciples, nous te disons tous ensemble :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles. Amen

BENEDICTION

Que la bénédiction du SEIGNEUR DEVIENNE POUR NOUS certitude de son amour et appel à le suivre.

Que la bénédiction du SEIGNEUR SOIT POUR NOUS notre force et notre joie.

Que la bénédiction du SEIGNEUR DEMEURE POUR NOUS notre unique raison de croire, d’espérer et d’aimer.

Que tout ce qui est en nous, bénisse son saint nom.

Que l’Éternel nous donne à tous sa paix.

Amen.

Matthieu 13:24-30

“Il leur proposa une autre parabole, et il dit : Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ.  Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ? Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l’arracher ? Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, et, à l’époque de la moisson, je dirai aux moissonneurs: Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. »

Un peu partout où nous regardons, nous détectons l’action du Diable. Dans certains domaines comme la politique, la finance, cela n’est pas surprenant. On s’y attend moins à l’intérieur de l’église et pourtant là aussi, subtilement, le malin sait créer des divisions dans la conception que nous avons de notre vie de paroisse : certains trouvant nos cultes ringards, d’autres par contre les jugeant trop modernes et éloignés de la tradition. Certains souhaitent la prédication au centre du culte, d’autre la prière ou les chants ou encore la cène comme instant le plus important, bref, le diable n’est pas à cours d’idée quand il s’agit de semer la zizanie. Tiens, au fait, la zizanie, c’est le nom de l’ivraie en Grec.

L’Ivraie dont parle Jésus c’est une mauvaise herbe, parente du blé, toxique qui en quantité assez faible (à partir de 11%) rend la récolte de blé inutilisable. On comprend donc facilement que pour un paysan, même en très mauvais termes avec son collègue voisin, c’est un acte d’une brutalité extraordinaire que de semer de l’ivraie dans un champ qui vient d’être ensemencé en blé, cela peut conduire à une brouille irréparable. Ce ne serait pas humain, mais diabolique.

Jésus, Lui, va supporter avec patience cette violence, cette humiliation, suscitant ainsi l’incompréhension des ouvriers à qui Il interdit d’arracher l’Ivraie quand elle apparait au milieu du blé.

Si Jésus en a la force, c’est qu’il sait déjà qu’en fin de course, en dépit de sa solitude, de son rejet par la société et de sa souffrance, au troisième jour de Pâques, Il aura finalement et définitivement vaincu le diable et ses œuvres

C’est surprenant, n’est-ce pas, d’entendre dans notre parabole Jésus dire à ses ouvriers : Laissez les deux pousser ensemble, en arrachant l’Ivraie vous pourriez aussi détruire le blé. Avec notre bon sens, nous serions plutôt de l’avis des ouvriers de commencer la lutte tout de suite contre l’ennemi, car ils ont peur, en fin de compte de perdre toute la moisson. Cette peur nous parait du reste justifiée, d’autant plus que dans l’autre parabole du semeur qui précède la nôtre, Jésus parle de ce grain qui est étouffé par les ronces, les épines et les chardons et qui ne parviendra pas à maturité. Autant nous comprenons le point de vue des ouvriers, autant il nous est difficile de faire nôtre la position de Jésus.

Il en est de même pour les disciples qui, dès qu’ils vont se retrouver seuls avec Jésus vont Lui demander ce que, diable, Il a bien voulu dire. Cet ordre de Jésus de laisser les deux pousser ensemble, dépasse leur entendement humain et c’est aussi vrai qu’aucun paysan, aucun jardinier, aucun responsable de foyer ou de groupe ne serait prêt à suivre l’ordre de Jésus, de laisser, les bras croisés, les deux pousser ensemble par peur de la contagion ; de même quand vous avez une pomme gâtée dans un cageot, vous la retirez tout de suite pour qu’elle ne contamine pas les autres.

Dans toutes les écoles d’agriculture, le premier commandement est d’éliminer les mauvaises herbes le plus tôt possible, quitte à employer des produits chimiques parfois dangereux pour l’homme. Arracher la mauvaise herbe est dans notre ADN ; pas un jardinier ne peut passer dans son jardin devant une mauvaise herbe sans l’arracher. Le problème est que cette logique se retrouve également quand le nettoyage concerne les humains. Il n’y a rien de plus populaire que de mettre au grand jour les méfaits, les délits, les scandales, les illogismes des autres. Dans tous les pays il existe des médias spécialisés dans ce type de sport et cela fait croitre en permanence la passion de purification dans la société. L’holocauste en est un des plus parlant exemple ou tout un peuple, voire plusieurs peuples ont été convaincus facilement par leurs dirigeants de l’urgence de purifier leur société en éliminant les juifs. C’est effrayant de voir, à l’échelle d’une nation à quelles atrocités peut conduire cette soif de purification. On trouve toujours quelqu’un à éliminer : pour les uns se sont les bolchéviques, pour d’autres se sont les palestiniens qui eux voudraient anéantir les israéliens, sans parler de tous ceux qui verraient bien éradiquer tous les terroristes la liste est interminable. C’est l’attitude des ouvriers de la parabole, c’est celle de l’homme de la rue, c’est la nôtre aussi.

Et puis il est venu sur terre un homme plutôt discret, pacifique, qui prêchait l’amour plutôt que la violence. Il était venu car il y avait sur terre parmi les hommes, beaucoup de mauvaises herbes, mais Il interdira vigoureusement cette passion de la purification impitoyable. Cette mission Il la poursuivra jusque sur la croix en disant : non ne désherbez pas, attendez, espérez, supportez, c’est de cette façon que vous maitriserez le mieux la mauvaise herbe. Là s’arrête la compréhension des disciples et sans doute la nôtre aussi. La logique humaine dirait que pour que le blé ne soit pas perdu, il faudrait désherber., mais Jésus dit exactement le contraire : « si vous désherbez, vous risquez de détruire aussi le blé » De toute évidence ce qui est vrai dans l’agriculture et les jardins ne l’est pas dans le royaume de Dieu.

On pourrait presque prendre peur de ces directives que nous donne nôtre sauveur tant sa logique d’action est guidée par la générosité et la patience, pas vraiment nos moteurs dans la vie courante ; comment comprendre la position de Jésus.

Jésus fonde son interdiction sur trois motifs :

Premièrement : l’arrachage est presque toujours un glaive à deux tranchants ; dans le désherbage, il y a toujours un risque pour le désherbeur, comme du reste pour l’agriculteur qui répand du glyphosate. Les exemples dans l’histoire ne manquent pas.

Nous avons évoqué précédemment l’holocauste ; il a causé une perte énorme de connaissance, de culture et de développement scientifique en Allemagne du fait de l’exode de très nombreux intellectuels, artistes ou savants juifs vers les États-Unis qui ont en bien profité.

En France ou en Espagne, la tempête de l’inquisition a privé pour très longtemps ces deux pays de forces vives de qualité que représentaient les protestants qui se sont exilés en Suisse, en Italie ou en Prusse.

Robespierre qui avait éliminé tant de gens a finalement lui aussi été victime de ses actions violentes.

On pourrait continuer longtemps la liste de ces exemples, mais ceux-là démontrent bien que l’action d’arracher ne nuit pas qu’à la mauvaise herbe ; dans le domaine de l’humanité, la machine à désherber est aussi un instrument dangereux pour celui qui s’en sert. C’est une première bonne raison pour écouter le sage conseil de Jésus.

La deuxième bonne raison est que cette pratique d’éliminer un groupe différent de celui auquel on appartient implique l’autojustification ; c’est probablement le risque le plus dangereux que court le désherbeur.

Désherber, arracher la mauvaise herbe, cela peut facilement conduire à oublier ce qui nous fait vivre nous-même, oublier que tous, sans exception, nous vivons de la grâce et du pardon de Dieu ; imaginez un instant que Jésus revienne sur sa position et qu’il arrache la mauvaise herbe sans attendre la moisson finale ; cela signifierait qu’au moindre manquement, nous serions éliminés sans même avoir le temps de nous repentir et de nous convertir à un mode de fonctionnement meilleur. La terre serait vite dépeuplée.

Vouloir éliminer les autres, c’est oublier à quel point soi-même on est dépendant de la grâce de Dieu, c’est s’autoproclamer ‘juste’ sans avoir besoin de l’intervention de Jésus ; non seulement il y a dans une entreprise d’élimination une part très importante d’un orgueil aveuglant, mais il y a aussi la prétention de s’être rendu soi-même propre par cette action.

Ces deux raisons de suivre l’ordre de Jésus seraient en soi déjà suffisantes , mais il en existe une troisième, à savoir notre incapacité à distinguer vraiment le bien du mal et si malgré le veto de Jésus nous nous décidons quand même à désherber, le risque est grand de se tromper Avons-nous la capacité de distinguer l’ivraie du bon grain ou bien sommes nous comme ces petits enfants qui dans un potager, arrachent les légumes et laissent en place les mauvaises herbes et ceci d’autant plus que très souvent ces mauvaise herbes ont des fleurs bien plus jolies que le blé, ce qui peut les induire en erreur.

Non seulement Jésus, pour les raisons que nous avons évoquées plus haut, nous interdit l’arrachage, mais de surcroit, il pense que nous ne sommes pas capables de suffisamment de discernement. Personne n’est à l’abri d’une telle erreur. Nous évoquons volontiers dans notre église l’inquisition parce que c’est nous qui en ont été victimes, mais on peut trouver du coté des protestants des exemples semblables comme le procès de Jean Servet à Genève ou la révolte des paysans en Allemagne ou les grands fondateurs de notre religion ont montré leurs limites. De même Zwingli a pris la responsabilité de ne pas empêcher le massacre des anabaptistes à Zürich.

Mais l’exemple le plus flagrant dans l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de cet homme doux et bienveillant, dont l’action n’a été que de guérir et de consoler ceux qui en avaient besoin et que les religieux de son époque ont classé dans les mauvaises herbes, condamné en qualité de plante toxique, torturé et crucifié. : Jésus, notre sauveur, le confondre avec une herbe dangereuse ; cet égarement a démontré pour tous les temps l’incapacité de l’homme à juger.

Il reste un dernier point à aborder.

Jésus en nous interdisant de désherber a-t-Il voulu dire qu’il ne fallait pas distinguer le bien du mal ou au minimum essayer de les distinguer en notre âme et conscience. Certes non, c’est même un devoir fondamental du chrétien de porter au jour les injustices, les crimes contre l’humanité, les comportements égoïstes, en un mot, tout ce qui n’est pas compatible avec l’enseignement du Christ. La justice humaine est bonne et nécessaire pour permettre une vie de société mais Jésus nous avertit : qu’au moment du jugement dernier, qui en fait est le thème de cette parabole, même si celui-ci n’est pas expressément mentionné, nous n’aurons pas notre mot à dire, le tri, ce sera l’affaire des moissonneurs, des anges, créatures célestes qui seront spécialement investis pour cette tâche.

Vous qui souhaitez la justice, vous ne serez pas déçus, la justice arrivera, mais cette justice n’est pas la nôtre.

Jésus est venu sur terre pour faire triompher la justice, une justice qui n’est pas impitoyable mais marquée par la clémence, le pardon et la compassion comme elle nous a déjà été rendue du haut de la croix.

Nous avons à combattre le mal sur la terre, mais pas à vouloir jouer le rôle de juges appliquant des peines.

C’est une proposition extraordinaire de Jésus de juger sans violence ni rancœur mais pardon et clémence avec la possibilité jusqu’au dernier moment, avant que les anges ne fassent le tri, de nous repentir et de nous convertir.

Cette promesse de pardon, l’important est de l’accepter ce qui implique de la pratiquer envers ceux que nous estimons être dans l’erreur

Il n’est pas évident que nous saisissions cette promesse de pardon, car la tentation est forte de la refuser et vouloir, par nos propres forces se placer dans le camp des justes mais cela est voué à l’échec.

Alors, frères et sœurs acceptons la promesse de Jésus avec joie et abstenons-nous de vouloir arracher la mauvaise herbe.

Amen

Seigneur, permets-nous d’entrer dans une méditation qui nous mène vers notre vérité.

« Louons le Seigneur,

Nous te célébrons pour tout ce que tu nous offres, pour le cheminement que tu as parfois permis pendant le confinement.

Nous te louons pour ta parole, pour ta bonté.

Ton amour et ta fidélité, nous les chantons, mon Dieu,

C’est un amour bâti pour toujours. »

« Dieu est amour : il entend la confession de notre cœur. Par Jésus-Christ, notre péché nous est pardonné.

Par le Saint-Esprit, la puissance de vie nouvelle nous est accordée.

Que Dieu nous mette au cœur l’assurance de son pardon

Et qu’il nous donne de marcher vers son Royaume. »

« Nous prions Dieu avant de lire la Bible, afin qu’elle devienne pour nous Parole de vie.

Père, par ton Esprit, rassemble-nous, recrée notre assemblée autour de tes Ecritures. AMEN. »

TEXTES BIBLIQUES : Esaïe, 55, 10-11 ; Epître aux Romains 8, 18-23 ; Matthieu 13, 1-23

1-ESAÏE 55 

55 Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, Même celui qui n’a pas d’argent ! Venez, achetez et mangez, Venez, achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer !

Pourquoi pesez-vous de l’argent pour ce qui ne nourrit pas ? Pourquoi travaillez-vous pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi donc, et vous mangerez ce qui est bon, Et votre âme se délectera de mets succulents.

Prêtez l’oreille, et venez à moi, Écoutez, et votre âme vivra : Je traiterai avec vous une alliance éternelle, Pour rendre durables mes faveurs envers David.

Voici, je l’ai établi comme témoin auprès des peuples, Comme chef et dominateur des peuples.

Voici, tu appelleras des nations que tu ne connais pas, Et les nations qui ne te connaissent pas accourront vers toi, A cause de l’Éternel, ton Dieu, Du Saint d’Israël, qui te glorifie.

Cherchez l’Éternel pendant qu’il se trouve ; Invoquez-le, tandis qu’il est près.

Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme d’iniquité ses pensées ; Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner.

Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l’Éternel.

Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, Et mes pensées au-dessus de vos pensées.

10 Comme la pluie et la neige descendent des cieux, Et n’y retournent pas Sans avoir arrosé, fécondé la terre, et fait germer les plantes, Sans avoir donné de la semence au semeur Et du pain à celui qui mange,

11 Ainsi en est-il de ma parole, qui sort de ma bouche : Elle ne retourne point à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli mes desseins.

12 Oui, vous sortirez avec joie, Et vous serez conduits en paix ; Les montagnes et les collines éclateront d’allégresse devant vous, Et tous les arbres de la campagne battront des mains.

13 Au lieu de l’épine s’élèvera le cyprès, Au lieu de la ronce croîtra le myrte ; Et ce sera pour l’Éternel une gloire, Un monument perpétuel, impérissable.

2-EPITRE AUX ROMAINS 8 18-23

18 J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.

19 En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.

20 Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance

21 d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

22 Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

23 Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

3-MATTHIEU, 13, 1-23

01 Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.

02 Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.

03 Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer.

04 Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.

05 D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.

06 Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.

07 D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.

08 D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.

09 Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

10 Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »

11 Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là.

12 À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.

13 Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.

14 Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.

15 Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.

16 Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !

17 Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.

18 Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.

19 Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.

20 Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ;

21 mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt.

22 Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.

23 Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

Comprendre la Parole donne accès à une liberté, une joie, un enthousiasme, soit l’Esprit qui porte ses fruits en nous. Comment y parvenir ?

Le verset 15 de l’Évangile selon Matthieu évoque l’utilité des paraboles qui tendent à éclairer les hommes, à rendre la Parole matérielle, accessible. Jésus dit « et moi, je les guérirai ». Nous sortir du « néant », de l’obscurantisme et nous montrer la voie de la vérité, voilà ce qui nous est offert.

Y parvenir par le pardon ; Dieu est amour, miséricorde. « Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme d’iniquité ses pensées ; Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner. »

Y parvenir en laissant germer en nous la Parole de Dieu, en s’ouvrant à elle. « D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. » Les graines, la bonne Parole, germeront mais avec plus ou moins de difficultés, avec plus ou moins de temps, selon nos capacités, selon notre avancement et notre réalité : les oiseaux pourraient les picorer, les ronces pourraient les étouffer, le sol pierreux pourrait empêcher de prendre racine. 

Y parvenir en n’étant pas « l’homme d’un instant » qui attend un résultat immédiat. L’Esprit de Dieu évolue en nous jusqu’à porter le fruit de la joie, jusqu’à aboutir à un épanouissement dans la Foi. Les rencontres, le partage, les assemblées, la méditation cultivent cette graine, rendent notre terre fertile.

La liberté et surtout, la stabilité, nous sont promises. L’Esprit s’installera en nous : cela suggère un temps de mûrissement. La quiétude libératrice, consolatrice, voilà ce qui nous est promis : « je traiterai avec vous une alliance éternelle, pour rendre durables mes faveurs. »

Dieu nous guide vers une joie éternelle acquise grâce à sa bonté, à son pardon, profondément enracinée en nous, libérés des servitudes diverses.

Amen

Musique de méditation en pièce jointe, jouée par Pauline Vaillant

Éclairés et rassemblés par la Parole de Dieu, nous affirmons notre foi :

Nous croyons en Dieu le Père.

Il nous a créés, nous et toutes les créatures,

pour nous faire vivre ensemble à sa gloire.

 Nous croyons en Dieu le Christ, notre Seigneur,

venu parmi nous pour partager et sauver notre vie.

 Il nous a aimés jusqu’à la mort ;

il est vivant et donne un sens à notre espérance.

Nous croyons en Dieu le Saint-Esprit.

Il œuvre dans le monde, anime l’Église

et l’envoie annoncer l’Évangile

 jusqu’aux extrémités de la terre.

 Amen.

Merci à Karine et à Pauline.

Seigneur,

Nous te remercions encore une fois parce que tu nous permets de nous réunir à nouveau ce dimanche.

Merci pour ta présence et les enseignements que tu nous dispenses ce matin par la Bible. Que ta Parole ne revienne pas à toi sans avoir eu sur nos vies l’effet que tu souhaites.

Père Éternel,

Nous remettons entre tes mains nos malades et toutes les personnes affaiblis. Que ton amour et ta grâce leur donne des forces et les garde tout près de toi.

Nous te prions pour tous les parents qui désirent faire connaître ton amour à leurs enfants et à leurs proches. Donne-leur ta patience, ton amour, ta tolérance et les mots qu’il faut pour parler de Toi.

Apaise les cœurs de tous ceux qui se sont inquiets ou angoissés. Calme la tempête en eux. Que ta paix inonde leurs cœurs et leurs esprits.

Éternel Dieu de bonté,

Nous prions pour tous ceux qui cette semaine passent un examen  ou attendent des résultats, qu’il s’agisse de leur vie scolaire, professionnelle ou de leur santé. Sois pour eux une aide et source de sagesse.

Nous prions afin que tu bénisses davantage tous ceux qui de près ou de loin participent à la vie de ton Église dans le monde et ici, à Saint-Quentin-en-Yvelines.

Continue de les fortifier dans leur appel et de leur donner un cœur d’adoration pour Toi.

Enfin, Seigneur nous voulons te remercier pour notre communauté. Que ta main de paix, d’amour, de consolation demeure toujours sur nous.

C’est dans l’amour et au Nom de ton fils Jésus-Christ que nous te prions. Amen.

Lecture biblique

L’évangile selon Matthieu, chapitre X, les versets 34 à 42 :

« Ne pensez pas que je suis venu apporter la paix sur la terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat.

En effet, je suis venu séparer l’homme et son père, la fille et sa mère, la belle-fille et sa belle-mère.

On aura pour ennemis les gens de sa famille. »

Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi.

Celui qui ne prend pas sa croix et qui ne me suit pas, celui-là n’est pas digne de moi.

Celui qui veut garder sa vie la perdra. Celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera. »

Prédication

« Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le combat », dit Jésus. Pour les premières générations de chrétiens, c’était une évidence. Adhérer au mouvement de Jésus ne leur facilitait pas la vie, au contraire, cela pouvait leur valoir de gros ennuis. Et cela est resté vrai pendant plusieurs siècles.

La première génération de chrétiens a été poursuivie parce que Jésus avait été condamné comme blasphémateur et fauteur de trouble. Avec la diffusion du message chrétien dans l’empire romain, c’est l’accusation d’athéisme qui a été portée contre les membres de l’Église : ceux-ci refusaient de reconnaître les dieux des autres et de vouer un culte à l’empereur.

Ainsi, lorsque Jésus dit qu’il est venu apporter le combat, littéralement « une épée », il parle des déchirements qu’entraîne son appel dans la société, dans les familles. Au chapitre précédent, Jésus dit : « Personne ne met un morceau de tissu neuf sur un vieux vêtement. Sinon, le morceau neuf arrache une partie du vieux vêtement, et le trou dans le vieux vêtement est encore plus grand ! »

Personne ne met un morceau de tissus neuf sur un vieux vêtement, sauf Jésus, finalement, qui trouve qu’appeler des hommes et des femmes à le suivre dans un monde occupé à tout autre chose en vaut la peine. Appeler à la paix un monde violent ne peut que perturber le cours des choses. Mais en dépit des risques que cela représentait, les disciples de Jésus croyaient fermement que cela en valait la peine.

Il y a une paix plus grande que la paix sociale, que la paix au sein de la famille, au sein du couple : c’est la paix qui naît de la fidélité à Jésus. Du Golgotha à Auschwitz et chaque jour sur terre en bien des endroits, en bas de chez nous comme à l’autre bout du monde, des chrétiens s’attirent des ennuis au nom de leur conscience qui leur dicte que l’humanité est trop précieuse aux yeux de Dieu pour accepter qu’elle vive courbée, pliée sous le poids de la violence politique, économique ou sociale. Chaque jour des personnes souffrent à cause de leur foi en ce que l’homme et la femme ont été créés pour la liberté vis-à-vis du péché, de la violence, à l’image de Jésus.

Jésus dit ensuite, toujours dans ce passage de l’évangile selon Matthieu : « Celui qui vient à moi doit m’aimer plus que ses parents ». Dans l’Évangile selon Luc, c’est le mot « détester » qui est employé : « Si quelqu’un vient à moi et ne déteste pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et même sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » (Lc 14,26)

En tant que chrétiens, aimer Jésus plus que sa famille, comme le rapporte Matthieu, ce n’est pas en soi choquant. On peut trouver ça trop exigeant et difficile, mais l’idée qu’il nous faille aimer Jésus par-dessus tout, nous pouvons sans doute tous l’entendre.  Or cette autre parole, chez Luc cette fois : « Celui qui me suit doit détester sa famille » est choquante, bien sûr.

Mais pourquoi Jésus voudrait-il à nous choquer ? Peut-être afin que, par notre réaction intime à cette parole, nous réalisons à quel point nous tenons vraiment à nos proches. Et nous pouvons dès lors nous poser la question : « Est-ce que j’aime Jésus au moins autant que mes proches ? ». Il nous aide ainsi à mesurer la place, petite ou grande, que nous lui accordons, à lui, Jésus, dans nos vies.

Dans le même sens, Julienne de Norwich, qui a vécu en Angleterre au tournant des 14ème et 15ème siècles, a écrit : « On aime Jésus autant que la personne qu’on aime le moins ».

« Celui qui me suis doit m’aimer plus que sa famille ». À nouveau, c’est une parole de consolation pour tous ceux dont la foi, aujourd’hui encore, n’est pas acceptée par leurs proches. Autrement dit, c’est toujours en Jésus qu’on aime le mieux le monde, y compris nos familles, même si le monde nous rejette à cause de lui.

Dans nos vies quotidiennes, nous ne dirions sans doute pas que c’est dur d’être chrétien. On peut se lamenter devant la marche du monde, mais nous dirions plutôt que la foi nous ouvre (à) l’(E)sprit, que la foi nous procure joie et consolation, qu’elle nous permet de rencontrer des gens de tous horizons avec lesquels avancer sur notre chemin… Mais ayons à l’esprit que ce n’est pas toujours facile pour tout le monde. Par exemple, je connais une personne qui a démissionné de son travail parce qu’elle ne se voyait pas préparer le plan de licenciement qu’on lui demandait. Suivre Jésus ne rend pas donc forcément la vie plus simple.

Dans ce passage, Jésus dit enfin : « Celui qui veut garder sa vie la perdra. Celui qui perdra sa vie à cause de moi la (re)trouvera. » Le sens de ce verset n’est plus si obscur si l’on se penche sur le vocabulaire employé. En effet lorsque Jésus parle de la vie, il utilise le mot psuché. Et psuché a donné «psychisme» ou «psychologie», en français. En français, la psyché, c’est l’esprit.

Dans la tradition chrétienne, trois mots grecs désignent la vie : bios, psuché et zóé. Bios, c’est la vie du point de vue physiologique, c’est le corps. C’est ce qu’étudie l’étudiant en médecine. La psuché pour sa part prend en compte les pensées. Un peu plus tôt dans Matthieu, Jésus dit : « Est-ce que la vie (psuché) n’est pas plus que la nourriture (la viande) ? » (Matthieu 6,25). C’est donc la représentation du monde un peu obscure en fonction de laquelle chacun fait sa vie. C’est vivre sans se connaître bien soi-même et sans connaître Dieu. Enfin, la zóé, c’est la vie de Dieu, cette vie plus forte que la mort qu’il nous offre en partage. C’une vie qui a du sens : une vie que l’on va parfois se compliquer parce que cela en vaut la peine. C’est la vie en compagnie de Jésus. Dans l’évangile selon Jean, Jésus dit : « Je suis la vie », « Je suis la zóé ».

Dès lors, lorsque Jésus dit : « Celui qui veut garder sa psuché la perdra, mais celui qui perdra sa psuché à cause de moi la trouvera », il nous encourage à ne pas nous entêter dans notre psuché, à abandonner nos manières de vivre insensées comme on le ferait d’un vieux vêtement usé. Cet entêtement, nous en voyons bien aujourd’hui le coût social, écologique et sanitaire. Bien plutôt, il nous encourage à nous engager à sa suite pour la paix : paix entre les êtres humains et Dieu, paix entre les êtres humains et le reste de la création, paix entre les humains entre eux. Un chemin difficile mais qui en vaut la peine.

En temps normal, c’est en se rassemblant pour partager le pain et le vin dans le pardon que les chrétiens témoignent de la manière de vivre qui plaît à Dieu.

Car c’est à cela que servent les rassemblements chrétiens, les Églises : manifester aux yeux du monde que Dieu rend possible la vie dans le don, le pardon et la paix.

Aujourd’hui, témoigner de la vie que Dieu nous donne, c’est déjà simplement chercher un sens à sa vie, qui chez soi, qui au temple, en union de prière avec tous ceux qui dans le monde, de manière consciente ou non, parcourent ce chemin qu’on appelle le Christ. Un chemin difficile mais qui en vaut la peine. Amen.

Si tout rentre dans l’ordre, voici ce que nous allons reprendre

Tous les dimanches à 10h30 : culte au temple (les 28 juin, 5 juillet et à partir du 6 septembre)

Tous les 1ers mercredis du mois à 19h15 : réunion de prière animée par le groupe « Veillez et priez »

Tous les jeudis, en période scolaire, 12h-14h : Pause du jeudi

Tous les vendredis à 12h à Maurepas (Eglise Notre- Dame) : Table de Cana

Tous les samedis à 10h45 : Chorale (répétition)

3ème dimanche de l’Église, N’ayez pas peur des gens

 « Le Seigneur écoute les humbles », dit le psaume. Tournons-nous maintenant vers Dieu et prions-le humblement au nom de nos frères et sœurs.

Yahweh, heureux d’être rassemblés en ce jour nous te disons infiniment MERCI.

Seigneur Dieu, que l’Église protestante unie de Saint Quentin en Yvelines aide tous les membres de sa communauté à chanter et louer les merveilles de la vie au cœur du monde.

Seigneur Dieu, que la puissance de Ton Esprit saint qui habite nos sœurs et frères en deuil les rende forts et confiants. Rencontre-les dans la tristesse et avive en eux l’espérance et la joie. Seigneur, nous t’en prions.

Tu prends soin de tout homme ou femme. Nous te prions pour nos sœurs et frères qui ploient sous le fardeau de la maladie, de la souffrance ou de la solitude. Qu’ils retrouvent le sentier de vie en se laissant toucher par ton amour qui est unique pour chacun et chacune.

Pour tous les baptisés qui sont appelés à vivre la mission au cœur du monde, nous te prions.

Pour les enfants qui reprennent le chemin des écoles, qui sont en phase d’orientation scolaire ou académique. Que la grâce de vie que tu offres chasse la peur de la mort des cœurs et des esprits de tous ceux qui sont impliqués dans cette brève rentrée scolaire et qui préparent la suivante.

Seigneur, dans ton grand amour, ne reste pas sourd aux cris des victimes des guerres et des attentats. Aide les responsables des pays à prendre des mesures efficaces pour éradiquer le commerce des armes sur notre terre. Seigneur nous t’en prions.

Dieu, tu nourris les oiseaux et revêts de beauté les fleurs des champs, apprends sans cesse au genre humain à prendre toutes les mesures nécessaires pour respecter la terre, la nature, ainsi que toutes créatures que tu lui confies. Nous t’en prions, Seigneur.

Seigneur, comme Néhémie qui a osé te demander de faire réussir les projets qu’il avait pour ton peuple. Nous osons également faire la même prière pour les projets que nous avons pour nos familles, notre communauté et ton Église universelle afin qu’ils s’accomplissent selon ta volonté et pour ta gloire.

Éternel, tu es notre Dieu, nous proclamerons ta grandeur et célébrerons ton nom, car tu as accompli des merveilles dans nos vies. Nous voici devant toi avec nos demandes car tu nous as accordé une fois de plus le souffle de vie, tu as guéri nos malades, tu as été présent dans la réussite et la croissance de nos enfants, dans la préparation de la réouverture progressive de ton temple et biens d’autres bienfaits. Seigneur nous t’en rendons grâce.

Dieu notre Père, tu n’oublies aucun de tes enfants. Exauce la prière que nous t’adressons aujourd’hui en toute humilité, rends nous de plus en plus attentifs aux besoins de ceux qui sont en difficulté, fais de nous des signes de ton amour. Par le Christ, ton Fils, lui qui règne avec toi et l’Esprit Saint, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Lecture biblique

Nous lisons dans la Bible :

L’évangile selon Matthieu, chapitre X, les versets 26 à 32 :

« N’ayez pas peur des gens. Tout ce qui est caché, on pourra le découvrir et tout ce qui est secret, on pourra le connaître.

Ce que je vous dis dans la nuit, répétez-le en plein jour. Ce que vous entendez dans le creux de l’oreille, criez-le sur les places.

N’ayez pas peur des gens qui tuent le corps. Ils ne peuvent pas tuer la vie qui est en vous. Celui que vous devez respecter avec confiance, c’est Dieu. Lui, il a le pouvoir de vous faire mourir tout entiers dans le lieu de souffrance.

Est-ce qu’on ne vend pas deux petits oiseaux pour presque rien ? Pourtant, quand l’un d’eux tombe par terre, c’est votre Père qui permet cela.

Pour vous, Dieu connaît même le nombre de vos cheveux.

Donc, n’ayez pas peur ! Pour Dieu, vous êtes plus importants que beaucoup de petits oiseaux !

« Si quelqu’un dit devant tout le monde : “J’appartiens à Jésus”, alors moi aussi, devant mon Père qui est dans les cieux, je dirai : “Cette personne m’appartient.”

Prédication

N’ayez pas peur, nous dis Jésus. « N’ayez pas peur des gens. » Y compris de ceux qui tuent, qui en veulent à votre vie.

Nous autres, nous n’avons pas des vies à ce point mouvementées qu’on cherche à nous la prendre à cause de notre foi. Mais à l’origine la peur est une expérience partagée par de nombreux disciples de Jésus, de ses premiers compagnons aux générations suivantes. Jésus lui-même a connu la peur. L’évangile selon Matthieu rapporte comment, la veille de son arrestation, il emmène, je cite, avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commence à être triste et très effrayé. Alors il leur dit : « Mon cœur est triste jusqu’à mourir. Restez ici, restez éveillés avec moi. »

Et tandis que se déroule le procès de Jésus devant le tribunal qui l’accuse d’avoir voulu détruire le temple de Jérusalem et d’avoir insulté Dieu, son compagnon Pierre jure qu’il ne connaît pas Jésus, qu’il n’a rien à voir avec lui.

Ailleurs, dans l’évangile selon Jean, on nous raconte comment, après la mort de Jésus, les disciples vivent enfermés, les portes fermés à clé parce qu’ils ont peur des chefs juifs (chefs religieux) (10,19).

Au livre des Actes des Apôtres, après que Jésus est revenu à la vie et monté au ciel, on lit comment ses disciples sont mis en prison pour avoir diffusé son enseignement. Un homme appelé Étienne va jusqu’à y laisser sa vie. En effet des gens accusent Étienne d’avoir parlé contre le temple de Jérusalem, contre Moïse et contre Dieu. Il est condamné à mort à coup de pierre.

La tradition chrétienne fera d’Étienne « le premier martyr » du christianisme. « Martyr », c’est à l’origine un mot grec qui signifie « témoin ». Il faut bien entendre que dans le christianisme, un martyr est un homme ou une femme qui subit la violence, et non pas qui l’exerce. Qui perd sa propre vie, sans avoir elle-même agressé personne.

C’est-à-dire que le christianisme est à l’origine un mouvement non-violent et il appartient à chacun de nous de maintenir vivant ce caractère non-violent de l’Église de Jésus, caractère qui a été beaucoup mis à mal au fil des siècles. Le cri que pousse Étienne avant de mourir, toujours au livre des Actes, c’est : « Seigneur, pardonne-leur ce péché ! ». Étienne donne en sa vie en pardonnant à ceux qui la lui prenne. On reconnaît-là la parole de Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Ce n’est pas un hasard si les derniers mots d’Étienne rappellent ceux de Jésus, car on considère que l’évangile selon Luc et le livre des Actes ont le même auteur. Ce que Luc veut nous montrer par-là, c’est que face à la violence, il y a pour le chrétien un chemin qui est le Christ. La violence est un cercle qui peut être brisé, non pas en l’évitant mais en lui opposant la foi en un Dieu aux yeux duquel nous sommes précieux. Tel est l’enseignement de Jésus, ce matin.

Il y a un chemin qui est le Christ, et cela va même plus loin. En effet, lorsque on lit comme ce matin « N’ayez pas peur des gens qui tuent le corps », dans cette traduction qu’est la Parole de Vie, il manque un petit mot : « donc ».

« N’ayez donc pas peur des gens », dit Jésus. Mais pourquoi donc ? Eh bien, comme le dit Jésus quelque versets au-dessus, parce qu’il suffit au serviteur de devenir comme son maître. Nous sommes appelés à devenir comme Jésus. Et donc – c’est ce que veut dire Jésus, la souffrance du serviteur est aussi celle de son maître. En un mot, lorsque nous souffrons au nom de Jésus, si nous prenons des coups en nous abstenant  d’y répondre de manière violente (mais en y répondant tout de même, mais sans violence), nous ne sommes pas abandonnés de Dieu, au contraire, en Jésus, Dieu souffre avec nous. Il souffre en nous et nous sommes en lui et avec tous ceux qui peinent sur la terre. Celui qui souffre devient alors un Christ pour son prochain. En nous engageant dans le monde au nom de notre foi, nous pouvons devenir des Christ les uns pour les autres.

Et cette conviction de ne pas être seul face à la méchanceté du monde à convaincu beaucoup d’hommes et de femmes parmi les premiers chrétiens à au-delà de graves ennuis pour témoigner de leur confiance en Dieu, parfois au prix de leur vie.

Bien sûr, il ne faut pas idéaliser les temps anciens. L’immense majorité des premiers chrétiens étaient des gens comme vous et moi, douillets, pas spécialement courageux et qui se tenaient à l’écart du danger, absolument pas prêts à se sacrifier.

Quand bien même, gardons à l’esprit que si la foi chrétienne a rencontré un grand succès dans le bassin méditerranéen, bien avant de devenir la religion officielle de l’empire romain, c’est par l’exemple frappant de l’amour, du pardon et de la paix qu’opposaient les premiers chrétiens à ceux qui les poursuivaient.

Le meilleur exemple en est peut-être le personnage de Paul (Paul de Tarse, saint Paul). À l’origine, Paul est un persécuteur des chrétiens (il le raconte lui-même). C’est en quelque sorte le chef ou un agent de la police religieuse. Pourtant, c’est ce même Paul qui se laissera touché par le Christ, qui rejoindra ceux qu’il persécutait hier, qui parcourra le monde méditerranée pour soutenir les communautés chrétiennes naissantes, qui écrira ces lettres dans nos Bibles qui sont les plus anciens écrits chrétiens et qui paiera de sa vie son amour de Jésus.

De nos jours, Portes Ouvertes, une ONG chrétienne, considère que 3000 chrétiens ont perdus la vie dans le monde en 2019 à cause de leur religion. Il y a là une réalité, des individus, des communautés, que nous pouvons soutenir par nos prières et par nos dons.

 Bien sûr, dans une société comme la nôtre, lorsqu’on vient à l’église, on risque l’ennui plus que sa vie. Pour autant, les premiers chrétiens ont encore des choses à nous dire. Nous avons encore à apprendre d’eux. Je voudrais donc vous lire un petit article. Le 12 mai dernier, le sociologue Michel Bampély a fait paraître sur son blog « Humeur Noires » une interview d’une étudiante de l’université de Lausanne, Marie Haarpainter, au sujet de son mémoire consacrée à La Passion de Félicité et Perpétue, un très ancien récit de martyre dans l’Afrique du Nord du 3ème Siècle.

À la question du sociologue « Qu’enseigne à l’humanité le témoignage des martyrs africains ? », l’étudiante fait cette réponse que je partage avec vous : « L’histoire de Saturus, un cathéchiste, des esclaves Revocatus, Félicité, Saturninus, Secundulus, et Vibia Perpetua, une femme instruite, nous enseigne que la foi chrétienne peut embrasser des personnes de toutes couches sociales. Que l’instruction peut-être une arme pour défendre sa foi (apologétique) et permet de laisser une trace de son vécu par l’écriture. En outre, le récit des martyrs africains fait écho à des témoignages actuels de chrétiens qui sont enfermés pour leur allégeance à Christ. L’exemple de la pakistanaise Asia Bibi condamnée pour blasphème met en lumière l’intolérance de certains états vis à vis de leur minorité chrétienne. »

Plus loin, à une question sur la peur, qui est le sujet qui nous occupe aujourd’hui, elle répond (c’était pendant la période du confinement en Suisse) : « J’ai peur… je ne peux pas faire abstraction de la gravité de la situation que l’on traverse. Mais je ne m’arrête pas à cette émotion paralysante. Je poursuis ma quête en communion avec l’humanité souffrante. »

« J’ai peur, mais je poursuis ma quête en communion avec l’humanité souffrante. » C’est une belle illustration du message que Jésus nous adresse ce matin. Rappelons-nous ce message de Jésus : « La souffrance du serviteur est aussi celle de son maître, donc, n’ayez pas peur ». Dans la difficulté, il nous faut continuer à faire confiance à Dieu. C’est dans cette confiance, dans cette alliance, que nous pouvons découvrir notre humanité. Devenir des êtres humains dignes de ce nom, et permettre à d’autres à leur tour de découvrir qui ils sont, et de connaître ce Dieu qui les aime.

Faisons confiance à Dieu qui nous promet que si nous poursuivons notre quête d’une vie libérée de la violence (politique, économique, sociale), en dépit de nos peurs, de notre faiblesse, ce n’est pas, demain, seulement avec l’humanité souffrante que nous serons en communion, mais avec l’humanité toute entière. N’est-ce pas cela, l’espérance de Pentecôte ?

N’ayez donc pas peur des gens. Ayez plutôt confiance en Dieu, aimons-le et aimons les gens. Amen.

––

Prière universelle

Unissons-nous dans la prière :

Notre Père, nous te prions ce matin avec les habitants du Kenya et de la Tanzanie :

Pour l’abondance de vie sauvage, de ressources et de peuples autochtones dans ces pays, qu’ils soient protégés et non exploités ;

Pour le taux d’alphabétisation au Kenya, le plus élevé d’Afrique, et pour les écoles que les Églises et leurs partenaires soutiennent et maintiennent dans les deux pays ;

Pour le témoignage fidèle des Églises dans leurs communautés et les liens positifs qu’elles entretiennent avec les autres communautés religieuses ;

Pour les personnes et les organisations qui répondent aux besoins de centaines de milliers de migrants et de réfugiés venus d’autres pays africains ;

Nous te prions pour une plus grande tolérance entre les chrétiens et les musulmans alors qu’ils œuvrent  ensemble à l’amélioration de la vie de tous les jeunes, qu’ils ne succombent pas à la radicalisation, mais soient préparés à subvenir à leurs besoins et à soutenir leurs communautés ;

Pour toutes les victimes de violences, en particulier de violences sexuelles et sexistes, et toutes les personnes marginalisées ou exclues de leurs communautés, nous te prions ;

Pour les plus vulnérables aux changements climatiques et aux sécheresses, qu’ils ou elles puissent avoir accès à de l’eau potable et à de l’eau propre pour la prospérité de leurs cultures et de leurs animaux.

Ô Seigneur,


Nous te rendons grâce pour le don de la paix. C’est un don que tu es le seul à pouvoir donner.

Nous prions pour avoir en toute occasion l’esprit tranquille en sachant que tu as pris les choses en main. Puissions-nous être calmes et savoir que tu es le Dieu qui jamais ne faillit.

Nous comptons sur ta promesse du dessein bénéfique que tu as pour nous – un dessein de prospérité.
Nous prions pour qu’à mesure que nous traversons les différentes saisons de notre vie – ses hauts et ses bas – la paix parfaite l’emporte en toute circonstance.

Nous nous en remettons à toi en sachant que tu es au-dessus de toutes choses et qu’en toi tout subsiste.

Gloire à toi, Seigneur. Lève-toi et prends ta place. Et tel que ton Fils Jésus nous l’as appris, nous te disons : « Notre Père… ».

Chers frères et sœurs,

En ce dimanche matin, en attendant la reprise des cultes les 21, 28 juin et 5 juillet (inscrivez-vous en répondant à ce courriel ou en appelant Hanta au 06 46 33 65 29), c’est Alain Redslob qui guide notre méditation :

Texte lu : Marc 11, v.1.11

Lorsqu’ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, en leur disant : allez au village qui est devant vous ; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s’est encore assis ; détachez-le, et amenez-le. Si quelqu’un vous dit : pourquoi faites-vous cela ?, répondez : Le Seigneur en a besoin. Et à l’instant il le laissera venir ici. Les disciples, étant allés, trouvèrent l’ânon attaché dehors près d’une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent : que faites-vous? Pourquoi détachez-vous cet ânon? Ils répondirent comme Jésus l’avait dit. Et on les laissa aller. Ils amenèrent à Jésus l’ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s’assit dessus. Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des branches qu’ils coupèrent dans les champs. Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient : Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père ! Hosanna dans les lieux très hauts ! Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s’en alla à Béthanie avec les douze.

Prédication

Ce texte est pour ainsi dire un « classique ». Il relate l’entrée de Jésus à Jérusalem en ce jour de gloire qui préfigure un autre de grande tristesse, celui de la crucifixion, mais aussi un autre de grande espérance, celui de la résurrection. Une drôle de fête, en somme.

Pour la mieux saisir et tenter de l’interpréter, dissocions dans ce texte le contexte dans lequel il se situe du message dont il est porteur.

Texte et contexte

Comme en de nombreuses occasions, le Premier Testament préfigure le Second en ce qu’il en prophétise moult situations. C’est ici le cas. Tentons de le prouver à la lumière de trois événements.

Le premier se réfère à la fête des Tabernacles, Hag ha-Sukkot en hébreu ; littéralement il s’agit de la fête des cabanes édifiées en branchages (sukkot) que les Israélites construisaient au début de l’automne, donc au terme des récoltes, pour rendre grâces à Dieu en mémoire des habitations qui les abritaient lors de la traversée du désert, fait qui mettait ainsi un point d’orgue au cycle annuel des lectures de la Torah. Au terme du septième jour de la célébration et tandis qu’opéraient sept circumambulations autour de l’autel, on criait « Hoshana Rabba » (grand Hoshana), qu’on pourrait traduire par « de grâce, accorde le salut », expression qu’on trouve au verset 25 du psaume 118.

Le deuxième événement qui est tiré de l’époque des Rois a trait à la prise de pouvoir de Jéhu dans le Royaume d’Israël. Se proclamant l’oint du Seigneur, ce général du roi Joram au IXème siècle avant notre ère, conspira contre lui, le tua, lui, ses enfants et sa mère Jézabel, celle-là même qui avait épousé le roi Achab et qui s’ingéniait à favoriser le culte de Baal, divinité païenne. Mais ce qu’il faut retenir ici de l’avènement de Jéhu en tant que dixième roi d’Israël, c’est ce qu’en rapporte le livre des rois (2 Rois, 9, v.13) : « Alors chacun des hommes (présents) se hâta de prendre son vêtement et de le placer sous Jéhu… ».

Le troisième événement, le plus significatif, prend place près d’un demi-millénaire après : il s’agit d’une prophétie de Zacharie dont le nom hébraïque signifie « Yahvé s’est souvenu ». En effet, instruisant les foules lors de l’exil, il déclama ceci : « Sois transportée Sion la belle ! Lance des acclamations, Jérusalem la belle ! Il est là ton roi, il vient à toi ; il est juste et victorieux, il est pauvre et monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse ».

Convenons qu’il est difficile de lire prédiction plus éclatante, de sorte que nous pouvons désormais aborder notre texte avec plus d’entendement. Toutefois, comme nous autres protestants sommes des gens très sagaces et ouverts (!), permettez que j’ajoute un quatrième événement que je n’ai pas cité exprès. Pourquoi ? Parce qu’il est repris des livres des Maccabées, absents de la bible protestante comme des écrits juifs, mais présents tous les quatre chez les orthodoxes et seulement en leurs deux premiers chez les catholiques. Les Maccabées constituaient une famille juive qui se révolta au deuxième siècle avant notre ère contre les Séleucides, dynastie gréco-syrienne désireuse de promouvoir l’hellénisation des territoires. Après avoir été souillé par l’envahisseur, le Temple de Jérusalem se trouve enfin purifié par Judas, le fils du prêtre Mattathias, et le peuple joyeux brandit des rameaux et des palmes avant de les déposer autour de l’autel ; c’est ce que les Juifs fêtent aujourd’hui sous le nom de Hanouka. Mais le Christ n’a-t-il pas lui aussi purifié le Temple en en chassant les marchands, fait que Marc décrit quelques versets plus loin dans notre chapitre (v.15 et s.) ?

Venons-en donc au texte, dont nous soulignerons qu’à quelques variantes près il forme un des rares événements relatés par les quatre évangélistes (Mt 21, v .1-9, Lc 19, v.28-40 et Jn 12, v.12-15). Il est clairement scindé en deux parties, la première décrivant la quête de l’ânon, la seconde l’entrée dans la ville sainte. On notera au verset premier que la scène prend place à Bethphagé et Béthanie et que l’ânon que les disciples doivent trouver n’a jamais été monté par quiconque (v.2), signe anodin mais ô combien important à mon sens ! Pour le laisser prendre au motif que « Le Seigneur en a besoin » (v.6), on devine que son propriétaire est un ami de Jésus, rassuré par le fait que ce dernier le lui renverra (v.3). La seconde partie commence au verset 8 où il est consigné que « beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d’autres des rameaux qu’ils avaient coupés dans la campagne ». Comment ne pas songer aux prophéties que nous avons citées, comme s’il s’agissait d’une chronique d’une histoire annoncée ? Puis, comme le relatent les versets suivants, l’entrée dans la ville, en dépit de son humble apparence que rendra à merveille le pinceau du grand Giotto à l’aube du XIVème siècle, est rien moins que triomphale. Comprenant des gens qui précédaient et d’autres qui suivaient (v.9), voilà bien une foule en liesse persuadée qu’elle accueille enfin son libérateur. Mais en raison de l’heure tardive et après un rapide coup d’œil jeté dans le temple, Jésus se retire avec les Douze à Béthanie (v.11). Oui, drôle de fête ! Sauf qu’elle est porteuse d’un prodigieux message.

Texte et message

Le message essentiel que divulgue ce texte est, selon moi, de deux natures : il met en exergue la séparation entre le spirituel et le temporel, et par ailleurs dévoile une réalité qui se veut avant tout dynamique. Expliquons-nous.

Opprimé, le peuple d’Israël attend un chef, un roi qui sera en mesure de briser le joug qui l’avilit. Il l’attend sur une monture du plus bel apparat, sur un cheval vaillant annonciateur de victoires militaires aussi franches que sanglantes, bref un des emblèmes des conquêtes romaines. Ce symbole du cheval puissant que dénigrèrent déjà les prophètes Esaïe au VIIIème siècle avant Jésus-Christ (Es 31, v.1), Osée au siècle suivant (Os 1, v.7) ou Jérémie deux siècles plus tard (Jr 22, v.4) est ici contrasté par l’apparition d’un ânon dont l’aspect reflète la fragilité. Mais au fait, David, dont le Christ appartient à la lignée, n’a-t-il pas intronisé son fils Salomon en le faisant chevaucher une mule (1 Rois 1, v.38) ? Donc, il y a bien là un réel divorce entre le temporel et le spirituel. De fait, le peuple se trompe : venu célébrer la Pâque, donc la fin de l’esclavage, il s’attend à une arrivée tonitruante nimbée de gloire militaire, tant auréolée de force politique scintillante que brodée d’aisance financière. Or qu’observe-t-il ? L’apparition d’un roi humble, dénué de toute souveraineté humaine, pauvre, silencieux. Le contraste est pour le moins saisissant et, avouons-le, sidérant pour ceux qui l’acclament. En vérité, Jésus ne fait qu’attester que la victoire ne tient pas du glaive, mais de la Parole du Père. Il n’est pas là pour éliminer des Romains, mais pour offrir le salut. La distance entre le temporel et le spirituel éclate dans toute son ampleur. Ce message, incompris sur le moment, est en soi sidérant, et ce d’autant que Jésus a tout fait pour contrevenir à la Loi, donc se mettre les religieux à dos : irrespect du sabbat, pardon aux femmes de mauvaise vie, appellation de Yaweh comme son Père. En somme, une énorme bévue, car la couronne du roi tant attendu ne sera pas tressée de lauriers, mais bien d’épines…

Plus profondément, et j’en viens à mon second point, ce passage des Ecritures n’est que mouvement, en fait, un mouvement vers la Croix, et Jésus le sait. A posteriori, il nous questionne au tréfonds de notre être en nous interrogeant que la relation que nous entretenons avec le Christ et avec son Père. Nous, Chrétiens, sommes enclins à croire que nous sommes en quelque sorte à l’abri du malheur en raison de notre foi, de la même façon que les Juifs étaient persuadés que le Nazaréen allait rompre leurs chaînes. Qui d’entre nous n’a pas râlé, pour ne pas dire plus, en incriminant Dieu des maux qui l’accablent ? Comment cela se peut-il, puisque nous sommes croyants à la fin ? Ici, nous touchons le fond de la question de notre relation à Dieu, car de deux choses l’une : soit, tels les Juifs d’antan, nous adulons le Christ avant d’en demander la crucifixion, soit nous comprenons que nos attentes souvent déçues ne font que préfigurer une vie joyeuse, la vie de l’au-delà. Les Rameaux sont une photographie, la crucifixion en est une autre, la résurrection une autre encore. Mais, toutes assemblées dans un kaléidoscope, ces images produisent un film qui n’est autre que la réalité de la vie : une dynamique tendue vers l’Espérance. Jésus savait qu’il lui fallait préalablement enjamber ce redoutable fossé, cette semaine parsemée de peines, de reniements, de trahisons et de souffrances. Mais il savait aussi que son Père le rappellerait auprès de Lui ; en fait, il arrivait dans Jérusalem, cité terrestre, avant que de gagner quelques jours plus tard Sion, ville céleste. Nous aussi, nous connaissons des difficultés, des déceptions, alors, forts de nos joies tout comme attristés de nos déconvenues, relevons la tête, assignons-nous des projets et vivons dans la perspective d’une mort libératrice. Jésus est mort pour nous, alors soyons vivants pour Lui, non pour se l’approprier bien sûr, mais pour le servir. Et n’oublions pas que si la gloire terrestre est un leurre, la gloire céleste est lumière. C’est pourquoi il nous faut être attentifs aux autres, donc regarder Dieu en face : Il est là, proche de nous, Il nous aime comme Il aime son Fils, Il nous attend, comme Il a attendu notre Seigneur. Ayez confiance en Lui : là réside le sens de notre vie. Et que les rameaux tapissent notre chemin vers Lui !

Chers Frères et Sœurs, la grâce n’est autre qu’un arbre immense irrigué par une sève qui a foi pour nom ; laissons-la inonder nos cœurs et guider nos actes afin que chacun d’entre nous en devienne un rameau à la fois digne et servant. Et de même qu’un rameau est lié à l’arbre, de même soyez liés à Dieu. Hosanna !

Ainsi soit-il.

C’est maintenant Veillez & Priez, le groupe de prière de notre Église, qui nous fait prêter oreille à l’Esprit saint :

Entraînés dans le mouvement d’amour qui unit le Père et le Fils et le Saint-Esprit, nous pouvons, en toute confiance, lui présenter les faims et les soifs de notre monde.

Seigneur, viens combler nos faims.

Notre société traverse peu à peu la crise sanitaire. Que la présence de chrétien(e)s engagé(e)s, de religieux et religieuses, pasteur(e)s, prêtres, auprès des pauvres, au cœur de la société puisse être un signe de la présence de Dieu au cœur des combats humains contre le mal, car Dieu ne nous laisse jamais seul.

Prions le Seigneur !

Confions à Dieu la vie de notre société qui veut se relever après cette crise sanitaire. Que les dirigeants contribuent par leurs actions à effacer la peur causée par le virus Covid-19 qui s’est installée dans l’esprit de bien de nos concitoyens ! Et libère, Seigneur, les fidèles de leurs angoisses qu’ils puissent te glorifier pleinement dans leur quotidien.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu les pays en quête de justice et de liberté; que Jésus, don de Dieu, puisse y être accueilli comme nourriture pour la vie du monde.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu les hommes et les femmes qui cherchent un sens à leur vie; que le Christ les soutienne et les comble de sa vie.

Prions le Seigneur !

Présentons à Dieu notre communauté chrétienne; qu’elle trouve en Jésus, pain de vie, la vraie nourriture dont elle a besoin pour témoigner de la Bonne Nouvelle.

Prions le Seigneur !

Dieu très bon, toi qui as fait jaillir l’eau du rocher dans le désert et qui nous fais don du pain venu du ciel, daigne accueillir nos humbles demandes et les exaucer, par Jésus, ton Fils, notre Seigneur. Amen.

Bon dimanche à tous, et que Dieu vous bénisse ! 🐟

Pour le conseil presbytéral

Guilhem Riffaut, pasteur

Reprise des cultes les 21, 28 juin et 5 juillet (inscrivez-vous en répondant à ce courriel ou en appelant Hanta au 06 46 33 65 29)

Événements à venir

  1. Bureau

    septembre 1 @ 20 h 15 min - 22 h 30 min
  2. Assemblée générale de l’EPUSQY

    septembre 13 @ 9 h 30 min - 12 h 00 min
  3. Culte de rentrée

    septembre 13 @ 10 h 45 min - 12 h 00 min